Gabon
Source: FAO Déni de responsabilité Cliquez ici pour une carte plus détaillée. Version 2005
Géographie, climat et populationLe Gabon, situé en Afrique centrale, est traversé par l’équateur et couvre un territoire de 267 670 km2. Environ 800 km de littoral lui donnent accès à l’océan Atlantique et il partage ses frontières au nord avec la Guinée équatoriale et le Cameroun, et à l’est et au sud avec le Congo. Il dispose d’un potentiel en terres cultivables de presque 15.2 millions d’hectares relativement fertiles, dont seuls 495 000 ha sont directement exploités (tableau 1). La forêt couvre environ 22 millions d’hectares (82 pour cent de sa superficie) dont 20 millions d’hectares de forêts productives. Le taux de déboisement est inférieur à 1 pour cent, compte tenu de la faiblesse de la pression démographique et agricole et d’une exploitation réglementée. Les savanes et les pâturages naturels représentent les autres formes de végétation présente sur son territoire. Le Gabon a des formes de relief variées: le pays est essentiellement constitué de plateaux, qui couvrent la plus grande partie de la superficie, et de collines. Les montagnes, peu élevées, sont caractérisées par de fortes déclivités et leur rebord forme un escarpement qui domine de plusieurs centaines de mètres la plaine en contrebas. Le climat est de type équatorial avec deux saisons des pluies. Les précipitations moyennes annuelles atteignent 1 831 mm, variant dans l’espace entre 1 400 et 3 800 mm, alors que les températures s’étalent de 21 à 28°C. L’evapotranspiration est de 1 400 mm/an. On distingue selon la distribution et le rythme des précipitations trois principaux types de climats: le climat équatorial pur, le climat équatorial de transition de la zone centrale, et le climat équatorial du sud-ouest et du littoral centre atlantique. Selon le dernier recensement de la population, le Gabon comptait en 1993 un total d’un peu plus d’un million d’habitants, dont 27 pour cent seulement en milieu rural. En 2004, elle était estimée à 1.35 million d’habitants dont 15 pour cent vivent en milieu rural (tableau 1). Le taux de croissance démographique annuel pour la période 1997-2003 s’élevait à 2.3 pour cent. La densité moyenne est donc d’environ 5 habitants/km2 avec néanmoins de grosses disparités régionales et une forte concentration dans les trois principaux centres urbains (Libreville, Port-Gentil et le triangle Franceville-Moanda-Mounana). La densité rurale n’est que d’un habitant/km2. En 1993, le taux de chômage s’élevait à 18 pour cent au niveau national; en 1996 il était de 21.6 pour cent à Libreville et de 30.7 pour cent à Port-Gentil. On estime qu’à Libreville et à Port-Gentil (70 pour cent de la population urbaine) près de 20 pour cent des personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue (29 000 FCFA/mois). Cette pauvreté se manifeste surtout à travers la précarité des conditions de vie et l’insécurité alimentaire. La population a accès à l’eau potable à 86 pour cent (95 pour cent en milieu urbain contre 47 pour cent en milieu rural). L’espérance de vie en 2002 était de 57 ans à la naissance. Le taux de prévalence du VIH/SIDA est compris entre 7.7 et 9.1 pour cent dans les zones urbaines selon le rapport annuel 2002 du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS). Économie, agriculture et sécurité alimentaireLe secteur agricole (hors exploitation forestière) est relativement peu développé au Gabon. L’agriculture, y compris l’élevage et la pêche, qui occupait 33 pour cent de la population active en 2004, n’a contribué au PIB qu’à raison de 8.7 pour cent en 2003, et les exportations du secteur ne représentaient que 0.2 pour cent du total des exportations en 2001. Avec une agriculture vivrière tournée essentiellement vers l’autosubsistance, le Gabon ne peut nourrir la totalité de ses habitants. Pour faire face à une demande alimentaire grandissante au niveau des centres urbains, le pays doit recourir massivement aux importations de vivres (60 pour cent de la consommation alimentaire est importée). Les principales cultures vivrières sont le manioc et la banane plantain mais l’on produit aussi du maïs (31 000 tonnes en 2002) et un peu de riz (environ 1 000 tonnes). Les cultures de rente comprennent le cacao, le café et l’hévéa. L’agriculture est presque exclusivement pluviale, conduite sur différents types d’exploitation agricole:
Ressources en eau et utilisation de l’eauRessources en eau Les ressources en eau de surface renouvelables internes sont estimées à 162 km3/an et les ressources en eau souterraines à 62 km3/an. Considérant une partie commune entre eaux de surface et eaux souterraines d’environ 60 km3, les ressources en eaux renouvelables internes totales s’élèvent à 164 km3/an (tableau 2). Le système hydrographique dense est composé d’un abondant réseau de cours d’eau permanents. Le grand bassin versant de l’Ogooué domine ceux, plus modestes, des fleuves côtiers Nyanga et Komo. Seuls les cours inférieurs des plus grands fleuves sont navigables toute l’année: le Komo de Kango à Libreville et l’Ogooué sur une plus grande distance, de Ndjolé à Port-Gentil. Ce sont 3 000 km de voies d’eau qui sont potentiellement utilisables. Les bassins de ces trois fleuves sont décrits ci-dessous:
Les lacs les plus grands et les plus importants se rencontrent dans les bassins côtiers, notamment le long du cours inférieur du fleuve Ogooué. La région du Bas-Ogooué, qui correspond au delta intérieur de l’Ogooué, abrite la plus grande concentration de lacs du Gabon. Sur la rive gauche du fleuve, on distingue les lacs Ezanga, Oguemoué et Onangué; sur la rive droite, on trouve les lacs Azingo, Gomè et Opindalwango. Ailleurs on rencontre:
Cette liste n’est pas exhaustive, car certains lacs sont encore méconnus et ils ne sont pas tous répertoriés sur la carte du pays. Les zones humides se situent:
Utilisation de l’eau En 2000, les prélèvements d’eau étaient estimés à 128 millions de m3, dont 52 millions pour l’agriculture (41 pour cent), 62 millions pour les usages domestiques (48 pour cent) et 14 millions pour l’industrie (11 pour cent) (tableau 2 et figure 1). Développement de l’irrigation et du drainageAlors que le potentiel pour l’irrigation est évalué à 440 000 hectares, l’agriculture irriguée joue un rôle très secondaire dans la production. Les superficies avec contrôle de l’eau étaient estimées en 1987 à 4 450 hectares dont 3 150 hectares en maîtrise totale/partielle (riziculture) et 1 300 hectares de bas-fonds et marais équipés (principalement riz et maraîchage) (tableau 3 et figure 2). Gestion de l’eau, politiques et dispositions législatives régissant l’utilisation d’eau en agricultureInstitutions Les Ministères actifs en matière de gestion de l’eau et des terres sont les suivants:
Politiques et dispositions législatives La politique gabonaise en matière de gestion de la biodiversité est formalisée par deux instruments législatifs: la loi n° 16/93 du 26 août 1993 relative à la protection de l’environnement, dite Code de l’environnement, et la loi 1/82 dite loi d’orientation en matière des eaux et forêts remplacée par le Code forestier. Depuis 1995, le Gabon s’est engagé dans un processus de planification stratégique comprenant un Plan national d’action environnemental (PNAE) et des stratégies nationales pour la diversité biologique et les changements climatiques. Le PNAE, qui a été défini comme le cadre de référence où doivent s’inscrire toutes les actions de la politique du gouvernement en matière d’environnement, a été validé en août 1999, puis adopté par le gouvernement en mars 2000 sous la forme du Livre blanc de l’environnement gabonais. Le Programme sectoriel forêts et environnement, en cours d’élaboration au Ministère de l’économie forestière, des eaux et de la pêche, et de pré-identification par la Banque mondiale, a défini les enjeux environnementaux stratégiques pour le Gabon, à savoir le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire, la gestion et le développement durable des forêts, la gestion intégrée des zones côtières, la protection et l’amélioration de l’environnement urbain, la planification et la gestion des aires protégées, l’information et la communication environnementales et le renforcement des capacités (formation et recherche). Perspectives pour la gestion de l’eau en agricultureL’agriculture et notamment l’agriculture irriguée apparaissent comme des secteurs complètement marginaux et désorganisés, bien qu’il soit envisagé d’en faire la base d’une diversification efficace, en vue notamment de la perspective de l’épuisement des réserves pétrolières exploitables. Le milieu rural, dépourvu de toute structure utile (dispensaires, eau potable, électricité, écoles, vulgarisation, crédit, etc.), n’attire pas les jeunes qui abandonnent toutes les activités agropastorales aux personnes très âgées. Principales sources d’informationDirection générale de l’environnement. 1999. Stratégie nationale et plan d’action sur la biodiversité biologique du Gabon. FAO. 1988. Gabon. Mission de reconnaissance/identification de projets agricoles FAO/BAD. FAO/AfDB Programme de soutien à l'investissement. FAO, Centre d'investissement. Rapport N° 90/88 AF-GAB 7 WP. Rome. FAO. 1995. Gabon - Suivi du Sommet mondial de l’alimentation. Projet de stratégie pour le développement agricole national - Horizon 2010. FAO. 2003. Gabon- Profil des politiques et stratégies de sécurité alimentaire et de développement agricole. FAO. 2004. République du Gabon. Suivi du Sommet mondial de l’alimentation: Cinq ans après. Note sur la stratégie pour le développement agricole national - Horizon 2015. République du Gabon, Coordination du Système des Nations Unies. 2001. Bilan Commun de Pays (CCA 2001). (Monographie telle que publiée dans le Rapport sur l'eau 29, 2005)
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