Ressources en terres

Ecoles d’agricultures de terrain

Une école d’agriculture de terrain est une école sans murs. Un groupe d’agriculteurs se rassemble dans le champ de l’un de ses membres pour échanger et mutualiser leurs connaissances à propos de leurs cultures et des problèmes qui les concernent. L’apprentissage porte sur l’amélioration des modes de cultures et s’appuie sur l’observation, l’analyse et l’expérimentation de nouvelles idées par les membres du groupe, et ce dans leurs propres champs.
La FAO et d’autres organisations de développement soutiennent les écoles d’agriculture de terrain – une approche innovante d’éducation des adultes, élaborée au départ en Asie du Sud Est pour la lutte contre les nuisibles – pour améliorer la gestion des terres et des eaux en Afrique. Contrairement aux approches traditionnelles de vulgarisation agricole – qui s’appuient sur des vulgarisateurs prodiguant des conseils aux agriculteurs – les écoles d’agriculture de terrain aident des groupes d’agriculteurs à trouver par eux-mêmes les réponses aux questions qu’ils se posent et d’élaborer des solutions à leurs propres problèmes.

 

L’approche des écoles d’agriculture de terrain (FFS) – est basée sur le concept et le principe d’un apprentissage centré sur la population. Elle a été élaborée pour constituer une alternative aux approches conventionnelles de vulgarisation de type A&V (Analyse et vérification). Elle utilise des méthodes innovantes et participatives dans le but de créer un environnement favorable à l’apprentissage. Cet environnement comprend des réseaux d’éducation qui offrent aux utilisateurs des terres l’opportunité d’échanger leurs connaissances et leur savoir faire sur des problèmes spécifiques de production de cultures et de les résoudre par eux-mêmes, en faisant appel à leurs propres observations, en débattant, et en participant à des exercices pratiques d’apprentissage par l’action, sur le terrain. Cette approche est actuellement utilisée pour permettre aux agriculteurs d’analyser et de surmonter toute une série de problèmes de GDT, s’agissant notamment de l’amélioration de la productivité des sols, de l’agriculture de conservation, du contrôle du ruissellement de surface, de la récupération de l’eau et de l’amélioration de l’irrigation.

A l’origine, l’approche FFS a été élaborée pour former les riziculteurs sur la protection intégrée, mais aujourd’hui, des programmes et projets ont été initiés pour améliorer la productivité des sols et mieux intégrer cette productivité améliorée dans le programme des FFS. Une expérimentation pilote limitée, destinée à tester la méthodologie FFS sur la gestion intégrée des sols, a été mise en place à travers le programme FARM dans quatre pays d’Asie, à la fin des années 1990. Plus récemment, des programmes FFS d’amélioration de la productivité des sols ont entrepris d’appliquer, d’expérimenter, de valider et/ou d’adapter l’approche FFS afin d’améliorer la productivité des sols en Afrique orientale et australe. Ces diverses expériences ont permis de mettre en évidence un facteur essentiel de réussite de l’approche FFS pour une gestion améliorée des terres: le renforcement des capacités des animateurs à l’élaboration des programmes, s’agissant notamment des FFS animés par les agriculteurs, qui sont considérés comme l’élément central d’amélioration de l’approche. En conséquence, les fournisseurs de services (animateurs des groupes d’agriculteurs, prestataires de vulgarisation, ONG, etc.) ont besoin de disposer d’outils de soutien pour diffuser les bonnes pratiques en matière de gestion des sols et des eaux, pour les tester au cours de démonstrations techniques participatives et pour aider à identifier les meilleures options pour différents types d’exploitations agricoles et de contextes. Ces intervenants ont également besoin de disposer d’informations qui leur permettront de mettre en évidence la baisse de la productivité des sols et de proposer des solutions appropriées pour résoudre ce problème.

Les écoles d’agriculture de terrain sont basées sur le principe d’une réunion hebdomadaire avec les agriculteurs, pendant tout le cycle de production – de la plantation à la récolte – pour suivre l’évolution de leurs cultures, mesurer le niveau d’humidité des sols, identifier les créatures nuisibles et celles qui ont une action bénéfique – comme les vers de terre et les araignées – et pratiquer des expérimentations de terrain.

Les animateurs des écoles d’agriculture de terrain sont généralement des vulgarisateurs ou des agriculteurs ayant acquis une expérience dans une autre école d’agriculture de terrain. L’animateur guide le groupe, l’aide à décider ce qu’il veut apprendre et à réfléchir aux diverses solutions possibles. Il conseille les membres du groupe et répond à leurs questions. Les agriculteurs s’appuient sur leurs propres expériences et observations pour prendre les décisions nécessaires en matière de gestion des cultures. Les membres du groupe doivent réserver deux ou trois journées de terrain pour expliquer leurs pratiques aux autres agriculteurs.

Les agriculteurs organisent également des visites d’échanges pour accueillir les membres d’autres écoles d’agriculture de terrain et visiter eux-mêmes d’autres écoles. Cela leur permet d’échanger leurs idées et d’observer la façon dont les autres agriculteurs abordent des problèmes similaires aux leurs. A la fin de la saison agricole, les agriculteurs sont « diplômés », c'est-à-dire qu’ils reçoivent un certificat rédigé par l’organisateur de l’école de terrain. Les membres sont alors qualifiés pour encadrer une nouvelle école d’agriculture de terrain en qualité d’animateur. Les animateurs des écoles d’agriculture de terrain devront être capables de constituer une équipe, de disposer de compétences en matière d’organisation, et d’être en mesure d’introduire des thèmes d’apprentissage spécifiques, suggérés par les membres de leur école d’agriculture de terrain. Ces écoles constituent pour la communauté des agriculteurs un moyen d’améliorer leur système de prise de décision et de stimuler l’innovation locale en vue d’une agriculture durable. L’accent est mis sur la responsabilisation des agriculteurs pour mettre en œuvre leurs propres décisions et ce, au sein de leurs exploitations.

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