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Mali

Irrigation et drainage

Évolution du développement de l’irrigation

Le potentiel des terres aptes à la culture irriguée est de 2 200 000 ha (Tableaux 4 et 5), dont environ 566 500 ha sont considérées comme facilement aménageables à partir des ressources en eau de surface pérennes (Tableau 6).







La construction des premiers aménagements hydro-agricoles au Mali date de la période coloniale avec l’essentiel des investissements se concentrant sur l’Office du Niger dès la fin des années 1920. Dès l’indépendance, la volonté du gouvernement malien de faire de l’agriculture le moteur de l’économie nationale, se traduit par l’élaboration et la mise en œuvre de plans, programmes et schémas directeurs, dont l’objectif est de développer les superficies irriguées du pays afin de réduire la dépendance à la pluviométrie de l’agriculture. Récemment, les Programmes Gouvernementaux d’Aménagement successifs (PGA 1998-2002, 2003-2007, 2008-2012) coordonnent ce développement au niveau national, à travers divers projets tels que: le projet de développement de l’irrigation dans le Bassin du Bani et à Sélingué, le programme national d’irrigation de proximité, le projet d’appui à la stratégie nationale de développement de l’irrigation, le projet d’aménagement du Delta Intérieur du Niger, le projet d’accroissement de la productivité agricole au Mali, le projet d’agriculture et de transformation agro-alimentaire au Mali; ainsi que diverses actions et initiatives au niveau des Offices et Agences.

Le contrôle de l’eau en agriculture, permettant de s’affranchir de la pluie, prend quatre formes au Mali: l’irrigation en maîtrise totale, la submersion contrôlée, les bas-fonds et la culture de décrue non-équipée. Trois périmètres principalement rizicoles—Office du Niger, périmètres de Baguinéda et de Sélingué—approvisionnés en eau par le fleuve Niger concentre une grande portion des superficies en maîtrise totale. Parmi les superficies en submersion plus ou moins contrôlée, on distingue selon leur emplacement par rapport au cours d’eau: i) les cultures de bordure fluviale en submersion contrôlée; ii) les cultures de bas-fonds en submersion contrôlée; et iii) et les cultures de décrues en submersion libre. La submersion contrôlée est pratiquée à grande échelle sur deux périmètres—Office du riz de Ségou, Office du riz de Mopti—ainsi que dans les régions de Koulikoro, Gao, et Tombouctou. Les bas-fonds, principalement cultivés en riz de variété pluviale ou semi–pluviale, sont localisés dans la partie sud du pays, où la pluviométrie est relativement importante (plus de 800 mm). La culture de décrue non-équipée est surtout pratiquée dans les lacs et mares de la région de Tombouctou.

Alors que l’irrigation en maîtrise totale s’étendait sur moins de 79 000 ha dans années 1990, elle couvre 167 080 ha en 2011 (Tableau 4), dont 67 pour cent environ sont situés dans la seule zone de l’Office du Niger. De plus, 203 950 ha sont également équipés pour l’irrigation en maîtrise partielle, correspondant pour l’essentiel aux casiers de submersion contrôlée inondés sous l’effet de l’onde de crue du fleuve; seul 14 3000 ha sont des aménagements de bas-fonds. Au total, le pays dispose d’une superficie équipée pour l’irrigation de 371 031 ha en 2011 (DNGR, 2012).

Le taux d’aménagement de superficie pour l’irrigation en maîtrise totale et partielle s’est accru ces dernières années grâce aux PGA successifs. En 1998, 234 466 ha étaient aménagés, auxquels se sont ajoutés 23 667 ha sur la et 67 747 ha grâce aux PGA 1998-2002 (30 000 ha prévus) et 2003-2007 (50 000 ha prévus) respectivement. Sur la période 2008-2012, le PGA prévoyait d’aménager 103 356 ha. Fin 2011, 45 151 ha était achevés et 51 923 ha fin 2012.

Parmi ces superficies aménagées on distingue en fonction de leur taille (Tableau 7):

  • 317 800 ha de grands périmètres ou grands aménagements, c’est-à-dire de plus de 100 ha aménagées en maîtrise totale ou partielle (submersion contrôlée);
  • 38 930 ha de petits périmètres, soit des superficies inférieures à 100 ha, et relatifs aux périmètres irrigués villageois (PIV) aménagés en maîtrise totale); et
  • 14 300 ha de bas-fonds.


L’irrigation de surface domine largement les techniques d’irrigation employées au Mali; elle inclut le système mixte ou californien, en cours d’expérimentation sur 59.25 ha par le Programme Compétitivité et Diversification Agricole (PCDA). L’irrigation sous pression—par aspersion (33 ha) et par goutte-à-goutte (136 ha)—reste très peu pratiquée. La totalité des superficies équipées pour l’irrigation en maîtrise totale est irriguée à partir d’eau superficielle, de même que les superficies en submersion plus ou moins contrôlée.

Par ailleurs, la culture de décrue non-équipée (ou submersion libre) croît également régulièrement depuis les années 1990. Elle concernait 109 000 ha en 1994, 150 270 ha en 2000, 195 000 ha en 2004 et 250 220 en 2009 (INSTAT, 2013) (Figure 2).


Rôle de l’irrigation dans la production, l’économie et la société

Le coût d’aménagement de grands périmètres avec maîtrise totale d’eau est actuellement estimé à 12 000-20 000 dollars EU/ha. Au contraire, le coût d’équipement relativement faible des autres moyens de contrôle de l’eau (900-2 000 dollars EU/ha), ainsi que l’insuffisance des ouvrages de régulation sur le fleuve, ont favorisé l’expansion de ce type d’aménagement sur les grandes plaines inondables, lacs et mares de la vallée du fleuve Niger.

Le riz est la culture irriguée la plus répandue au Mali, mais le blé et la canne à sucre bénéficient également de l’irrigation (Figure 3). Le riz est cultivé dans toutes les zones des offices (ORS, ORM, ON, OPIB, ODRS, OHVN) principalement pendant la saison humide et sur des superficies plus limitées pendant la contre-saison (ON et ODRS). Le blé est surtout cultivé à Tombouctou; l’essentiel de la production nationale provient de Diré et Goundam. Quant à la canne à sucre, elle est produite dans la zone de l’Office du Niger: périmètres de Dougabougou (1 750 ha) et de Séribala (4 050 ha).

Les rendements moyens du riz (toutes rizicultures confondues), sur la période de 1998 à 2010 ont évolué de 1 971 à 3 362 kg/ha. En effet, depuis 2001, ces rendements ont eu une tendance générale à l’augmentation, attribuable surtout à l’augmentation des superficies irriguées avec maîtrise de l’irrigation (notamment, à la faveur de l’ouverture de nouveaux casiers dans la zone Office du Niger et l’aménagement de nouveaux périmètres avec maîtrise totale de l’eau dans les autres zones du pays), à l’amélioration du taux d’équipement des exploitations, à la mise au point des semences de riz améliorées et à l’introduction des techniques culturales plus performantes. Sur les seuls aménagements en maîtrise totale, le rendement moyen est de 6,5 à 7,5 tonnes/ha.


La diversification des cultures est essentiellement réalisée pendant la contre-saison, avec surtout des cultures maraîchères, mais aussi quelques céréales (maïs) et tubercules (pomme de terre, patate douce, igname). La contre-saison est principalement réalisée sur l’Office du Niger (échalote), le plateau Dogon (région de Mopti, échalote, la région de Sikasso (légumes dans les bas-fonds), le bassin du Niger à Bamako dont le périmètre Baguinéda (tomates), et la haute vallée du Niger (horticulture sous irrigation manuelle et dans les bas-fonds).

Au cours de ces dernières années, les cultures irriguées ont joué un rôle déterminant dans la satisfaction des besoins alimentaires et la diversification de la production agricole. Actuellement, l’irrigation constitue la seule perspective de développement de l’agriculture et de réduction du déficit alimentaire qui affecte le Mali, particulièrement les zones du nord.

Par ailleurs, il faut aussi noter que 645 260 ha de terres ont été attribués par l’Office du Niger à quelques investisseurs privés étrangers—de Libye, de Chine et d’Afrique du Sud notamment. La majorité de ces attributions est située sur les systèmes hydrauliques du Macina, Méma, Kokéri et Karéri pour lesquels les réseaux de canaux adducteurs n’existent pas encore. Les projets d’aménagement de ces terres—projet sucrier SOSUMAR de Marbala, projet du canal Malibya, projet UEMOA, projet Millenium Challenge Account, etc. (Brondeau, 2011)—pourraient avoir d’importantes conséquences sur la disponibilité en eau pour la production irriguée vivrière et sur la sécurité alimentaire du pays.

Femmes et irrigation

Enfin, une étude réalisée sur la période 2000-2010 sur un échantillon de périmètres d’irrigation villageois au Mali a montré que seuls 6 pour cent des bénéficiaires étaient des femmes. Seuls sur des PIV exclusivement destinées aux femmes, elles participent à leur gestion. Cependant beaucoup travaillent sur les parcelles irriguées, en particulier les travaux de désherbage, de battage et de vannage pendant la récolte et de transformation du riz sont presque exclusivement féminins, de même que le maraîchage (Rocksloh-Papendieck, 2010).

     
   
   
             

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