Les perspectives des disponibilités alimentaires s’améliorent en Afrique, mais 17 pays font face à des situations d’extrême urgence alimentaire




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Le nombre de pays en Afrique subsaharienne confrontés à des situations d’urgence alimentaire exceptionnelle est passé à 17, soit quatre de plus depuis la fin de 1996, d’après un rapport spécial de la FAO publié au début du mois de mai. Toutefois, les perspectives des approvisionnements alimentaires pour l’ensemble de la région se sont améliorées, par suite de bonnes récoltes en Afrique de l’Ouest et des perspectives encourageantes en Afrique australe.
La situation alimentaire est particulièrement grave dans l’est du Zaïre, où de nombreux réfugiés rwandais meurent d’inanition et de maladies. “La vaste opération de rapatriement des quelque 80 000 réfugiés organisée par les organismes de secours s'est heurtée à de graves difficultés en raison des épidémies de choléra, des retards dans l’obtention des autorisations nécessaires et du pillage par les populations locales des vivres destinés aux opérations de secours”, indique le rapport trimestriel Situation des récoltes et des approvisionnements en Afrique subsaharienne. Le Burundi et le Rwanda constituent d’autres zones à risque dans la région des Grands Lacs, puisque la production alimentaire demeure en-deçà des niveaux antérieurs au déclenchement des troubles civils et qu’un tiers de la population a besoin d’aide alimentaire.

En Afrique de l’Est, de mauvaises récoltes provoquées par la sécheresse - notamment en Erythrée et dans certaines parties du Kenya, de la Somalie, de la Tanzanie et de l’Ouganda - ont provoqué de graves difficultés d’approvisionnement alimentaire. Et en Afrique de l’Ouest, malgré une situation des disponibilités alimentaires satisfaisante dans la plupart des pays, grâce à des récoltes moyennes et supérieures à la moyenne à la fin de 1996, le Libéria et le Sierra Leone continuent de dépendre essentiellement de l’aide alimentaire pour couvrir leurs besoins. On signale également des pénuries alimentaires locales dans les pays sahéliens du Tchad, de la Mauritanie et du Niger.

On prévoit une bonne récolte de céréales pour la campagne 1996/97 en Afrique australe, où les pluies ont été généralement abondantes et où une menace d’invasion de criquets nomades a été repoussée. Mais des pluies tardives dans plusieurs régions et des périodes de sécheresse pendant la campagne agricole pourraient faire baisser une récolte de maïs par ailleurs exceptionnelle en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe.

Les besoins d’aide alimentaire estimés pour 1997 en Afrique subsaharienne, quoique encore élevés à 2 millions de tonnes, sont inférieurs à ceux de l’année passée, ce qui reflète les bonnes récoltes en Afrique de l’Ouest et les perspectives encourageantes pour l’Afrique australe. Si les promesses de contributions à l’aide alimentaire se chiffraient à 1,5 million de tonnes au total à la mi-avril, moins d’un million de tonnes avait effectivement été livré à la fin du mois.

“La disponibilité de l’aide alimentaire mondiale, qui subit une tendance à la baisse depuis plusieurs années, ne semble pas devoir s’améliorer au cours des prochaines années”, a prévenu Abdur Rashid, Chef du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO, qui a publié le rapport. “Les pays à faible revenu et à déficit vivrier de la région devront prendre de toute urgence des mesures pour accroître leur production alimentaire s’ils veulent préserver la sécurité alimentaire à long terme de leurs populations.”

Le rapport invite instamment la communauté internationale à concentrer son aide sur quatre domaines prioritaires:

  1. tous les efforts devront être entrepris pour atténuer les souffrances extrêmes des réfugiés rwandais dans l’est du Zaïre;
  2. des mesures d’urgence appropriées devront être planifiées pour éviter une catastrophe en Afrique de l’Est, dans l’éventualité où les pluies actuelles se révéleraient insuffisantes pour une production alimentaire normale;
  3. une aide d’urgence continue d’être nécessaire au Burundi, au Rwanda, au Libéria et au Sierra Leone;
  4. le Programme spécial pour la sécurité alimentaire de la FAO a besoin de l’appui des bailleurs de fonds pour permettre aux pays à faible revenu et à déficit vivrier de l’Afrique subsaharienne d’améliorer leur sécurité alimentaire en augmentant et en stabilisant leur production vivrière.


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25 mai 1997


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