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Le projet vise à définir les bases pour la reconnaissance internationale, la conservation et la gestion adaptative des Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial et de leurs paysages associés, de leur biodiversité, de leurs systèmes de savoir et de leurs cultures et ceci dans le monde entier.
Le projet SIPAM est une initiative de la FAO soutenue par le FEM (Fonds pour l'Environnement Mondial) à travers le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La FAO travaille sur ce projet en étroite collaboration avec l'UNESCO, le FIDA, l'IPGRI, l'UNU, entre autres organisations.
Pendant la phase préparatoire du projet (2002-2006), environ 200 systèmes agricoles ont été identifiés dont 5 ont été considérés comme systèmes pilotes pour la phase complète d'exécution du projet.
Le concept de patrimoine agricole
D’un point de vue conceptuel, un SIPAM est différent et plus complexe qu’un site constituant un patrimoine de l’humanité ou un paysage protégé. Un SIPAM constitue un système vivant et évolutif associant de façon étroite des communautés humaines et leur territoire, leur paysage culturel ou agricole ainsi que leur environnement biophysique et social plus large. Les hommes et les activités nécessaires à leur subsistance se sont perpétuellement adaptés aux potentiels et aux contraintes de leur environnement et, à différents niveaux, ont contribué à façonner les paysages et l’environnement biophysique. Ce processus d’adaptation s’est traduit par une accumulation d’expérience au fil des générations, par des systèmes de savoirs approfondis et diversifiés ainsi que, dans la plupart des cas mais pas nécessairement, par un ensemble diversifié et complexe d’activités intégrées assurant la subsistance des hommes. L’expérience acquise par l’UNESCO en matière d’identification des sites du Patrimoine Mondial de l’Humanité et des paysages remarquables, en particulier en ce qui concerne les paysages très évolués et en mutation, a été précieuse pour la formulation des critères et des procédures utilisés lors de la sélection des systèmes et des sites. Il est apparu que l’approche de l’UNESCO devait être complétée en apportant davantage d’attention à l’agriculture et en utilisant une approche en termes de systèmes agraires. L’intérêt et la faisabilité d’une prise en compte les systèmes agricoles dans le cadre des catégories existantes pour les paysages culturels ainsi que la création éventuelle d’une nouvelle catégorie de Patrimoine Mondial peuvent être explorés simultanément. De son côté, l’UICN a également défini plusieurs catégories d’aires protégées. De plus, Biodiversity International apporte son soutien au renforcement institutionnel et à la construction de liens entre des ministères, des ONG, des mouvements de femmes et des communautés locales afin d’aider celles-ci à valoriser la diversité des espèces cultivées considérée comme un atout pour le développement. L’expérience acquise par le projet de l’UNU portant sur Peuple, Gestion du Territoire et Changement Climatique (PLEC) a également été mise à profit par le projet SIPAM, en particulier en matière de la reconnaissance accordée aux experts paysans et aux institutions communautaires assurant la conservation des ressources naturelles et de l’appui qui leur est apporté.
La capacité d’innover
La plupart des systèmes agricoles traditionnels ainsi que les la biodiversité, la diversité culturelle et les savoirs qu’ils permettent sont menacés par les défaillances de politiques et du marché, par la pauvreté et la pression démographique ainsi par des stratégies de développement et des incitations inadaptées. L’initiative vise à établir un système reconnu sur le plan international assurant la reconnaissance des Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial. L’initiative catalysera la formulation d’un programme global à long terme qui apportera son concours à des structures institutionnelles innovantes et à la conservation dynamique de SIPAM. L’appel à propositions concernant les SIPAM permet d’accumuler à l’échelle mondiale des connaissances et de l’information concernant de nombreux systèmes agricoles traditionnels, leur biodiversité et d’autres composantes des écosystèmes. Ces connaissances et informations pourront être largement partagées grâce au centre chargé de la gestion des connaissances créé par le programme SIPAM.
Impacts locaux et globaux
L’initiative SIPAM va générer des bénéfices écologiques, sociaux et économiques multiples aux niveaux local, national et global. Elle contribuera ainsi à réduire la pauvreté et à assurer la sécurité alimentaire et celle des moyens d’existence des communautés rurales traditionnelles ainsi que leur bien-être. Dans les 7 pays pilotes, les projets retenus par l’initiative privilégient la conservation dynamique et la gestion adaptative des sites initiaux et ils vont ainsi favoriser la prise en compte de la conservation de la biodiversité dans les politiques et les plans nationaux. Les projets mis en œuvre dans le cadre de cette initiative amélioreront la capacité de ces 7 pays à valoriser de façon durable leur agro-biodiversité ainsi que la biodiversité des espèces sauvages associées, en prenant en considération leurs contributions actuelles et potentielles à la sécurité alimentaire. Les bénéfices globaux attendus résulteront de la conservation et de la gestion adaptative de la biodiversité liée aux systèmes agricoles et ayant une importance au niveau mondial et des systèmes de savoirs associés. Ces bénéfices seront également en rapport avec la préservation de biens et de services procurés par les écosystèmes tels que la bonne santé des sols et leur biodiversité (qualité des sols, fertilité, résilience), une meilleure résilience par rapport au changement climatique, la séquestration du carbone, l’eau (pureté, recharge des nappes, disponibilité), l’air (pureté, réduction de l’érosion éolienne) et les services en rapport avec la vie humaine (alimentation, nutrition, santé, revenus, paysages, identité culturelle, esthétique, zones récréatives et qualité de la vie).
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