English || Español
    AQUASTAT Accueil      À propos d'AQUASTAT   FAO Eau     Les statistiques à la FAO

Produits phares

Base de Données Principale
Barrages
Carte mondiale des superficies d'irrigation
L'eau pour l'irrigation
L'eau et le genre
Outil d'info climatique
Institutions

Entités géographiques

Pays, régions, bassins fluviaux

Thèmes

Ressources en eau
Usages de l'eau
Irrigation et drainage
Eaux usées
Cadre institutionnel
Autres thèmes

Type d'information

Ensembles de données
Publications
Tableaux récapitulatifs
Cartes et données spatiales
Glossaire

Info pour les médias

Le saviez-vous...?
Visualisations et infographies
ODD Cible 6.4
KWIP
UNW Synthèses
     
Bénin

Année: 2005 Date de révision: -- Type de révision: --

Rapport régional: Rapport sur l'eau 29, 2005

Version PDF:

Faits:

Barrages:

H2O:
(Cliquer sur la carte pour voir une carte détaillée)
Déni de responsabilité


Géographie, climat et population

La République du Bénin est un pays d’Afrique occidentale situé entre 6°10’ et 12°25’ de latitude nord et entre 0°45’ et 3°55’ de longitude est. Il s’étend sur une superficie de 112 620 km2. Les terres potentiellement cultivables sont estimées à environ 7 millions d’hectares, soit presque 63 pour cent de la superficie totale.

Les sols ferrugineux tropicaux lessivés et les sols ferralitiques occupent environ 80 pour cent de la superficie du pays, suivis des sols hydromorphes (8 pour cent), des sols minéraux bruts (7 pour cent) et des sols vertiques (5 pour cent). La végétation est fortement dégradée. Elle consiste en îlots forestiers, savanes arborées et arbustives et quelques forêts classées menacées.

Le pays est caractérisé par deux zones climatiques bien définies, séparées par une zone de transition. Il s’agit de la zone sud au climat de type subéquatorial avec deux saisons pluvieuses par an, et de la zone nord au climat de type tropical continental avec une saison pluvieuse. Le centre du pays connaît un climat de transition qui s’apparente au climat subsoudanien.

Le pays reçoit entre 700 et 1 300 mm par an de précipitations réparties sur 70 à 110 jours dans l’année. Ces précipitations sont caractérisées par d’importantes variations spatio-temporelles rendant les cultures pluviales particulièrement aléatoires. Les températures maximales moyennes sur l’ensemble du pays varient entre 28°C et 33.5°C tandis que les minimales moyennes fluctuent entre 24.5°C et 27.5°C. Les valeurs moyennes de l’évapotranspiration calculées suivant la formule Penman sont comprises entre 3.7 mm et 4.8 mm par jour.

La population totale du pays s’élevait à environ 6.9 millions d’habitants en 2004, dont 55 pour cent sont des ruraux (tableau 1). La densité de la population est de 61 habitants/km2, chiffre qui masque d’importantes disparités entre le sud surpeuplé (entre 220 et 442 habitants/km2), le centre moyennement peuplé (59 habitants/km²) et le nord faiblement peuplé (entre 24 et 28 habitants/km2). Plus de la moitié de la population est concentrée dans le sud du pays sur moins de 11 pour cent du territoire national.


Le taux de chômage déclaré est passé de 13.2 pour cent en 1993 à 1.45 pour cent en 1999, tandis que le taux de chômage réel a varié pour la même période entre 6.3 pour cent à 0.46 pour cent. Cette importante diminution est essentiellement due: i) au fait que le phénomène de chômage a pris la forme masquée du sous-emploi; ii) au Programme national de l’emploi, adopté en 1996 par les autorités béninoises, dont la mise en œuvre s’est traduite par des approches novatrices visant la réduction du déséquilibre persistant sur le marché de l’emploi.

Le taux brut de scolarisation était de 76.5 pour cent en 1999: 91 pour cent des garçons étaient scolarisés contre 61 pour cent des filles; et le taux de fréquentation des services de santé était de 34 pour cent cette année-là. Environ 68 pour cent de la population totale a accès aux sources améliorées d’eau potable (tableau 1).


Economie, agriculture et sécurité alimentaire

La République du Bénin fait partie des pays les moins avancés (PMA) avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 506 dollars EU en 2003 et un indicateur de développement humain (IDH) de 0.421 en 2002.

En 2004, le secteur primaire avait mobilisé 50 pour cent de la population active et contribué pour 36 pour cent environ au PIB réel avec un taux de croissance réel dans le secteur de 6.4 pour cent, contre 4.7 pour cent en 1999. Grâce à cette croissance, due essentiellement à la « production végétale », le secteur primaire a apporté une contribution de 2.6 pour cent à la croissance économique.

L’agriculture béninoise demeure essentiellement une agriculture de subsistance. Presque exclusivement pluviale, c’est une agriculture extensive et itinérante sur brûlis, aux rendements et productions aléatoires car tributaires des données climatiques. Il en découle que le pays ne connaît l’autosuffisance alimentaire qu’en année de bonne pluviométrie et de répartition spatio-temporelle favorable des précipitations. La superficie cultivée s’élève à 2.82 millions d’hectares, dont 2.55 millions sont des terres arables et 0.27 million des cultures permanentes.

Ressources en eau

Les ressources renouvelables internes sont évaluées à 10.3 km3/an et les ressources renouvelables totales, y compris les eaux entrant dans le pays, à 26.4 km3/an (tableau 2). Les ressources totales en eau superficielles et les capacités de recharge des nappes phréatiques sont évaluées à 13.106 km3 (à l’exclusion du Niger, mais en incluant l’eau venant des pays en amont pour quelques autres stations) et à 1.870 km3 d’eau par an respectivement, ainsi qu’il ressort du tableau 3 et du tableau 4.






Les zones humides du Bénin sont essentiellement concentrées dans le sud du pays et représentent environ 250 500 hectares réparties comme suit:

  • 2 000 ha de plans d’eau fluviaux;
  • 205 000 ha de plaines inondables et de bas-fonds;
  • 3 500 ha de plans d’eau dont les retenues d’eau. En 1999, le pays comptait 226 microbarrages stockant entre 10 000 et 150 000 m3 d’eau. Le volume total d’eau stocké dans ces ouvrages est estimé à 40 millions de m3 (dont 24 millions de m3 pour le barrage du périmètre sucrier de Savé);
  • 40 000 hectares de complexes fluvio-lagunaires.

Riches sanctuaires de diversité biologique, les zones humides du Bénin sont actuellement surexploitées et les espèces vivantes menacées d’extinction du fait des activités anthropiques (constructions, dépotoirs d’ordures, etc.) et du développement de la jacinthe d’eau douce.

Eaux internationales: enjeux

Le Bénin partage ses grands bassins hydrographiques (Niger, Mono, Volta) avec ses pays limitrophes. Il est membre de l’Autorité du bassin du Niger (ABN) et prévoit la mise en valeur des ressources hydriques qu’il a en commun avec le Togo et le Niger. Il participe aussi aux réflexions en cours sur la prévention des conflits liés à l’exploitation et à la gestion des ressources en eaux partagées.

Utilisation de l’eau

Les ressources en eau du Bénin sont très peu utilisées. Les prélèvements de 100 millions de m3 d’eau pour l’agriculture, l’élevage et les usages domestiques en l’année 2001 sont évalués sur la base des hypothèses de dimensionnement ou de consommation couramment utilisées et des données recueillies auprès de la Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE) (tableau 5 et figure 1):

  • Irrigation des cultures 45 millions de m3
  • Abreuvement du bétail 14 millions de m3
  • Alimentation en eau potable des populations 41 millions de m3
    dont:
    • population urbaine: 25 millions de m3
    • population rurale: 16 millions de m3




Pour 2025 sont prévus 1.068 milliard de m3 de prélèvements totaux pour l’agriculture, l’élevage et les usages domestiques:

  • agriculture et élevage (45 000 ha + 3 291 000 têtes de bétail ) 653 millions de m3
  • usages domestiques 415 millions de m3

Irrigation et drainage

Evolution du développement de l’irrigation

La documentation existante évalue le potentiel hydro-agricole connu à 322 000 ha de terres irrigables, dont 117 000 ha de vallées et 205 000 ha de bas-fonds et plaines inondables. L’irrigation au Bénin demeure embryonnaire et occupe une très faible frange des producteurs.

Les terres équipées à des fins d’irrigation avec maîtrise totale de l’eau totalisent 10 973 hectares dont 9 349 ha sont des périmètres formels et 1 624 des périmètres informels. Les aménagements avec maîtrise partielle de l’eau intéressent 1 285 ha de bas-fonds équipés de diguettes isohypses de rétention dotées d’ouvrages de vidange et de régulation (tableau 6 et tableau 7).




L’évolution de l’irrigation au Bénin entre 1994 et 2002 concernait 835 ha de bas-fonds dont plus de 300 ha relevant presque exclusivement des initiatives privées (tableau 8). Pendant cette période, l’évolution des superficies des périmètres formels en maîtrise totale et des périmètres informels s’explique par une meilleure connaissance des superficies concernées, et non par de nouveaux aménagements.


Les aménagements importants, datant des années 1970, sont presque entièrement à l’abandon et, sur une superficie totale équipée pour l’irrigation de 12 258 ha, 2 823 ha (23 pour cent) seulement sont réellement irrigués. Les superficies effectivement exploitées sous irrigation avec maîtrise totale de l’eau pour la campagne 1999/2000 s’élevaient à 563 ha de périmètres formels (soit 6 pour cent des terres équipées en périmètres formels) et à environ 1 300 ha de périmètres informels (80 pour cent des terres équipées en périmètres informels). En ce qui concerne les 563 ha, il s’agit des quatre périmètres rizicoles de Malanville, Koussin-Lélégo, Dévé et Tchi-Ahomadégbé qui couvrent une superficie totale de 858 ha et ont été réhabilités entre 1985 et 1999. Quant aux aménagements avec maîtrise partielle de l’eau, 960 ha sont exploités, soit 75 pour cent des terres aménagées. L’abandon des espaces aménagés s’explique par la mauvaise gestion technique et financière des aménagements, la non-maîtrise des itinéraires techniques de production sous irrigation, la dégradation des éléments des réseaux d’irrigation et l’appauvrissement des sols.

En ce qui concerne la technique d’irrigation, l’irrigation de surface se pratique sur 46 pour cent de la superficie totale, suivie de l’irrigation par aspersion sur 42 pour cent de la superficie totale (tableau 6 et figure 2). Les grands périmètres (> 100 ha) constituent la majorité de l’irrigation en maîtrise totale (tableau 6 et figure 3). Enfin en périmètres formels en maîtrise totale (9 349 ha), l’élévation d’eau est nécessaire pour 98.5 pour cent des superficies équipées. En zone urbaine et périurbaine, une multitude de maraîchers utilisent des systèmes d’exhaure manuelle. L’irrigation informelle et les périmètres en maitrise partielle ne sont pas pris en compte dans cette classification, car ils ne sont pas encore caractérisés.




Rôle de l’irrigation dans la production agricole, l’économie et la société

Autour et au sein des principales villes du pays (Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Natitingou) une multitude de ménages agricoles pratiquent l’irrigation traditionnelle ou traditionnelle améliorée pour produire essentiellement des légumes sur des superficies inférieures à 2 000 m2 par ménage agricole. Il s’agit surtout d’activités de subsistance.

Au cours des 15 dernières années, une attention toute particulière a été accordée aux femmes. Elles sont actuellement les principales bénéficiaires des bas-fonds aménagés avec maîtrise partielle de l’eau, bien qu’elles ne soient presque jamais propriétaires des terres qu’elles exploitent.

Les fourchettes prévisionnelles de coût à court terme pour un hectare s’établissent comme suit:

  • Aménagement d’un périmètre collectif public (canaux revêtus et station de pompage): 8 500 - 11 500 dollars EU, toutes taxes comprises (TTC).
  • Aménagement de périmètres privés (transport de l’eau sous pression et distribution par rigoles, par submersion ou par arrosage manuel): 2 000 - 2 800 dollars EU, TTC.
  • Aménagement par l’État des bas-fonds collectifs: 800 - 1 200 dollars EU, TTC.
  • Réhabilitation des périmètres collectifs: 5 700 - 7 000 dollars EU, TTC.

Les principales cultures irriguées au Bénin sont le riz, l’oignon, la tomate et les légumes feuilles. Le riz irrigué est produit sur moins de 563 ha en maîtrise totale de l’eau avec un rendement moyen national d’environ 5 t/ha (tableau 6). L’oignon, la pomme de terre et certains légumes feuilles sont irrigués traditionnellement par de petits maraîchers. La non-maîtrise des itinéraires techniques par les irrigants conduit à des rendements trop bas pour intéresser les promoteurs privés. Compte tenu de son faible niveau de développement, l’irrigation n’a aucune incidence mesurable sur l’économie nationale. Cependant, les cultures irriguées contribuent à l’équilibre de la ration alimentaire et, de ce fait, concourent à l’autosuffisance alimentaire.

Etat et évolution des systèmes de drainage

Les périmètres irrigués réhabilités (563 ha) présentent un réseau de colatures et de drains à ciel ouvert pour l’évacuation des eaux excédentaires et la vidange des casiers. D’autre part, dans la basse vallée de l’Ouémé, l’assainissement des terres cultivées au moment de la « petite crue » (encore appelée « crue locale ») se fait à l’aide de réseaux semblables aux précédents.

Gestion de l’eau, politiques et dispositions législatives régissant l’utilisation d’eau en agriculture

Institutions

Le pays a opté pour la gestion intégrée des ressources en eau. Trois ministères sont chargés de cette gestion et devraient travailler en synergie pour réaliser le développement durable:

  • le Ministère des mines, de l’énergie et de l’hydraulique (MMEH) assure le suivi de l’évolution quantitative des ressources en eau et de leur utilisation pour l’approvisionnement en eau potable de la population et la production d’énergie par l’entremise de la Direction de l’hydraulique, la Direction de l’énergie et la Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE);
  • le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (MAEP) oeuvre par l’entremise de la Direction du génie rural (DGR) et de la Cellule bas-fonds sous sa tutelle, de la Direction de l’élevage, de la Direction des pêches, de la Direction des forêts et des ressources naturelles (DFRN), et des Centres d’action régionale pour le développement rural (CARDER). Ce Ministère (et ses délégations villageoises) est chargé de l’hydraulique agricole et pastorale, de la conservation des eaux et des sols, de l’aquaculture, et de l’aménagement des forêts et du reboisement;
  • le Ministère de l’environnement de l’habitat et de l’urbanisme (MEHU) travaille de concert avec la Direction de l’environnement (DE), la Direction de l’aménagement du territoire (DAT), l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE) et la Commission nationale de développement durable.

Il existe actuellement un chevauchement des compétences entre ces trois Ministères. De même, la lutte contre la pollution relève de plusieurs entités différentes relevant du MMEH, du Ministère de la santé publique, du MEHU et du Ministère de l’intérieur, de la sécurité et de la décentralisation.

Le principal acteur de promotion de l’irrigation et du drainage au Bénin est donc essentiellement le secteur public qui, à travers le MAEP, a mobilisé l’essentiel du financement pour la réalisation des aménagements existants et de ceux projetés pour le court et le moyen terme. La situation s’est inversée par rapport aux premiers aménagements réalisés à l’aide de dons et de subventions. Aujourd’hui, les ressources extérieures sont principalement constituées de prêts.

Le secteur privé est encore timide dans le domaine du développement de l’irrigation, faute de mesures incitatives. Les promoteurs privés bénéficient cependant de l’appui financier de certains projets de promotion de l’agriculture et de l’autoemploi. En outre le pays vient de se doter d’un programme national de promotion de l’irrigation privée dont la mise en œuvre à moyen terme facilitera le désengagement progressif de l’État et sa relève par un secteur privé dynamique et opérationnel.

Gestion de l’eau

Les prélèvements des ressources en eau par les différents utilisateurs sont anarchiques et incontrôlés. Il n’existe encore actuellement aucune organisation de gestion de l’eau en agriculture.

Les aménagements mis en place sont légués aux bénéficiaires sans contrepartie significative, mais ils sont chargés d’en assurer la gestion de façon autonome. Pourtant, la vente des produits récupérés, au titre des redevances calculées en fonction des superficies, n’assure généralement pas l’entretien des éléments des réseaux et des équipements. Une fois le réseau endommagé, les agriculteurs exploitent ces espaces en cultures pluviales ou les abandonnent en attendant que l’État procède à leur réhabilitation. Quant aux irrigants privés, ils entretiennent assez bien leurs installations sans tenir de comptabilité régulière et sans être assujettis à des charges fiscales.

Sous l’égide de la Direction de l’hydraulique, se sont créées des Associations des usagers d’eau (AUE) conçues initialement pour la gestion des points d’eau potable dans les anciennes communes (futurs arrondissements). Leur fédération au niveau départemental et l’extension de leurs activités à la gestion des ressources en eau débutent timidement mais seront prises en compte dans l’élaboration de leurs statuts qui, à ce jour, n’existent pas encore. L’objectif à terme est de trouver un mécanisme permettant la création d’Agences de bassin et de sous-bassin agissant de manière participative.

Politiques et dispositions législatives

S’il est vrai que les grandes orientations et les approches stratégiques des aménagements hydro-agricoles sont définies, elles ne sont pas encore consignées dans un document. Elles visent la création des conditions nécessaires pour une agriculture moderne, intensive et compétitive, capable d’assurer la sécurité alimentaire du pays et de servir de fondement à son économie, et pour une gestion intégrée et durable des ressources naturelles disponibles. Le renforcement de la sécurité alimentaire, la diversification agricole, l’augmentation de la productivité et la conservation du patrimoine écologique sont les principaux objectifs susceptibles d’influencer la gestion des ressources en eau, et sont fixés dans le Schéma directeur de développement agricole et rural, et la Lettre de déclaration de la politique de développement rural. Deux études stratégiques ont été conduites, l’une sur la gestion des ressources en eau en 1996, et l’autre sur les zones humides en 2001. En ce qui concerne cette dernière, les négociations avec les partenaires se poursuivent.

Les lois suivantes constituent le cadre législatif, juridique et réglementaire dont dispose le pays:

  • une loi portant régime des forêts en République du Bénin (Loi n° 93-009 du 02 juillet 1993);
  • une loi-cadre sur l’environnement (Loi n° 98-030 du 12 février 1999);
  • un code de l’eau et un code d’hygiène publique datant d’avant l’indépendance, vieux et caduques, mais en cours d’actualisation avec la possibilité d’une fusion des deux textes;
  • un projet de code foncier récemment élaboré et validé par tous les acteurs en 2001 mais non encore voté par l’organe législatif.

Actuellement, les règles locales, coutumières ou traditionnelles de gestion du foncier, forment le cadre presque exclusif de référence des populations.

Enfin, le pays a adhéré à un certain nombre de conventions internationales ayant trait à l’eau et à l’environnement, à savoir la Convention de RAMSAR (1971), la Convention sur la diversité biologique (1992), la Convention-cadre concernant les changements climatiques (1992), et la Convention de lutte contre la désertification (1994). Le pays possède deux sites officiels RAMSAR: le complexe lagunaire ouest et le complexe lagunaire est.

Environnement et santé

Qualité des eaux

Le Bénin dispose de suffisamment d’eau de bonne qualité pour satisfaire ses besoins. Toutefois, des risques de pollution bactériologique, chimique et biologique des eaux existent dans les zones de très forte concentration humaine et productrices de coton. Malheureusement, on ne dsipose d’aucun mécanisme opérationnel de suivi pour en mesurer l’évolution. L’irrigation, du fait de son très faible niveau de développement, n’a encore aucune incidence mesurable et mesurée sur la qualité des eaux.

Impact de la gestion de l’eau en agriculture sur l’environnement

Bien que le pays n’exploite encore qu’environ 32 pour cent des terres cultivables, des pratiques culturales impropres (agriculture extensive et itinérante sur brûlis, application d’engrais chimiques, exploitation de versants abrupts et labours parallèles aux lignes de plus grande pente) sont à l’origine d’une accélération de l’érosion et, dès lors, de l’ensablement des plans d’eau.

Du point de vue des impacts de l’irrigation sur la santé, un taux relativement élevé de prévalence de certaines maladies liées à l’eau (paludisme, bilharziose, maladies diarrhéiques, ou gonflements des pieds dans les villages riverains des aménagements hydro-agricoles et hydropastoraux) est signalé dans les zones riveraines des aménagements.

Perspectives pour la gestion de l’eau en agriculture

Les possibilités de développement de l’irrigation sont multiples: l’importance relative du potentiel hydro-agricole, qui offre d’intéressantes possibilités techniques et économiques de mise en valeur, l’existence d’une multitude de technologies endogènes utiles à faible coût et adaptées au niveau de technicité des producteurs (la pratique la plus répandue est celle consistant à irriguer manuellement les cultures par pomme d’arrosage sous pression alimentée par de petits groupes motopompes pompant l’eau de la nappe alluviale à moins de sept mètres de profondeur), et enfin une dynamique associative naissante permettront une meilleure organisation du monde paysan. Parmi les contraintes qui s’opposent à l’essor de l’irrigation, on peut citer: le faible niveau de revenu de la population et sa difficulté d’accès au crédit, la non-maîtrise des itinéraires techniques de production irriguée et l’inexistence d’un dispositif d’encadrement à la base, la pression agrodémographique excessive sur les terres au sud du pays, et l’inexistence d’infrastructures de stockage, de conservation et de transformation des produits.

«Vision Eau Bénin pour 2025» prévoit l’aménagement de 35 000 ha de terres supplémentaires par rapport aux 45 000 ha prévus (1 400 ha de périmètres irrigués avec maîtrise totale de l’eau et 1 500 ha avec maîtrise partielle de l’eau sont déjà financés). De plus, on envisage pour 2025 la construction de barrages hydro-électriques entraînant la mobilisation d’environ 4 km3 d’eau. Enfin, la décentralisation du pouvoir de l’État portera à un réajustement de la politique de gestion des ressources en eau et du cadre institutionnel actuel. En effet, elle attribue d’importants rôles décisionnels aux communautés locales en matière de gestion des ressources naturelles. L’eau ne sera vraisemblablement pas un facteur limitant pour le développement de l’irrigation et socioéconomique du pays dans le court et le moyen terme. Le défi majeur que devra relever le pays consiste dans la conservation de cet important atout et la réalisation d’une bonne planification et d’une gestion intégrée et durable des ressources en eau disponibles.

Principales sources d’information

BCEOM/SOGREAH/ORSTOM. 1993. Évaluation hydrologique de l’Afrique subsaharienne. Rapport de pays: Bénin.

Cellule bas-fonds de la DGR. 2002. Inventaire et mis en valeur des bas-fonds au Bénin. MAEP.

Cellule macro-économique de la Présidence de la République. 2001. Rapport sur l’état de l’économie nationale: développements récents et perspectives à moyen terme.

Centre d’étude de projet de développement rural. 1993. Rapport de l’étude de l’impact socio-économique du projet BEN/91/002 sur les populations bénéficiaires directes et indirectes.

DANIDA - Ministère des affaires étrangères du Danemark. 2002. Rapport technique - Suivi de la qualité de l’eau (composante « Appui à la gestion des ressources en eau en République du Bénin »).

Dekrin Traore, J. 1993. Aménagement des bas-fonds et approche participative au Bénin. Expérience du projet [PNUD/FAO] BEN/84/012.

Direction de l’analyse de la prévision et de la synthèse du Ministère du développement rural. 1993. Compendium des statistiques agricoles et alimentaires (1970-92).

Direction de l’hydraulique. 2002. Vision Eau 2025 - Bénin. MMEH.

Direction du génie rural. 2002 (projet d’édition). Stratégie nationale des aménagements hydro-agricoles en République du Bénin.

FAO. Dates diverses. Projets BEN/84/012 et BEN/91/002, Inventaire, étude et aménagement des bas-fonds. Rapports divers. Rome.

Haskoning/AIDEnvironnement. 2001. Stratégie nationale de gestion des zones humides du Bénin: rapport institutionnel.

Institut national de la statistique et de l’analyse économique. 1994. Deuxième recensement général de la population et de l’habitation. Février 1992.

Institut national de la statistique et de l’analyse économique. 1998 et 1999. Tableau de bord social: Profil social et indicateurs de développement humain. Projet Ben/96/001 "Programme-cadre de renforcement des capacités institutionelles et de gestion". Ministère du plan, de la restructuration économique et de la promotion de l’emploi.

Le Barbe, L. et al. 1993. Les ressources en eaux superficielles de la République du Bénin. ORSTOM.

MAEP. 2001. Déclaration de politique de développement rural.

Ministère d’État chargé de la coordination de l’action gouvernementale, du plan, du développement et de la promotion de l’emploi. 1999. Document de politique et stratégies du secteur eau (avant projet).

ORSTOM & Direction de l’hydraulique du Bénin. 1993. Ressources en eaux superficielles de la République du Bénin.

Piaton, H. 1986. Plan national d’irrigation en République populaire du Bénin. Rapport de la mission d’identification.

Pofagi, M.K., Tonouhewa, A. 2001. Renversement de la tendance à la dégradation des terres et des eaux dans le bassin béninois du fleuve Niger.

SOGREAH/SCET-TUNISIE. 1997. Étude de la stratégie nationale de gestion des ressources en eau du Bénin. Rapport R4, Définition de la stratégie nationale et Rapport R7, Rapport final - Synthèse

Tonouhewa, A. 2001. Étude de faisabilité portant création d’un partenariat national de l’eau (GWP) au Bénin – Rapport définitif. Comité technique consultatif de l’Afrique de l’Ouest (GWP/WATAC).

     
   
   
       
arrow Format d'impression
     

^ haut de page ^

   Citer comme suit: FAO. 2016. Site web AQUASTAT. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Site consulté le [aaaa/mm/jj].
  © FAO, 2016Questions ou commentaires?    aquastat@fao.org
   Votre accès à AQUASTAT et l’utilisation de toute information ou donnée est soumis aux termes et conditions spécifiés dans le User Agreement.