Ressources en terres

Mesures de gestion durable des terres

La dégradation physique, chimique et biologique des terres cultivées, des pâturages, des terres de parcours et des terres de forêts est souvent due à une gestion insuffisante et inappropriée des terres. Dans de nombreux pays, plus particulièrement en Afrique subsaharienne, il existe une pression continue sur les ressources en terres limitées, dans la mesure où plus de 80% de la population tirent leurs moyens d’existence des ressources naturelles. Une pression supplémentaire sur les ressources, notamment dans les régions vulnérables, a débouché sur un important déclin de la productivité des sols, en raison notamment de pratiques agricoles extensives: rendements en baisse, diminution du couvert végétal, salinisation, déclin de la fertilité et augmentation de l’érosion. La sécurité alimentaire est directement liée à la capacité des terres à nourrir la population.

Inverser la dégradation des sols, de l’eau et des ressources biologiques et augmenter la production végétale et animale, à travers une utilisation des terres et des pratiques de gestion plus appropriées, constituent des composantes essentielles pour l’atteinte de la sécurité alimentaire et l’amélioration des moyens d’existence.

Des expériences réussies pour augmenter la productivité des sols et maintenir les bénéfices liés à l’eau et aux écosystèmes (biodiversité, approvisionnement en eau, fixation du carbone) ont été mis en place, même si celles-ci auraient mérité d’être disséminées, pour en faire bénéficier d’autres pays, y compris dans la même région. Malheureusement, cette dissémination a été très limitée. Il est pourtant indispensable d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes sous-régionaux et nationaux, ainsi que des projets au niveau des communautés, pour inverser la dégradation des terres et améliorer leur productivité.

Les causes de la dégradation des terres sont nombreuses. Elles comprennent notamment le déclin de la fertilité des sols, le développement de l’acidité, de la salinisation, de l’alcalisation, la détérioration de la structure des sols, l’accélération de l’érosion éolienne et hydrique, la perte de matières organiques et de biodiversité. En conséquence, la productivité de la main d’œuvre agricole est en chute, de même que les revenus tirés de l’agriculture: la migration des populations rurales vers les zones urbaines augmente et la pauvreté rurale s’aggrave. Les efforts pour restaurer la productivité des terres dégradées doivent être combinés avec une meilleure exploitation des ressources en terres.

Il est essentiel d’inciter les pays à renforcer les mesures de GDT et de continuer à élaborer de nouveaux systèmes d’exploitation des terres pour réaliser les objectifs économiques, environnementaux et la sécurité alimentaire. Dans cet effort, la FAO collabore étroitement avec le WOCAT et d’autres partenaires.

WOCAT, le panorama mondial des approches et des technologies de conservation, lancée en 1992, est un projet de l’Association mondiale de conservation du sol et de l’eau (AMCSE) coordonnée par l’Université de Berne, Suisse, en collaboration avec plusieurs institutions. Son objectif est de promouvoir l’intégration des approches et de techniques réussies en matière de protection des sols et des eaux dans les systèmes d’utilisation des terres à travers le monde. La FAO est associée aux ateliers régionaux en cours, ainsi qu’à la collecte des données en Afrique. L’étude africaine prend actuellement forme et servira de point d’entrée, pays par pays, pour l’initiative du Programme international de conservation et de restauration des terres en Afrique (ISCRAL). Le WOCAT utilise les définitions suivantes:

Conservation des sols et des eaux (CSE). Dans le contexte du WOCAT, la CSE est définie comme: des activités au niveau local qui préservent ou améliorent la capacité productive des terres dans des zones affectées (par) ou sujettes (à) la dégradation. La CSE inclut la prévention ou la réduction de l’érosion des sols, du compactage et de la salinité, la conservation ou le drainage des eaux du sol; le maintien ou l’amélioration de la fertilité des sols.

Technologies de CSE. Les technologies de CSE sont agronomiques, végétales, structurelles et comportent des mesures de gestion susceptibles de lutter contre la dégradation des terres et d’augmenter la productivité sur le terrain.

Les approches CSE. Les approches de CSE constituent une forme de soutien qui aide à l’introduction, la mise en œuvre, l’adaptation et l’application des technologies de CSE sur le terrain.

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