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L'ouragan Georges trompe les espoirs de reprise économique dans grande partie des Caraïbes


En quatre jours seulement, l'ouragan Georges a rendu impossible la reprise économique dans plusieurs des petits Etats insulaires des Caraïbes, ravagés l'an dernier par le phénomène météorologique El Niño. La sécheresse provoquée par El Niño a sensiblement réduit les rendements des cultures de 1997-98 dans toute la région, et tout espoir de reprise cette année a été réduit à néant par le passage bref mais destructeur de Georges, selon un rapport de la FAO publié récemment.

Du 20 au 25 septembre, l'ouragan a frappé la plupart des Etats insulaires de la région par des pluies torrentielles, des inondations généralisées et des vents d'une grande violence. Les habitations et les infrastructures ont subi de graves dommages et des milliers de personnes sont restées sans abri et sans eau potable pendant des jours.

La République dominicaine et Haïti ont été les plus durement touchées
La République dominicaine et Haïti ont été les plus durement touchées, selon l'Alerte spéciale publiée par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de la FAO. Dans les zones frappées par l'ouragan, 90 pour cent de la superficie cultivée aurait été détruite dans les deux pays. Cuba aussi a enregistré des pertes de récoltes et des dégâts matériels considérables. Les îles de Saint-Kitts-et-Nevis, Antigua-et-Barbuda, Dominique et Porto Rico ont été moins durement touchées.

En République dominicaine, il y a eu beaucoup de morts et plus de 100 000 personnes sont maintenant sans abri. Dans certaines zones, routes et ponts ont été emportés par les crues et des édifices publics se sont écroulés sous la force des vents et des pluies. Certaines des zones frappées comptent parmi les grandes zones de production agricole du pays. L'Alerte spéciale précise que les possibilités de reprise après les effets de la sécheresse de 1997 se sont évanouies. Selon des rapports officiels, la tempête a sérieusement endommagé 190 000 hectares de cultures vivrières, notamment des aliments de base: riz, plantains, bananes et plantes racines. Les plantations de tabac et de canne à sucre, importantes sources de devises, ont aussi beaucoup souffert. Quatre-vingt-dix pour cent des cultures de canne à sucre ont subi de gros dégâts. Un secteur très sensible, celui du tourisme, a également été touché. Des organismes internationaux procèdent, en collaboration étroite avec le Gouvernement, à une évaluation détaillée des dommages subis par tous les secteurs.

En Haïti, Georges a causé des dégâts dans tout le pays. Pluies torrentielles, inondations et glissements boueux ont été signalés dans les zones montagneuses et les villages pauvres sur les coteaux près de Port-au-Prince. Les premiers rapports indiquent que les cultures de sorgho et de mil ont été pratiquement détruites et qu'environ 80 pour cent des importantes plantations de bananes dans le sud-ouest du pays ont été balayés. Il est précisé qu'avant l'arrivée de l'ouragan, le pays aurait pu se remettre des effets de la sécheresse de 1997 et que l'on prévoyait une production végétale normale. Maintenant, l'aide alimentaire devra augmenter pour compenser les graves pertes de cultures vivrières dues à l'ouragan.

Le secteur agricole de Cuba essuie un nouveau revers
Cuba aussi a subi de lourdes pertes. Les pluies torrentielles et les inondations de fin septembre ont été particulièrement dévastatrices dans l'est de l'île, qui avait souffert des conditions météorologiques extrêmes durant l'année, portant un nouveau coup au secteur agricole vulnérable. La culture de la canne à sucre, vitale sur le plan économique, qui avait enregistré en 1997/98 sa production la plus basse en 50 ans, a été de nouveau sérieusement frappée. D'autres cultures de première importance comme le cacao et les bananes plantains, aliment de base de la population, ont été gravement endommagées. Une des principales plantations de bananes plantains du pays aurait été détruite à 70 pour cent.

L'ouragan a aggravé les problèmes d'approvisionnements vivriers. Un appel à l'aide d'urgence portant sur 34 000 tonnes d'aide alimentaire destinées à quelque 615 000 personnes - pour la plupart des mères allaitantes, des enfants d'âge scolaire et des victimes de la sécheresse dans les provinces orientales - avait été lancé début septembre avant que l'ouragan ne frappe. Une équipe des Nations Unies évalue maintenant, avec le concours du Gouvernement, l'aide supplémentaire requise pour faire face aux effets de Georges.

Voir l'Alerte spéciale (en anglais et en espagnol seulement )

22 octobre 1998

 

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