Pays et localisations :
Algérie: Mzab, Ghardaïa
Tunisie: Gafsa
Titres du projet : “Les oasis de palmiers dattiers du Maghreb : paysages circonscrits d'intense vie végétale”
Algérie: “Réhabilitation de l'écosystème et des conditions d’existence dans les oasis de Béni-Isguen”
Tunisie : « Evaluation et conservation de la valeur historique du paysage agricole des oasis de Gafsa ».
Agence demanderesse : Biodiversity International.
Sites :
Algérie : Oasis de Béni-Isguen.
Tunisie : Oasis de Gafsa.
Superficie de la zone SIPAM :
Algérie : 500 ha
Tunisie : 700 ha
Biodiversité agricole:
Nombreuses variétés de dattes sur les sites en Algérie (100) et en Tunisie (50).
Un large éventail de fruits (grenades, figues, olives, abricots, pêches, pommes, raisins, agrumes) et de céréales, légumes, épices, plantes médicinales, fourragères et ornementales.
Biodiversité associée :
Oiseaux migrateurs, Gazelle (Gazella cuvieri), Fennec (Vulpes zerda).
Espèces indicatrices :
Gazelle (Gazella cuvieri)
Fennec (Vulpes zerda)
Fonctions de l'écosystème :
Le système à trois étages (palmier dattier; arbres et arbustes fruitiers; espèces herbacées) crée des conditions favorables à la conservation de l'eau et à la régulation du microclimat.
La gestion des interactions inter- et intra-spécifiques assurent le contrôle du parasitisme et des pathologies et optimise l'utilisation de l'eau et des engrais.
Optimisation de l'utilisation de l'eau et réduction de la dégradation des terres.
Ethnies:
Algérie: Berbères (sous-groupe des Mozabites)
Tunisie: Berbères et Arabes.
Caractéristiques socio-économiques et culturelles :
Algérie : Les produits agricoles de l'oasis sont une source importante de nourriture et de revenus pour les habitants et, pour un grand nombre d'entre eux, ils constituent le moyen principal ou complémentaire de leur subsistance. La majorité des produits agricoles des oasis sont destinés à l’autoconsommation et ils assurent une sécurité alimentaire importante en qualité et en quantité.
Les institutions sociales telles que l'Aoumma représentent la communauté locale et sont chargées du contrôle et de l'entretien des systèmes de gestion des ressources de l'oasis. Cette institution tire sa légitimité et son autorité de la coutume. Elle dépend du conseil des chefs religieux locaux, la ‘Halqa d'Azzabas', qui est également le centre de la vie sociale et qui est à l’origine des normes la régissant.
Tunisie : Les populations de l'oasis sont des descendants des Berbères autochtones et des nombreuses populations qui ont envahi la région et dont les civilisations ont été assimilées au cours des millénaires. Depuis le début de l'extraction du phosphate (à la fin du 19ème siècle), on observe une importante immigration d'ouvriers et de familles venus de la Libye et de l'Algérie à la recherche de travail dans des mines de phosphate de Gafsa.
L’élément principal de la vie oasienne est la culture irriguée des palmiers dattiers intégrée à d'autres cultures et à l'élevage. Ces derniers temps, d'autres activités économiques telles que le tourisme ainsi que les sommes envoyées par les émigrés de la communauté ont permis de faire face au besoin croissant d'argent.
Le système social traditionnel de gestion de l'eau a été en grande partie remplacé par celui faisant intervenir de nouvelles associations des agriculteurs pour la gestion de l'eau (Groupement d'Intérêt Collectif : GIC pour l'eau), des coopératives de services agricoles, l’Omda (responsable de la plus petite unité territoriale administrative), les services de l’administration de l'agriculture et les syndicats locaux de fermiers. En l’absence d’une approche intégrée, collaborative et communautaire de la gestion de l'eau, l’accès à la ressource en eau commence à poser problème ainsi que la résolution des disputes entre les utilisateurs. En outre, en raison de la demande accrue de la ville de Gafsa en matière d'eau potable, les systèmes d’irrigation de l’oasis de Gafsa sont menacés.
Les menaces et les facteurs principaux affectant la conservation de la biodiversité agricole :
En général, les oasis du Maghreb sont menacées par l'épuisement des nappes du fait des forages profonds créés au profit d’une agriculture irriguée moderne, par la disparition progressive d’institutions traditionnelles assurant la gestion de l'eau et la pollinisation des dattes ainsi que par des ruptures en matière de transfert du savoir traditionnel spécialisé.
Algérie : à cause de leur fragilité, les oasis de palmiers dattiers sont menacées par :
- L’incidence de la maladie du bayoudh (provoquée par le Fusarium oxysporum) ; de plus en plus fréquente, celle-ci tue les palmiers dattiers, la diminution de leurs populations engendre celle de la diversité génétique, déstabilisant ainsi l'intégrité de l'écosystème ;
- Les familles impliquées dans la sélection des semences sont menacées de marginalisation si de nouveaux plants ne sont pas rendus disponibles (ce qui est indispensable pour la sauvegarde des cultivars) ;
- Les métiers et les savoir-faire en rapport avec la taille et la pollinisation des arbres sont menacés, ce qui a des effets importants sur la gestion de la diversité des palmiers dattiers.
- Le manque de documentation à propos des variétés de dattes et les conditions de leur croissance (même en ce qui concerne les variétés à haute valeur marchande des régions d’Utaqbala et de Babati) ;
- L'urbanisation dans les oasis ;
- L'abandon de certains secteurs des palmeraies ;
- Le morcellement des oasis dû au partage de la terre par l'héritage ;
- La pollution de l'environnement, de la nappe phréatique et des cours d'eau ;
- Le manque d'entretien des systèmes hydrauliques et des cours d'eau.
Tunisie : ce site a souffert de problèmes écologiques et socioéconomiques semblables. En outre, les oasis sont perçues par les autorités locales et nationales comme étant principalement des zones de production agricole. Les projets importants dans les oasis de Gafsa n’accordent qu’un intérêt limité à la conservation et cette perception ignore les diverses composantes de cet écosystème et de sa multifonctionnalité. Ces politiques se concentrent sur l'accroissement de la production et ne traitent pas de façon efficace les problèmes socioéconomiques, culturels et environnementaux des oasis.
Objectifs principaux et activités du projet pilote :
Algérie : l'objectif est de sauvegarder les différentes composantes qui assurent les diversités biologique et culturelle des oasis, y compris les ingénieux systèmes traditionnels de distribution de l'eau de pluie, les systèmes d'irrigation et la gestion de la nappe phréatique, de la terre, des plantes et des animaux. Le projet cherche aussi à préserver le savoir local et les techniques permettant une utilisation raisonnable et durable de l'eau, de la terre et des ressources de cet environnement fragile et il a pour objectif de définir les paramètres d’une agriculture rénovée.
Tunisie : l’objectif est de préserver d'une manière qui soit acceptable des points de vue social, économique et environnemental le patrimoine culturel de la Médina et de l'oasis de Gafsa et de sa biodiversité. Pour cela, il faut accorder une grande importance à la réhabilitation des pratiques agricoles et des institutions locales qui maintiennent la diversité dans les oasis. L'objectif général du projet est la sauvegarde de la Médina et de l'oasis en tant que systèmes socio-agro-écologiques durables (pour l'habitat et la production). La diversité de variétés de palmier dattier, d’arbres fruitiers, de légumes et des espèces fourragères constitue la clef pour le maintien de cet agro-écosystème.
Objectifs spécifiques
- Sensibiliser les acteurs et les membres de la communauté à la nécessité et à l'urgence de conserver pour l'humanité Gafsa et son patrimoine.
- Sensibiliser les acteurs et les membres de la communauté à la nécessité et à l'urgence de réhabiliter les oasis.
- Sensibiliser les acteurs et les membres de la communauté au besoin et à l'urgence de conserver et de remettre en état la Médina de Gafsa.
- Identifier, sauvegarder et donner une plus-value économique à la diversité génétique des plantes des oasis et aux monuments de la Médina.
- Faire participer les jeunes et les femmes de l'oasis et de la Médina aux activités liées au développement de la Médina et de l'oasis.
- Développer l'écotourisme dans l'oasis et dans la Médina.