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Pénuries alimentaires dues à la récession au Zimbabwe


La détérioration de la situation économique et le recul de la production céréalière mettent en péril la sécurité alimentaire au Zimbabwe. Les plus touchés seront les citadins pauvres et les ménages habitant au sud et à l'est du pays, où une période de sécheresse en janvier a été suivie de pluies incessantes et d'inondations localisées en février et en mars.

Un Rapport spécial publié conjointement par la FAO et le PAM à la suite d'une mission d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires, prévoit que durant la campagne de commercialisation en cours (avril 2001-mars 2002), la production céréalière passera à environ 1,82 million de tonnes, soit un recul de 24 pour cent par rapport à l'an dernier qui traduit la diminution des semis et des rendements.

Exportations et importations de maïs, 1991-2000 Prévisions pour 2001

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Le vaste secteur commercial a vu un déclin d'environ 30 pour cent de toutes les superficies ensemencées, dû principalement à des problèmes liés aux activités d'acquisition des terres du pays. Le maïs a été particulièrement touché, avec un recul des superficies ensemencées de 54 pour cent, qui s'explique notamment par le fait que de nombreux agriculteurs se sont convertis cette année aux cultures plus lucratives - comme le soja, le tournesol, l'arachide et le paprika - pour faire face aux retards de paiement de la récolte de maïs de la campagne précédente par l'Office étatique de commercialisation des céréales, à l'inflation de plus de 50 pour cent par an et au renchérissement des intrants.

Compte tenu de la baisse de production prévue, le rapport estime que 579 000 tonnes de céréales devront être importées. Mais il note que la capacité du Gouvernement d'importer du maïs est extrêmement limitée, "étant donné la baisse sensible de la production d'or et de la récolte de tabac, et le fait qu'une grande partie des recettes prévues en devises étrangères soit déjà engagée pour le carburant, d'autres importations énergétiques et le service international de la dette".

Même si le déficit de blé et de riz de 132 000 tonnes est comblé par les importations commerciales, il reste un déficit de maïs d'environ 447 000 tonnes qui devra être couvert par un prélèvement sur les stocks ou, de préférence, par des importations commerciales. Mais, selon le rapport, "compte tenu de la conjoncture actuelle et de l'insécurité alimentaire dans diverses zones du pays, il est conseillé d'éviter de puiser largement dans les stocks. Le pays doit garder des stocks céréaliers suffisants pour maintenir des approvisionnements stables et adéquats et prévenir toute montée en flèche des prix et maintenir les prix à des niveaux abordables, tant pour la population rurale qu'urbaine".

L'insécurité alimentaire naissante dans ce pays est due en grande partie à la baisse du pouvoir d'achat. Le fort taux de chômage et le coût de la vie ont aggravé la pauvreté. Le produit intérieur brut devrait diminuer de 5 pour cent en 2001, se traduisant par une baisse du revenu par tête pour la troisième année consécutive. Les plus vulnérables sont les citadins pauvres et de nombreux ménages des zones à déficit vivrier du sud et de l'est. Ces personnes auront besoin d'assistance pour satisfaire leurs besoins alimentaires durant l'année à venir. "L'aide alimentaire au titre des programmes bilatéraux visant à répondre à une partie des besoins d'importation pourrait être considérée comme une solution", indique le rapport.

"On estime que les réseaux traditionnels de solidarité sociale dans la plupart des régions peuvent encore aider les ménages souffrant d'insécurité alimentaire grâce à une main-d'œuvre, des dons et, dans une moindre mesure, des plans d'épargne et des parcelles cultivées par la communauté en faveur de ceux qui ne peuvent pratiquer l'agriculture, dit le rapport. Toutefois, la capacité d'adaptation de la société pourrait être fortement entamée par la récession générale".

5 juin 2001

 

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