FAO
décembre 2007  -  Annonce de nouvelle publication


Etat actuel de développement de la bioénergie dans les pays du G8 + 5

 











Une publication du Partenariat mondial sur les bioénergies (GBEP)


La bioénergie se situe au carrefour de trois des grands défis de la planète: la sécurité énergétique, le changement climatique et la réduction de la pauvreté. Elle a fait l’objet d’une très considérable attention au cours des dernières années. Il est essentiel d’entreprendre un travail conjoint sur ces questions, si l’on veut prendre en compte le fait que les pays du G8 + 5 représentent près de 55 % de la population mondiale, 70% du PIB mondial et environ 72% de émissions de CO2 liées à l’énergie et à l’industrie (hors déforestation).

Les statistiques actuellement disponibles en matière de bioénergie sont ni pertinentes ni actualisées. Elles sont pourtant indispensables pour comprendre les dynamiques des systèmes de bioénergie; évaluer le rôle joué par différents types de biocarburants dans le secteur énergétique ; les sources d’approvisionnement; la part de biomasse utilisée (directement et indirectement) pour satisfaire les besoins énergétiques; le rôle du biocarburant dans les inventaires des GES; et formuler des politiques pertinentes à cet égard.

Selon les meilleures données disponibles, la bioénergie fournit environ 10% de la demande mondiale totale d’énergie primaire (47.3 EJ de bioénergie pour un total de 479 EJ en 2005, c’est à dire 9,85%). L’essentiel de cette énergie est utilisée par le secteur résidentiel (pour le chauffage et la cuisine) et elle est produite localement. En 2005, la bioénergie représentait 78% de l’ensemble des énergies renouvelables produites. 97% des biocarburants sont produits à partir de la biomasse solide, dont 71% pour le secteur résidentiel. La biomasse est également utilisée pour produire des combustibles gazeux et liquides et ces derniers ont fait l’objet de demandes de plus en plus importantes au cours des dix dernières années. La biomasse fournit une proportion modeste de la quantité totale d’énergie primaire (TPES) des pays du G8 (1 – 4 %). A l’inverse, elle représente une part importante de la provision énergétique des pays +5 (les cinq grands pays émergents) soit 5 à 27% des TPES. La Chine, avec ses 2 300 PJ/an reste le plus grand utilisateur de biomasse comme source d’énergie, suivie par l’Inde (6 000 PJ/an), les USA (2 300 PJ/an), et le Brésil (2 000 PJ/an), alors que la contribution de la bioénergie au Canada, en France et en Allemagne se situe autour de 450 PJ/an).

La part de la bioénergie en Inde, en Chine et au Mexique diminue, surtout depuis que la biomasse traditionnelle est progressivement remplacée par du kérosène et du GPL. Toutefois, l’utilisation de biomasse pour la production d’électricité reste importante, notamment à partir des usines de pulpe et papier. La part de la bioénergie dans la consommation totale d’énergie est en augmentation dans les pays du G8, notamment en Allemagne, en Italie et au Royaume uni.

Quatre grands facteurs font converger l’intérêt sur la bioénergie: l’augmentation du prix des énergies fossiles (et notamment le prix du pétrole); la sécurité énergétique; le changement climatique; et le développement rural. Les marchés de la bioénergie sont particulièrement dépendants des politiques pratiquées dans la plupart des pays du monde, dans la mesure où, dans de nombreux pays, la production de biocarburants n’est pas concurrentielle avec les carburants fossiles. Presque tous les pays considèrent que la sécurité énergétique et le changement climatique sont les facteurs les plus importants pour le développement de leurs activités dans le secteur de la bioénergie. En règle générale, il existe peu de différences entre les objectifs politiques des pays du G8 et ceux des pays +5. Le développement rural est toutefois plus central dans les politiques de développement des bioénergies des pays + 5, ce positionnement se conjuguant souvent avec un agenda de réduction de la pauvreté.

(disponible en anglais)


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