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Madagascar sous la menace d'une importante invasion d'acridiens
La
pullulation de criquets migrateurs dans le sud-ouest de Madagascar pourrait se
transformer en une invasion de grande envergure si des opérations de lutte ne
sont pas immédiatement entreprises sur une plus grande échelle. C'est l'avertissement
que lance le Centre d'intervention antiacridienne d'urgence de la FAO. L’Organisation
a lancé à la communauté des donateurs un appel de fonds de l'ordre
de 2 millions de dollars pour acheter les pesticides nécessaires, louer les
avions et l'équipement et défrayer les dépenses des équipes terrestres
déployées pour enrayer cette invasion.
Le Bulletin d'information sur les criquets pèlerins du Centre (mars 1997) a
signalé pour la première fois l'invasion d'essaims et de bandes larvaires
largement distribués sur une vaste zone du sud-ouest du pays.
D'après des rapports transmis récemment de Madagascar, les ressources dont
les autorités nationales disposent actuellement ne leur permettent pas, malgré
leurs mesures de lutte intensive, de faire face aux infestations qui couvriraient
aujourd'hui quelque 2 millions d'hectares. Il existe un risque élevé de
nouvelles reproductions sur une superficie encore plus importante.
"Si elle n'est pas maîtrisée, cette reproduction va augmenter de façon
considérable et il est probable qu'on assistera à des invasions dans d'autres
parties du pays au cours du printemps et à une nouvelle invasion dans le sud
à l'automne 97", a déclaré la FAO. Ces mouvements d'acridiens
pourraient représenter une menace importante pour la production agricole à
Madagascar.
Mise à jour sur les criquets pèlerins
D'importantes infestations de bandes larvaires dans les plaines d'Arabie saoudite
le long de la mer Rouge ont été signalées dans le tout dernier Bulletin
d'information sur les criquets pèlerins de la FAO (no 223). D'importantes
opérations de lutte aérienne et terrestre ont été montées
contre ces infestations mais, en raison de leur large diffusion et de conditions
récentes favorables à la reproduction, certaines bandes larvaires sont
susceptibles d'échapper à ces mesures et de former de nouveaux essaims
qui pourraient menacer les pays voisins. Ces essaims se déplaceraient probablement
vers des régions qui ont reçu depuis peu des précipitations dans le
sud-ouest de l'Arabie saoudite et dans des régions limitrophes du Yémen,
alors que d'autres bandes pourraient se déplacer vers l'intérieur du pays
ou vers l'ouest et franchir la mer Rouge pour se diriger vers l'Egypte et le Soudan.
Aucune infestation importante n'a été signalée dans le nord-ouest
ou l'ouest de l'Afrique. Les conditions de reproduction demeurent défavorables
dans la plupart des aires de reproduction de printemps, en raison de l'absence de
précipitations dans ces régions. S'il ne pleut toujours pas, il est peu
probable qu'on assiste à une reproduction importante et la menace pour la région
sahélienne de l'Afrique occidentale sera fortement réduite cet été.
17 avril 1997
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