L'archipel de Chiloé, dans le sud du Chili, est un des centres d'origine de la pomme de terre et une extraordinaire réserve de biodiversité : ses forêts humides tempérées abritent un large éventail d'espèces animales et végétales menacées. Les Chilotes, qui sont les populations autochtones de Huilliche et de Mestize, cultivent encore environ 200 variétés locales de pommes de terre, suivant des pratiques ancestrales transmises oralement par des générations d'agriculteurs, en majorité des femmes. Cependant, de nouvelles activités rémunératrices, comme la pisciculture intensive dans les lacs de l'île, sont menées par des hommes. Cette sortie des hommes du secteur agricole surcharge dramatiquement le calendrier des activités des femmes et se traduit pour elles par encore plus de responsabilités sociales et de travail. Ces changements compromettent sérieusement les activités de conservation de la biodiversité qui ne sont pas seulement bénéfiques aux Chilotes mais contribuent aussi à la biodiversité globale. Le projet SIPAM aidera à concevoir des politiques en vue de la reconnaissance et de la conservation de ces ressources pour lesquelles les communautés rurales et autochtones jouent un rôle actif et sont reconnues comme les gardiennes de ce patrimoine de l'humanité.