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Niger

Irrigation et drainage

Évolution du développement de l’irrigation

Le potentiel des terres irrigable du Niger est estimé à 270 000 ha (Tableau 4) sur la base des ressources en eau et en sols exploitables (Tableau 5), soit 1.8 pour cent de la superficie cultivée. Le potentiel irrigable de la vallée du fleuve Niger est estimé à 142 450 ha dont 110 000 ha de terrasse et 32 450 ha de cuvette.






La construction des premiers aménagements hydro-agricoles au Niger date de la période coloniale avec le site de Koutoukalé en 1934 et celui de Say en 1945. Dès l’indépendance, l’Etat s’intéresse aux périmètres d’irrigation en les gérant jusque dans les années 1990 et en les développant avec plus de 51 périmètres construits entre 1964 et 1994 (CEIPI, 2011) dont une majorité destinés à la riziculture (zone de Niamey). Les autres étant destinés à la polyculture à partir des retenues collinaires dans la région de Tahoua. Trois facteurs ont contribué au développement rapide de l’irrigation: i) les sécheresses successives de 1972 à 1973, puis de 1983 à 1984 qui ont fait prendre conscience des lourds aléas qui pèsent sur les productions pluviales; ii) les rendements élevés obtenus rapidement en riziculture irriguée et en cultures maraîchères; iii) l’engagement de l’État, des organisations paysannes et de plusieurs bailleurs de fonds. Depuis leur gestion a été transférée aux coopératives et organisations paysannes.

Alors que ces aménagements hydro-agricoles s’étendaient sur moins de 6 000 ha à la fin des années 1970, les 66 périmètres avec maîtrise totale d’eau couvrent sur 13 744 ha fin 2011 (Tableau 6). Ils sont gérés par des coopératives avec l’appui de l’Office National des Aménagements Hydro Agricoles (ONAHA). Les 36 périmètres du bord du fleuve Niger (régions de Niamey et Tillabéry) sont rizicoles et alimentés en eau par des stations de pompages au moyen d’électropompes. Les 11 périmètres de la région de Tahoua et de l’Ader Doutchi Maggia sont pourvus en eau par des retenues collinaires au moyen de barrages réalisés sur les cours d’eau et sont destinés uniquement à la polyculture. Enfin les 19 restants associent la riziculture et la polyculture: dans la région de Maradi l’eau d’irrigation est prélevée dans la nappe souterraine par des électropompes; dans la région de Diffa, ils sont alimentés par pompage à partir de la Komadougou Yobé et de forages. Cependant, il faut noter que 10 périmètres ne sont plus fonctionnels, dont deux aménagements originalement fournis en eau par les deux barrages aujourd’hui ensablés (Ibohamani et Mouléla construits en 1967-68). Le calendrier cultural a permis d’estimer la superficie équipée en maîtrise totale réellement irriguées à 10 580 ha en 2011.



Les périmètres de contre-saison sont développés à partir 1984 en réponse à la sécheresse sévissant cette même année. Ce sont des périmètres de plus petite taille et à maîtrise partielle de l’eau, généralement collectifs destinés aux cultures maraichères de contre-saison, c’est-à-dire de saison sèche (d’octobre à mai) et utilisant principalement l’eau souterraine (puits, puisards et forages) ou les mares permanentes (MDA, 2005). La petite irrigation privée, quant à elle, est plus ancienne et issue d’initiative individuelle de subsistance (riz, maraîchage, arboriculture). Initialement elle utilisait principalement des techniques traditionnelles d’irrigation (arrosage manuel), mais le pompage à partir des années 1970 multiplie son potentiel. Elle est à maîtrise partielle (ou totale plus rarement), utilisant aussi bien les eaux superficielles que souterraines. Son développement récent est lié à l’appui de l’Etat et des organisations internationales, et en particulier un projet pilote de promotion de l’irrigation privée de la Banque mondiale initié en 1995. Aujourd’hui, la distinction entre «irrigation privée» et «périmètres de contre-saison» est moins aisée, du fait du morcellement en parcelles individuelles des périmètres de contre-saison où chaque exploitant adopte un système d’irrigation propre, évoluant ainsi vers l’irrigation privée. Les investissements en irrigation ces dernières années ont été orientés vers ce type d’irrigation privée.

L’ensemble de cette petite irrigation s’étend sur 86 150 ha en 2010, dont une large portion—68 150 ha—était initialement des périmètres de contre-saison. Sur ces superficies, 77 291 ha étaient réellement irriguées en 2010 (CIP-SDR, 2011). Les cultures cultivées et irriguées sur cette petite irrigation, aussi fréquemment nommées cultures ‘horticoles’ dans le pays, sont estimées à 80 630 ha (Tableau 7) pour la campagne 2010-2011, auxquels il faut ajouter près d’un million d’arbres fruitiers (MA, 2011). Le développement de l’irrigation s’est accéléré sur les 5 dernières années avec une augmentation moyenne annuelle de 6.3 pour cent, contre seulement 3.1 pour cent sur les 10 dernières années.



La source de l’eau d’irrigation était en 2005 de l’eau souterraine pour une large majorité des exploitations pratiquant l’irrigation—à partir de puits et puisards pour 64 pour cent des exploitations et de forages pour 5 pour cent d’entre elles—, de l’eau superficielle—pour 18 pour cent des exploitations—, et de l’eau du réseau d’adduction d’eau potable—pour 1 pour cent des exploitations (MDA-MRA, 2008). Il faut cependant noter que les aménagements hydro-agricoles en maîtrise totale sont principalement approvisionnés en eau superficielle (Figure 2).


Enfin, les techniques d’irrigation employées sur les exploitations irriguées sont essentiellement dominées par l’arrosage manuel (74 pour cent des exploitations) et l’irrigation de surface (21,4 pour cent des exploitations). Les techniques sous pression sont quasiment inexistantes: 2.3 pour cent des exploitations utilisent l’aspersion et 0.5 pour cent les gouttes à gouttes (MDA-MRA, 2008) uniquement en petite irrigation.

Par ailleurs, la culture de décrue non-équipée (ou submersion non-contrôlée) concerne 12 000 ha au maximum dont 10 000 ha sont mis en culture en crue moyenne (MDA, 2005).

Enfin, la superficie en collecte des eaux de ruissellement (conservation des eaux et des sols, défense et restauration des sols était estimée à 300 000 ha en 2005 de façon très approximative. Ces aménagements se sont généralisés au cours des deux dernières décennies, plus particulièrement dans les départements de Tahoua et de Tillabéry pour améliorer la disponibilité de l’eau (en pluvial) et l’amélioration des rendements de cultures (50 pour cent supérieurs à ceux notés au niveau des terres non aménagées) par la réduction des écoulements et l’amélioration de l’infiltration (MDA, 2005). En 2011, ils sont estimés à 588 000 ha en 2010 (CIP-SDR, 2011).

Rôles de l’irrigation dans la production agricole, l’économie et la société

Le coût d’aménagement de nouvelles terres avec maîtrise totale d’eau est actuellement estimé à 30 000 dollars EU/ha. Le coût de réhabilitation physique est quant à lui estimé à 8 000 dollars EU/ha. S’agissant des coûts d’exploitation, ils varient en fonction du système d’irrigation: de 30 dollars EU/ha en système gravitaire dans la région de Tahoua à 120-240 dollars EU/ha en irrigation de surface avec pompage de l’eau au bord du fleuve Niger. Au contraire, les coûts en petite irrigation sont bien plus réduits, avec un coût d’aménagement des périmètres de contre-saison estimé à 8 000 dollars EU/ha.

Les résultats agronomiques des périmètres à maîtrise totale de l’eau encadrés par l’ONAHA ont été relativement satisfaisants: les rendements moyens en paddy obtenus en 2011 sont supérieurs à 5 t/ha/campagne avec une intensité de culture proche de deux. Si en termes financiers la riziculture ne représente pas des revenus importants pour l’exploitant compte tenu de l’exiguïté des parcelles, et lui pose par ailleurs des problèmes de commercialisation, elle joue tout de même un rôle important en termes de sécurité alimentaire. Le riz représente en moyenne 57 pour cent du bilan vivrier au sein de l’exploitation globale (Figure 3).



Il est cependant difficile d’apprécier les performances agronomiques et économiques de la petite irrigation, compte tenu du caractère souvent informel de la production, de la transformation et de la commercialisation de ses produits.

Femmes et irrigation

Alors que les aménagements hydro-agricoles à maîtrise totale d’eau encadrés par l’ONAHA sont en grande majorité exploités par des hommes, les exploitations en petite irrigation sont dirigées à 19 pour cent par des femmes (MDA-MRA, 2008).

État et évolution des systèmes de drainage

Sur la presque totalité des aménagements hydro-agricoles réalisés sur le territoire national, le système du drainage des eaux d’irrigation en excès, s’effectue gravitairement pour l’essentiel, par l’intermédiaire de drains ou colatures à ciel ouvert. Le drainage des eaux dues à un excès d’irrigation, à des pluies diluviennes ou à la vidange complète des parcelles rizicoles en fin d’irrigation s’effectue au moyen de drains primaires à quaternaires. Le drainage des eaux de ruissellement provenant des bassins versants en amont des périmètres d’irrigation (appelées aussi eaux sauvages) s’effectue par l’intermédiaire d’une ou plusieurs colatures de ceinture ou fossés de garde.

Malgré l’existence de ces systèmes de drainage sur les périmètres équipés en maîtrise totale, aucune information concernant le volume d’eau drainée n’est disponible. Dans les périmètres de la vallée du fleuve Niger, cette eau de drainage est cependant réutilisée pour l’irrigation du riz en saison sèche. Au contraire, dans les périmètres de l’Ader-Doutchi-Maggia, les drains sont utilisés uniquement en saison des pluies pour évacuer les eaux sauvages.

     
   
   
             

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