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Somalie: Rapport spécial sur le suivi de la sécurité alimentaire


Compte tenu du manque de tracteurs, les chameaux constituent une aide importante aux travaux des champs en Somalie
FAO/11773/W. Gartung


En Somalie, plus d'un million de personnes sont victimes de "graves pénuries alimentaires", compte tenu des mauvaises récoltes et de la hausse des prix des aliments, selon un rapport spécial de la mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires. La période de croissance la plus importante en Somalie, la campagne 'Gu', qui s'étend de mars à juin et assure quelque 80 pour cent de la production céréalière du pays, aurait encore une fois donné des récoltes médiocres, voire "des pertes totales de récolte " dans de nombreuses zones.

Le Rapport spécial estime la production céréalière 'Gu', principalement de sorgho et de maïs, à 136 000 tonnes, chiffre en hausse de 18 pour cent par rapport au résultat catastrophique de 1998, mais seulement deux tiers de la moyenne d'après guerre (1993-1998). Les pluies irrégulières et inférieures à la moyenne ont contribué au recul de la production céréalière, mais le rapport souligne que depuis la chute du gouvernement somali en 1991 et le début des troubles civils en cours, les niveaux de production vivrière ont été généralement faibles.

Les dégâts aux infrastructures et le manque d'intrants du fait des troubles intérieurs ont contribué aux faibles rendements. Le pays manque de pièces de rechange et de carburant pour les tracteurs. Une pénurie de pesticides s'est traduite par la prolifération des ravageurs, notamment des chenilles processionnaires, des térébrants et des oiseaux quéléas. Les combats, en particulier dans le centre et le sud du pays, ont entravé les échanges commerciaux de denrées alimentaires et la distribution de l'aide alimentaire.

Sur la base de ces résultats, la mission conclut que 1,2 à 1,5 million de Somalis risquent d'être victimes d'insécurité alimentaire et ont besoin d'une assistance internationale, surtout au moment où "les mécanismes d'adaptation sont pratiquement épuisés" après six mauvaises récoltes consécutives. Le rapport indique que la hausse des prix de l'alimentation, dû aux disponibilités limitées, contribue également sensiblement à l'insécurité alimentaire dans tout le pays. Le prix du sorgho a augmenté de 27 pour cent à Baardheere à 79 pour cent à Mogadisho. Des schémas similaires ont été observés pour le maïs, à l'exception de Baardheere, où les prix ont baissé de 12 pour cent. Les factions en guerre ont également alimenté l'inflation en accroissant la masse monétaire, en particulier à Mogadisho.

Le rapport constate que les populations les plus vulnérables aux pénuries alimentaires sont les petits éleveurs et les travailleurs non qualifiés. La valeur en sorgho d'une chèvre a reculé de plus de 27 pour cent et la valeur du lait de chamelle a chuté de 17 à 54 pour cent. En 1998, un ouvrier non qualifié à Bardheere pouvait acheter près de 17 kg de sorgho avec son salaire journalier, mais à mi-1999, le même ouvrier pouvait à peine en acheter trois.

Quelques pluies sont tombées depuis la fin de la campagne 'Gu', ce qui a déclenché un regain d'activité dans plusieurs régions et aidé à reconstituer les disponibilités d'eau. Ces précipitations "hors saison" devraient être favorables à la production céréalière, en particulier de maïs, et aux cultures à cycle court (dolique, sésame et légumes). Grâce à ces pluies, l'état du bétail semble être assez bon. Ceci est une bonne nouvelle pour l'économie du pays, car le secteur de l'élevage représente environ 60 pour cent du PIB de la Somalie et 80 pour cent de ses recettes d'exportation. Le commerce du bétail a légèrement progressé depuis la levée de l'embargo de l'Arabie Saoudite sur le bétail Somali, qui avait été imposé pour empêcher la propagation de la fièvre de la Vallée du Rift. Toutefois, le rapport précise que les prix du bétail sont encore relativement bas et que la productivité reste faible à cause de la pénurie de médicaments et de services vétérinaires.

Après la campagne 'Gu', la plus importante est la campagne 'Deyr' qui va d'octobre à décembre. Une récolte "normale" Deyr avant la guerre aurait été d'environ 95 000 tonnes de céréales. Toutefois, compte tenu des dernières prévisions météorologiques de l'Institut international de recherche pour les prévisions météorologiques de précipitations inférieures à la normale, la mission estime la production céréalière 'Deyr' de cette année à un chiffre qui ne dépassera pas 70 000 tonnes, moyenne d'après la guerre.

10 septembre 1999

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