D’après une Alerte spéciale de la FAO, la sécheresse au Kenya fait peser sur des millions de personnes la menace de pénuries alimentaires si les besoins d’importations ne sont pas couverts

La sécheresse prolongée qui sévit au Kenya a aggravé une situation de disponibilités alimentaires déjà difficile. D’après une Alerte spéciale de la FAO publiée à la fin du mois de janvier, pour nourrir les populations affamées le pays devra importer un volume de céréales vivrières nettement supérieur à ses premières prévisions.

Mais le Kenya ne dispose pas des devises étrangères nécessaires pour payer ce surcroît d’importations et sa Réserve céréalière stratégique étant tombée à un niveau minimum, une aide extérieure substantielle est donc nécessaire.

Le gouvernement du Kenya estime que quelque deux millions de personnes sont actuellement affectées par la sécheresse et que leur nombre pourrait atteindre trois millions si la situation se prolonge. Il a lancé un appel à la communauté internationale afin d’obtenir une aide alimentaire d’urgence.

Le rapport, préparé par le Système mondial d’information et d’alerte rapide (SMIAR), indique que les perspectives des récoltes de la petite saison des pluies (principalement maïs, mil, sorgho et légumineuses) se sont sérieusement dégradées en raison de l’insuffisance des précipitations pendant la période de végétation. Les pluies, qui commencent normalement à la mi-octobre, sont arrivées en retard, puis elles sont devenues sporadiques dans la majeure partie des provinces du Nord-Est, de l’Est et des Côtes ainsi que dans les zones de faible altitude de la province du Centre où l´on signale des pertes de récolte généralisées et la dégradation de l’état des pâturages et des parcours. Dans ces mêmes régions, les mauvaises récoltes de la petite saison des pluies se sont ajoutées à celles de deux grandes saisons humides (mars-mai) consécutives. La rareté de l’eau pose maintenant un problème grave tant pour le bétail que pour les populations et d’importantes pertes de bétail ont été signalées.

Une mission FAO/PAM d’évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires qui s’est rendue au Kenya en octobre/novembre 1996 a évalué les besoins d’importations de céréales vivrières à 1,1 million de tonnes pour la campagne de commercialisation 1996/97. Après la mauvaise campagne agricole, les besoins d’importation ont dû être revus à la hausse, soit 1,3 million de tonnes, ce qui représente presque le double de la moyenne des cinq dernières années.

Le Kenya devrait importer commercialement un million de tonnes de céréales vivrières mais, en raison du manque de devises, le déficit de 300 000 tonnes sera difficile à combler. A la fin de décembre 1996, les promesses d’aide alimentaire sous forme de céréales s’élevaient au total à 43 000 tonnes seulement. La FAO a instamment prié les donateurs de faire des promesses supplémentaires et de livrer de toute urgence.

La FAO prévoit d´envoyer au début du printemps une mission de suivi dans les zones du pays touchées par la sécheresse pour dresser un bilan complet des récoltes de la petite saison des pluies et évaluer la situation au début de la grande saison humide, habituellement plus longue et plus fiable. Les estimations révisées de la production céréalière et des besoins d’aide alimentaire seront publiées au début du mois d’avril en fonction des conclusions de cette mission.

Alerte spéciale SMIAR:

  • Kenya (22 janvier 1997)

Autres ressources:

Archives de Veille mondiale

25 février 1997

 


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