Les Andes centrales sont un centre primaire d'origine des pommes de terre. Jusqu'à 177 variétés ont été domestiquées par des générations d'Aymara et de Quechua dans les vallées de Cusco et de Puno ; proches du célèbre Machu Picchu. Une longue liste de trésors culturels et agricoles de la civilisation inca (parfaitement adaptée aux conditions rigoureuses à plus de 4000 mètres d'altitude) a été soigneusement préservée et perfectionnée au fil des siècles.
L’un des dispositifs les plus étonnants de ce patrimoine est le système de terrasses utilisées pour contrôler la dégradation des terres. Les terrasses permettent la culture des pentes raides à différentes altitudes. En allant de 2800 à 4500 mètres, on rencontrer 3 systèmes agricoles principaux : le maïs est cultivé dans les zones basses (2500-3500 m) et les pommes de terre sont surtout cultivées aux altitudes moyennes (3500-3900 m). Au dessus de 4000 m, les terres sont la plupart du temps utilisées comme pâturage, mais elles peuvent aussi être cultivées avec des cultures d'altitude élevée. Sur le haut plateau autour du lac Titicaca, les fermiers creusent des fossés (appelés les sukakollos) autour de leurs champs. Ces fossés sont remplis d'une eau qui est chauffée par la lumière du soleil. Quand les températures chutent la nuit, l'eau dégage de la vapeur chaude qui protège contre le gel plusieurs variétés de pommes de terre et autres cultures autochtones telles que le quinoa.
Cependant, un certain nombre de facteurs socioéconomiques et environnementaux, tels que la pollution de l'eau, l'insécurité de la tenure foncière, la fragmentation des systèmes collectifs de propriété, l’exode des hommes qui partent à la recherche d'autres opportunités de revenus ainsi que les problèmes de stockage et de distribution des semences des variétés locales constituent une menace sérieuse pour cet environnement unique, culturellement et biologiquement riche.
Le projet SIPAM, en coordination avec les institutions locales et avec la participation des communautés locales, aidera à évaluer ces technologies agricoles ingénieuses pour garantir leur conservation tout en fournissant les conditions du développement durable pour les générations présentes et futures des peuples Andins.