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Menace de malnutrition généralisée avec la recrudescence de la guerre civile en Angola


Après le naufrage du processus de paix, la guerre civile en Angola entre les forces du gouvernement et les rebelles de l'UNITA a repris de plus belle en décembre dernier, contraignant plus d'un million de personnes à abandonner leurs logements.

Au bout de près de 25 ans de conflits, le nombre total de personnes déplacées à l'intérieur du pays s'élève désormais à 1,7 million. La plupart sont des familles agricoles qui ont fui la campagne pour chercher un peu de sécurité dans les villes côtières et les capitales de province. Les provinces les plus touchées sont les provinces centrales de Bie, Huambo nord, Malange, Kuanza Sul est, Moxico nord-est et Huila nord. Les capitales de ces provinces, dilatées par les flots de familles rurales déplacées, sont de plus en plus isolées car de nombreuses routes ont été fermées à cause des combats.

Un Rapport spécial FAO/PAM, publié à la suite de la visite d'une mission d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires dans le pays, indique qu'il existe un risque élevé de malnutrition généralisée dans ces zones et avertit qu'au cours des prochains mois les pénuries alimentaires ne feront que s'aggraver.

Les combats ont complètement bouleversé la production agricole. Selon le rapport, la production de manioc est en léger recul, mais la production céréalière a chuté de plus de 10 pour cent, et celle de haricots de plus de 20 pour cent.

Les combats ont repris une fois que les semis de la campagne étaient pratiquement achevés, mais la récolte devrait être médiocre car un grand nombre de fermes ont été abandonnées. De nombreuses cultures seront pillées par les soldats ou pourriront dans les champs. Les agriculteurs qui réussissent à rentrer leur récolte auront beaucoup de mal à commercialiser leurs produits, voire devront courir de gros risques.

Le rapport estime que l'Angola aura besoin d'environ 180 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence jusqu'au mois d'avril prochain. Jusqu'à présent, les promesses de contributions s'élèvent à seulement 56 000 tonnes. Pour empêcher des centaines de milliers de familles angolaises de mourir de faim, il faut trouver 124 000 autres tonnes d'aide alimentaire.

21 juin 1999

 

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