Ressources en terres

Approche intégrée de la gestion durable des terres.

Landslide in the Machángara watershed: example of a violent erosive process

Les pratiques de gestion et d’utilisation des terres exercent une influence non seulement sur l’unité de terre elle-même, mais aussi sur le voisinage, les écosystèmes immédiats et les écosystèmes plus éloignés. Il s’agit notamment des effets relatifs à la productivité des terres, au ruissellement, à l’érosion du sol et à la sédimentation, aux mouvements de nutriments et aux produits chimiques, à la contamination par les déchets, aux dépôts atmosphériques – à partir des brûlis et des transports par le vent. On dénombre également des effets plus importants, liés aux inondations, aux sécheresses, aux glissements de terrain et au changement climatique.

Pour intervenir sur ces interactions complexes et aborder la question de l’utilisation des terres à une échelle mondiale mais aussi des paysages et des écosystèmes, l’Unité de gestion des terres et des régimes fonciers de la FAO (NRLA) a engagé une collaboration étroite avec d’autres unités de la FAO, afin d’élaborer des approches intersectorielles et aborder les différentes questions liées aux  biens et services apportés par la terre. La FAO s’appuie, à cet égard, sur les recommandations de l’Agenda 21 pour une approche intégrée de la planification et de la gestion des ressources en terres ainsi que sur l’identification des besoins spécifiques évoqués dans le Chapitre 10 de l’Agenda 21. En collaboration avec le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et d’autres institutions nationales et internationales, la FAO a élaboré – pour mieux prendre en compte la nature évolutive de la gestion intégrée des terres – un cadre amélioré pour le développement et la gestion des ressources en terres.

Cette approche permettra d’assurer:

  • le développement de politiques conduisant à une meilleure utilisation et une gestion durable des terres.
  • l’amélioration et le renforcement des systèmes de planification, de gestion, de suivi et d’évaluation.
  • le renforcement des institutions et des mécanismes de coordination.
  • la création de mécanismes destinés à faciliter un engagement et une participation active des communautés et des populations locales.

L’approche de planification et de gestion intégrées des ressources en terre prend en compte le fait que les divers degrés de participation dépendent du contexte. Pourtant pour que cette approche réussisse, la participation doit aussi être interactive.

Le concept d’écosystème offre un cadre intéressant pour analyser les liens entre les populations et leur environnement et développer des activités sur cette base. C’est pour cette raison que l’approche axée sur l’écosystème a été adoptée par la Convention sur la diversité biologique (CBD). Le cadre conceptuel de l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) est en cohérence totale avec cette approche.

La CBD propose une définition de l’approche axée sur l’écosystème: Cette approche est une stratégie de gestion intégrée des terres, eaux et ressources vivantes qui promeut la conservation et l'utilisation rationnelle de manière équitable. C'est ainsi que l'application de cette approche permettra de parvenir à un équilibre entre les trois objectifs de la Convention : conservation, utilisation rationnelle et partage juste et équitable des avantages issus de l'utilisation des ressources génétiques.
L'approche se fonde sur l'application de méthodes scientifiques appropriées à des niveaux d'organisation biologique comprenant la structure, les processus et les fonctions essentiels des organismes et de leur environnement, ainsi que les interactions qui surviennent entre eux. Elle reconnaît que les être humains, avec leur diversité culturelle, font partie intégrante de nombreux écosystèmes.

Selon la CBD, le terme d’écosystème peut s’appliquer à toute unité fonctionnelle, à toute échelle. Il n’exclut pas d’autres approches de gestion et de protection, comme les réserves de la biosphère, les aires protégées, et les programmes de protection des espèces uniques, ou d’autres approches encore, mises en œuvre dans le cadre de politiques ou cadres législatifs nationaux existants; il devrait d’ailleurs être possible d’intégrer toutes ces approches et méthodologies pour aborder certaines situations complexes. Dans ce contexte, le cadre conceptuel de l’évaluation du millénaire constitue une précieuse structure d’évaluation susceptible de contribuer à la mise en place de l’approche par l’écosystème de la CBD.

Le cadre conceptuel de l’EM a été conçu pour évaluer les conséquences des changements intervenus au niveau des écosystèmes afin d’assurer le bien-être des populations. Il part de l’hypothèse selon laquelle les principales composantes du bien être – notamment la santé, les éléments minimaux d’une bonne vie, la liberté, le choix, la santé, les relations sociales et la sécurité – sont liées à la situation de l’environnement. L’évaluation des écosystèmes pour le millénaire analyse les divers services rendus par les écosystèmes, le rôle que ces services jouent pour le bien-être humain, ainsi que les forces susceptibles de transformer ces services. Plus spécifiquement, il considère que les services de l’écosystème constituent des bénéfices que les populations obtiennent des écosystèmes.

Paiements des services environnementaux
La compréhension des
services de l’écosystème  et leur maintenance supposent des connaissances, une capacité d’organisation et de gestion, un dialogue et une négociation entre les groupes d’utilisateurs/acteurs, ainsi que des mécanismes d’incitation pour optimiser l’utilisation de ces ressources. Il s’agit notamment de créer des opportunités et de développer de nouveaux marchés pour financer un développement plus durable, par exemple à travers des mécanismes de  partage des bénéfices et des paiements pour services environnementaux (PSE).

Cet outil peut encourager la mise en œuvre de dispositions renforcées en matière de conservation, de régulation et de soutien aux services de l’écosystème – ces mesures constituant une base pour tous les autres types de services. S’il existe une divergence entre le niveau existant de qualité environnementale et celui que l’on vise, on peut faire recourir à différentes options politiques: politiques « décentralisées » (droit de la responsabilité civile, changements dans les droits de propriété, action volontaire), politiques de « commandement et contrôle » (législation environnementale, portant notamment sur les normes environnementales) et politiques basées sur l’incitation (taxes, subventions et système de droits transférable d’émission de carbone – appelés régimes « de plafonnement et d’échanges»).

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Documents et publications utiles

Payments for environmental services might also benefit many of the more than one billion poor people living in fragile ecosystems.