Les céréales de l'Ethiopie et du Soudan pourraient aider à nourrir les pays voisins dans le besoin

Les donneurs internationaux pourraient envisager d'apporter un appui financier pour l'achat et les exportations de céréales alimentaires de l'Ethiopie et du Soudan, où la production devrait augmenter de façon marquée, pour nourrir les populations des pays voisins (Kenya, Erythrée et Somalie) qui accusent un déficit alimentaire, selon la FAO et le Programme alimentaire mondial.

Dans le cadre d'une série de rapports spéciaux publiés en décembre (voir liste ci dessous), la FAO et le PAM prévoient une augmentation de 20 pour cent de la production de céréales et de légumineuses en Ethiopie en 1996/97 par rapport à la principale récolte "meher" de l'an dernier. Au Soudan, la production céréalière devrait atteindre des niveaux quasi records, en hausse de 50 pour cent par rapport à la récolte médiocre de l'année dernière.

Les pays voisins ont été en revanche moins fortunés. Selon les prévisions, la production totale de maïs au Kenya en 1996/97 devrait baisser de 18 pour cent et celle des céréales de 25 pour cent par rapport à l'année précédente. En Erythrée, où la sécurité alimentaire est considérée "hautement précaire", la production de céréales et de légumineuses est en baisse de 11 pour cent.

La commercialisation des céréales dans les pays voisins stimulerait le marché céréalier éthiopien, selon la FAO et le PAM, et diminuerait le risque de voir les excédents prévus demeurer invendus, ce qui aurait un effet désincitatif pour la production agricole de l'année suivante.

De fait, en 1995 et 1996, l'Erythrée a évité des problèmes majeurs de disponibilités alimentaires en s'adressant à l'Ethiopie. Des importations considérables ont été effectuées par le biais du secteur public et du secteur privé et par des transactions transfrontalières. Ces importations ont été monnayées en birr éthiopien Ä qui demeure la devise officielle de l'Erythrée Ä ce qui a permis d'éviter des pressions excessives sur les réserves en devises étrangères.

Cependant, cette "situation aisée" en Ethiopie masque l'existence de communautés accusant un déficit alimentaire en raison du déplacement des populations et du manque de pouvoir d'achat. Si les besoins en aide alimentaire ont baissé de 36 pour cent par rapport à l'an dernier, 1,9 millions de personnes ont encore besoin d'aide. La FAO et le PAM recommandent que "tous les besoins d'aide alimentaire soient couverts par des achats locaux et qu'il n'y ait aucune importation au titre de l'aide alimentaire".

On retrouve une situation semblable au Soudan. Dans ce pays, certaines couches de la population, notamment dans le sud ravagé par la guerre et dans les régions de l'ouest touchées par la sécheresse, auront du mal à couvrir leurs besoins alimentaires. On estime qu'une aide alimentaire d'urgence est nécessaire pour 2,6 millions de personnes déplacées et touchées par le conflit armé.

En Ethiopie, cette augmentation de la production est imputable à plusieurs facteurs, dont des pluies abondantes et bien réparties et "un cheptel d'animaux de trait en excellent état", dans toutes les zones, à l'exception de celles qui sont touchées par la mouche tsé tsé.

Le pays voisin, l'Erythrée, essaie encore de se remettre de plusieurs années de conflit. La FAO et le PAM signalent que l'agriculture et la capacité du pays à couvrir ses propres besoins alimentaires demeurent "faibles et fortement instables".

Au Kenya, la baisse de la production s'explique en partie par la diminution de l'emploi des engrais et la baisse de la qualité des semences. La FAO et le PAM ont indiqué que des mesures devraient être prises pour éviter une crise alimentaire grave dans les régions pastoralistes de la province du Nord Est où les pluies ont manqué pour une deuxième année consécutive.

Janvier 1997

Rapports spéciaux du SMIAR

Archives de Veille mondiale


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