Les Chemins de la durabilité

Économie verte et agriculture (GEA)

Faire le point sur le potentiel, les options et les défis futurs

Le monde est confronté à une multitude de crises, depuis les crises alimentaires et énergétiques jusqu’aux crises climatiques et financières. Au cours des dernières décennies, 60 pour cent des écosystèmes mondiaux ont été dégradés, les émissions mondiales de carbone ont progressé de 40 pour cent, les ressources en eau et en pétrole se sont raréfiées, un milliard de personnes souffrent de la faim alors qu’un autre milliard est affecté par la suralimentation et les maladies induites, un habitant des pays en développement sur quatre vit dans un état de pauvreté absolue, deux milliards de personnes vivent avec moins de 2$ par jour, l’inégalité entre les pays de l’OCDE s’est accrue et la crise financière de 2008 a mis en cause la durabilité du modèle économique dominant. Pour parvenir à une économie respectueuse des limites de notre planète, il est nécessaire de redéfinir la nature du progrès et d’apporter des instruments susceptibles de sauvegarder les systèmes écologiques, de stabiliser l’économie et de sécuriser les moyens d’existence de la population.

D’un côté, l’agriculture – qui comprend les pêches et les forêts – s’appuie largement sur les ressources naturelles, dans la mesure où elle occupe 60 pour cent de la surface de la terre; les activités de pêche peuvent être virtuellement se développer sur tout plan d’eau maritime ou terrestre et l’agriculture est à l’origine de 70 pour cent des prélèvements d’eau. D’un autre côté, outre le fait que les activités liées à l’agriculture sont nécessaires à la vie et au bien-être collectif, elles fournissent des moyens d’existence à 40 pour cent de la population mondiale actuelle. En conséquence, le secteur de l’alimentation et de l’agriculture est essentiel dans tout effort pour parvenir à une économie verte.

La FAO a examiné de quelle façon l’économie verte se traduit dans le secteur de l’alimentation et l’agriculture. L’initiative Economie verte et agriculture entend contribuer à la définition et à la mise en œuvre d’une économie verte dans le cadre du développement durable, de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté, à travers la mobilisation du secteur de l’alimentation et de l’agriculture. Elle a notamment procédé à une analyse (a) des interactions entre l’économie verte et le secteur de l’alimentation et de l’agriculture, s’agissant notamment des opportunités et contraintes; et (b) des passerelles existantes entre les différents types de parties prenantes et entre les différents secteurs, s’agissant notamment de l’agriculture et de l’environnement, tout en renforçant la résilience globale des pays aux chocs exogènes.

Au titre de cette démarche, une vaste consultation des parties prenantes a été organisée dans le cadre d’un évènement parallèle organisé conjointement par la FAO, la CNUCED et Biovision, à New York (USA), le 8 mars 2011, ainsi qu’une réunion d’experts de la FAO et l’OCDE, sur l’économie verte et l’agriculture, qui s’est déroulée à Paris, France du 5 au 7 septembre 2011. Les résultats de cette réunion ont été présentés à la 143ème session du Conseil de la FAO (28 novembre au 2 décembre 2011), qui a validé les messages et la définition GEA.

"L'initiative «économie verte et agriculture» se propose de contribuer à assurer aussi bien le droit à une alimentation adéquate et la sécurité alimentaire et nutritionnelle - en termes de disponibilité, d'accès, de stabilité et d'utilisation - que la qualité des moyens d'existence ruraux, dans le cadre d'une gestion efficace des ressources naturelles et d'un renforcement de la capacité d'adaptation et de l'équité tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, compte tenu de la situation spécifique de chaque pays.

Cet objectif peut être atteint par l'application d'une approche écosystémique à l'agriculture, aux forêts et à la gestion des pêches, en tenant compte des besoins et désirs multiples de la société, sans toutefois compromettre la capacité des générations futures à tirer parti de la gamme complète des biens et des services fournis par les écosystèmes terrestres, aquatiques et marins. Il s'agit donc:

  • d'assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle grâce à un juste équilibre entre la production intérieure et le commerce extérieur;
  • de contribuer à la concrétisation du droit à une alimentation adéquate pour tous; d'assurer des moyens d'existence convenables en milieu rural;
  • et de faire appel aux savoirs traditionnels et aux connaissances scientifiques pour contribuer au maintien d'écosystèmes sains qui intègrent la production alimentaire dans le respect des contraintes liées aux ressources naturelles.”                                                                      CL 143/18, paras 7-8.
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