FAO
May 2007  -  Annonce de nouvelle publication


Evaluation des terres

Vers une révision du cadre actuel


Document de travail sur les terres et les eaux n° 6








Les années 70 ont été marquées par l’émergence d’un problème mondial, celui de la capacité de la planète à nourrir une population en croissance continue, tout en assurant la sauvegarde des ressources naturelles et la protection de l’environnement. La FAO et l’UNESCO ont réalisé un inventaire mondial des ressources en sols. Ces deux organisations ont, à cette occasion, élaboré une méthodologie - désormais adoptée au niveau international – pour évaluer les potentialités et les limites des ressources en terres pour le développement, au niveau mondial. Le cadre d’évaluation des terres, qui a été publié par la FAO en 1976 ne se limitait pas à l’évaluation des potentialités des terres pour l’agriculture. Il abordait également certaines utilisations alternatives des terres, comme la foresterie ou la sauvegarde de la nature et il faisait appel à des critères relatifs à la protection de l’environnement pour évaluer l’aptitude des terres à un usage donné.

Il n’a pas été jugé nécessaire, pendant au moins 30 années, de réviser le cadre d’évaluation des terres. Ce cadre a fait l’objet, ultérieurement, de directives, parues dans diverses publications, pour s’appliquer à certains usages spécifiques, comme l’agriculture irriguée, la foresterie, l’agriculture pluviale. Ces directives ont été mises en œuvre dans de nombreux pays sans qu’il ait été nécessaire de modifier de façon importante la méthodologie générale du cadre.

Ce qui a changé, toutefois, au cours de la dernière décennie, ce sont les buts et les objectifs de l’évaluation des terres. A l’origine, elle était essentiellement destinée à la planification de l’utilisation des terres et aux projets de développement territoriaux. Il s’agissait, en général, d’introduire des changements majeurs dans l’utilisation des terres, pour les valoriser davantage et prendre en compte leur situation spécifique, en y apportant, bien souvent des investissements et une assistance technique provenant des gouvernements et d’autres sources. Aujourd’hui, le but de l’évaluation des terres consiste principalement à résoudre les problèmes techniques, socioéconomiques ou environnementaux présents au niveau de terres déjà très exploitées, voire surexploitées et dégradées. Pour résoudre ces problèmes il ne faut pas nécessairement appliquer des changements drastiques dans les types d’usages des terres ; il s’agit davantage d’ajustements dans les modes et les pratiques de gestion des terres, d’amélioration des terres et de travaux de protection. La résolution des conflits d’utilisation des terres suppose également le renforcement de la participation, de la médiation et de l’arbitrage au niveau des divers protagonistes de l’utilisation des terres.

Aujourd’hui, le but et la portée de l’évaluation des terres ayant évolué vers des questions plus larges, il devient nécessaire de renouveler ce cadre en y introduisant de nouveaux concepts, définitions, principes et procédures, afin d’aborder ces nouvelles questions avec les outils appropriés. C’est notamment le cas pour les questions de durabilité d’utilisation des terres et toutes les conséquences qui en découlent. La protection de l’environnement, la viabilité économique de l’utilisation des terres à long terme et l’acceptabilité sociale de leurs conditions d’exploitation appellent, elles aussi, des études plus complexes sur les ressources en terres, leurs utilisations, leurs interactions et leurs environnements. Elles supposent également une plus forte implication des spécialistes et des utilisateurs de la terre, actuels ou potentiels, ainsi que celle de tous les autres acteurs associés à l’utilisation des terres, et cela à toutes les étapes du processus d’évaluation. Dans ce contexte, la révision du cadre d’évaluation des terres de 1976 doit être considérée comme une tâche ambitieuse, qui suppose des consultations et des discussions approfondies. Ce document a en effet l’ambition d’inventorier l’ensemble des éléments que cette révision devra intégrer, s’agissant notamment des avancées réalisées dans de nombreux secteurs. A ce stade, ce document de travail vise prioritairement à mobiliser les acteurs sur un certain nombre d’aspects pertinents par rapport au sujet abordé. Une série de discussions de grande ampleur devraient au final permettre de dégager les grandes priorités – dans un cadre général révisé – et de choisir ce qui sera entrepris dans le cadre d’autres activités, en amont ou en aval de l’évaluation des terres, ce qui sera entrepris en parallèle et ce qui sera intégré dans les directives de mise en œuvre des évaluations des terres, pour un certain nombre de sujets spécifiques.

(disponible en anglais)


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