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Mali

Source: FAO Déni de responsabilité

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Version 2005


Géographie, climat et population

Le Mali est un pays enclavé d’Afrique de l’Ouest couvrant une superficie d’environ 1.24 million de km2, dont 51 pour cent sont constitués de terres désertiques. Les superficies cultivées (terres arables et terres en cultures permanentes) occupent 4.7 millions d’ha, soit 4 pour cent du territoire (tableau 1). Il partage ses frontières avec sept autres pays: l’Algérie au nord, le Niger à l’est, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire au sud, la Guinée au sud-ouest, le Sénégal à l’ouest, et la Mauritanie à l’ouest et au nord-ouest. Les principaux types de sol rencontrés sont:

  • les sols faiblement ferrallitiques qui occupent près de 2 millions d’ha dans l’extrême sud du pays;
  • les sols ferrugineux tropicaux qui couvrent environ plus de 17 millions d’ha dans la zone soudanienne nord et la zone sahélienne sud; leur potentiel de fertilité est assez élevé;
  • les sols arides qui se rencontrent dans les mêmes zones soudanienne nord et sahélienne sud;
  • les sols peu évolués du climat très sec, caractérisés par leur état de dénudation, qui couvrent environ 43 millions d’ha où 35 pour cent du territoire national;
  • les sols hydromorphes et les vertisols caractérisés par l’excès d’eau lié à l’engorgement temporaire ou permanent d’une partie de leur profil; ils sont dominants dans les dépressions et cuvettes et surtout dans la zone deltaïque du Niger.

Le climat de type soudano-sahélien est caractérisé par des températures moyennes très élevées et par l’alternance d’une saison humide pluvieuse (juin à septembre) et d’une saison sèche d’une durée variant entre cinq et neuf mois (d’octobre-novembre à mai-juin). Les précipitations moyennes (280 mm/an) décroissent du sud vers le nord, ce qui permet de diviser le pays en quatre grandes zones agroclimatiques:

  • la zone soudano-guinéenne ou subhumide, couvrant 6 pour cent de la superficie totale du pays au sud, est caractérisée par une savane boisée et des forêts; les précipitations y dépassent 1 200 mm;
  • la zone soudanienne, s’étendant sur 17 pour cent du territoire national au centre, se caractérise par un couvert végétal plus ou moins dense et varié (savane soudanienne); les précipitations y varient de 600 à 1 200 mm;
  • la zone sahélienne, couvrant 26 pour cent du territoire dans le nord, a des précipitations de 200 à 600 mm; cette zone occupe l’essentiel du delta intérieur du Niger (qui constitue une zone agro-écologique séparée) avec de nombreuses zones inondées une partie de l’année et des zones d’agriculture pluviale;
  • la zone saharienne, couvrant 51 pour cent de la superficie totale du pays, s’étend sur toute la région la plus septentrionale, où les précipitations sont inférieures à 200 mm.

La population du Mali est de 13.4 millions d’habitants (2004). La densité de 11 habitants/km2 se caractérise par une grande hétérogénéité, notamment entre les régions du nord où la densité est inférieure à 2 habitants/km2 et les régions du centre et du sud où elle dépasse 25 habitants/km2. Le taux de croissance démographique était estimé à 2.4 pour cent en 2002. Quarante-huit pour cent de la population ont accès à l’eau potable, soit 35 pour cent en milieu rural et 76 pour cent en milieu urbain. L’alphabétisation concernait 24.2 pour cent des adultes en 1998 (et seulement 14.7 pour cent des femmes) et 26 pour cent en 2002, alors que le taux net de scolarisation en primaire atteignait 39 pour cent entre 1996 et 2002. En 1996 le taux de chômage était de 9.5 pour cent en milieu urbain contre moins de 1.5 pour cent en milieu rural; 63.8 pour cent de la population vivent en situation de pauvreté et 21 pour cent d’extrême pauvreté; ces chiffres concernent en particulier le milieu rural. L’espérance de vie à la naissance s’élevait à 49 ans en 2002 et la prévalence du VIH/SIDA touchait 1.7 pour cent des adultes de 15-49 ans à la fin de 2001.

Économie, agriculture et sécurité alimentaire

Le PIB en 2003 s’élevait à 4 300 millions de dollars EU et l’indice de développement humain à 0.326, ce qui classe le Mali au 174e rang sur un total de 177 pays. L’économie malienne est fortement tributaire du secteur agropastoral qui contribue pour 36.3 pour cent au PIB, occupe 79 pour cent de la population active et fournit 75 pour cent des recettes d’exportation du pays.

La production alimentaire a augmenté au cours des 10 dernières années. La production totale de céréales est passée de 2.1 millions de tonnes en 1989/1990 à 2.9 millions de tonnes en 1999/2000. Le riz a spécialement connu un fort accroissement, passant de 0.3 million de tonnes de paddy en 1989/1990 à 0.7 million de tonnes en 1999/2000. Sa part dans la production totale de céréales est passée du sixième au quart pendant la même période et la consommation de riz est allée de 34 kg/personne par an en 1988/89 à 44 kg/personne par an en 1998/99. Les besoins en céréales sèches (mils, sorgho, maïs) sont estimés à 203 kg/personne par an.

Ressources en eau et utilisation de l’eau

Ressources en eau

Environ 47 pour cent de la superficie totale du Mali se trouvent dans le bassin versant du fleuve Niger et 11 pour cent dans le bassin versant du fleuve Sénégal; 41 pour cent de la superficie du pays font partie du bassin intérieur du désert de Sahara, et seulement 1pour cent se trouve dans le bassin versant du fleuve Volta. Les fleuves Sénégal et Niger et leurs affluents fournissent l’essentiel des ressources en eau de surface pérennes dont l’écoulement moyen est estimé à 50 km3/an. Le fleuve Niger est l’un des plus grands fleuves d’Afrique avec une longueur de 4 200 km, dont 1 700 km se trouvent au Mali. Les volumes écoulés par le Niger et son affluent le Bani à l’intérieur du Mali sont de l’ordre de 35 km3 dont un bon tiers est perdu par évaporation dans le delta central et la zone lacustre. Le fleuve Sénégal est constitué principalement par le Bafing, le Bakoye et la Falémé. Les ressources en eau souterraine renouvelables sont estimées à 20 km3/an. La partie commune entre l’eau de surface et l’eau souterraine est évaluée à 10 km3/an, ce qui donne un total des ressources en eau renouvelables annuelles de 60 km3. Environ 40 km3/an d’eau de surface entrent dans le pays, principalement en provenance de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, ce qui porte le total à 100 km3/an de ressources en eau renouvelables.

Les grands ouvrages de régulation existant sur les fleuves Sénégal et Niger et leurs affluents sont:

  • le barrage de Sélingué sur le Sankarani (affluent du fleuve Niger), avec une capacité de 2.17 km3 qui permet de produire de l’énergie et de soutenir le débit d’étiage du fleuve à un minimum de 75m3/s au niveau de Markala;
  • le barrage de Sotuba sur le Niger qui alimente une petite centrale hydroélectrique et le canal de Baguineda pour environ 3 000 ha d’irrigation;
  • le barrage de Markala sur le Niger, avec une capacité d’environ 0.18 km3, qui relève le niveau du fleuve et permet l’alimentation des canaux de l’Office du Niger par dérivation;
  • le barrage de Manantali sur le Bafing, qui contrôle les débits du fleuve Sénégal; sa capacité est d’environ 11.27 km3 et l’eau ainsi stockée est partagée entre le Sénégal, la Mauritanie et le Mali.

Des zones humides et des réserves naturelles importantes existent dans les bassins des deux fleuves, notamment le delta central du Niger (30 000 km2). À partir de Ségou et particulièrement dans le delta intérieur du Niger, les ondes de crues hivernales se manifestent par d’importants débordements d’eau dans les plaines inondables, ce qui permet de remplir les casiers de submersion contrôlée, les lacs et les mares pour les cultures de décrue et les pâturages, et d’améliorer la reproduction halieutique dans les frayères.

Utilisation de l’eau

Les consommations actuelles du secteur de l’irrigation sont de l’ordre de 5.9 km3/an, soit 90 pour cent du prélèvement total, et proviennent en quasi-totalité des ressources en eau de surface et presque entièrement sur une période de six mois (du 1er juin au 31 décembre) (tableau 2 et figure 1). L’irrigation des cultures hivernales ne pose généralement pas de problème compte tenu des débits relativement importants des cours d’eau pendant cette période. En revanche, les consommations de contre-saison, bien que faibles, surviennent à une période où les débits des fleuves et les niveaux dans les barrages de retenue sont bas.

En termes de contraintes, on note pour les eaux souterraines:

  • l’irrégularité du régime pluviométrique et hydrologique et, dès lors, du débit des fleuves et rivières, ainsi que de la recharge annuelle des nappes;
  • les difficultés de localisation des aquifères par rapport aux sites d’utilisation (le taux d’échec atteint parfois 30 pour cent) et les faibles débits unitaires (moins de 5 m3/h pour la plupart des forages);
  • le coût de l’exhaure et des ouvrages de retenue d’eau de surface qui est très élevé et l’exploitation coûteuse des eaux souterraines.

Compte tenu de ces facteurs, à ce jour, une quantité insignifiante des ressources en eau souterraine est utilisée pour l’irrigation. Les eaux souterraines servent surtout de source d’eau potable. En 2000, le prélèvement en eau pour les usages domestiques était estimé à 590 millions de m3/an (9 pour cent du total), tandis que l’industrie absorbait environ 56 million m3/an (1 pour cent) (tableau 2).

Eaux internationales: enjeux

Le Mali participe aux activités de l’Autorité du bassin du fleuve Niger (ABN) pour la gestion des ressources communes du Niger.

L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui regroupe le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, gère les eaux du bassin du Sénégal pour la production d’électricité, l’agriculture, la navigation et le maintien de l’écosystème. Dans le cadre des accords OMVS, la gestion du réservoir de Manantali garantit un débit d’étiage minimum de 200 m3/s à Bakel, à la frontière entre le Mali et le Sénégal.

Enfin le pays est aussi inclus dans le bassin de la Volta. Le Comité technique du bassin de la Volta (CBTC), qui regroupe les six États se partageant le bassin, s’est réuni pour la première fois en mars 2005 et doit œuvrer à la mise en place d’un organisme de bassin pour la Volta.

Développement de l’irrigation et du drainage

Évolution du développement de l’irrigation

Le potentiel des terres aptes à la culture irriguée est de 2 200 000 ha, dont environ 566 000 ha sont irrigués à partir des ressources en eau de surface pérennes. Sur cette superficie totale, 295 791 ha bénéficient actuellement d’un contrôle de l’eau, bien que 60 000 ha environ soient plus ou moins abandonnés du fait de la baisse des crues du fleuve (cas des aménagements de maîtrise partielle), de problèmes techniques (dus au mauvais entretien des aménagements, par exemple) et surtout de certaines contraintes institutionnelles (manque de crédit agricole, problèmes fonciers, non-appropriation des infrastructures d’irrigation et de leur gestion par les bénéficiaires). Sur les trois grands types d’irrigation en maîtrise totale/partielle (irrigation de surface, aspersion et goutte-à-goutte), seule l’irrigation de surface est réellement pratiquée au Mali (tableau 3).

Sur les 295 791 ha, 97 499 ha sont en maîtrise totale (figure 2). Près de 63 pour cent (61 000 ha) sont constitués de périmètres moyens et grands dans la zone de l’Office du Niger (ON), dont 56 000 ha sont cultivés annuellement en riz et 5 000 ha occupés par la culture de la canne à sucre (le seul périmètre sucrier du Mali) (tableau 3). L’ON représente à lui seul 45 pour cent de la production nationale de riz. Son système hydraulique est alimenté gravitairement à partir du barrage de Markala par rehaussement du plan d’eau du Niger et par dérivation d’un débit de 120 m3/s.

Les autres aménagements en maîtrise totale sont (figure 3):

  • 11 431 ha de grands périmètres (GP > 1 000 ha), incluant entre autres les périmètres suivants: 2 600 ha de GP à Baguineda et 1 350 ha de GP pour le périmètre en aval du barrage de Sélingué;
  • 2 000 ha de moyens périmètres (MP: 100 - 1 000 ha) à Farabana, Goubo, Hamadja, Daye, Koriomé;
  • 23 068 ha de petits périmètres irrigués villageois (PPIV) et privés (PPIP) (< 100 ha), notamment le long du fleuve Niger de Bamako à Gao et le long du fleuve Sénégal.

Pendant la saison hivernale la quasi-totalité de ces superficies sont cultivées en riz, mais en contre- saison, environ 10 pour cent d’entre elles sont occupés par des cultures maraîchères (figure 4).

Les autres superficies avec contrôle partiel de l’eau, s’élevant à 198 292 ha, comprennent la submersion plus ou moins contrôlée, la culture de décrue, l’aménagement des bas-fonds et la maîtrise des eaux de ruissellement des plaines sur les bassins versants (tableau 4). La submersion, elle aussi, plus ou moins contrôlée, pratiquée à grande échelle dans les régions de Ségou, Mopti, et Tombouctou, concerne une superficie de 110 723 ha. Les rendements moyens de riz obtenus sont de l’ordre de 1 tonne/ha. La culture de décrue non équipée qui occupe environ 60 000 ha est pratiquée dans les lacs et mares de la région de Tombouctou. Les rendements très modestes du riz ne dépassent guère 0.8 tonne/ha en moyenne. Les bas-fonds, principalement cultivés en riz de variété pluviale ou semi-pluviale, sont localisés dans la partie sud du pays, où la pluviométrie est relativement importante (plus de 800 mm). Un total de 27 569 ha de bas-fonds ont été aménagés dont 643 ha consistent en petits barrages en maçonnerie sur grès affleurant (tableau 4).

Rôle de l’irrigation dans la production, l’économie et la société

Les évaluations récentes font état d’un coût d’équipement très élevé pour les moyens périmètres en maîtrise totale (9 000-13 000 dollars EU/ha), imputable en particulier à la digue de protection des périmètres contre la crue du fleuve.

Le coût d’équipement relativement faible des autres moyens de contrôle de l’eau (900-2 000 dollars EU/ha), ainsi que l’insuffisance des ouvrages de régulation sur le fleuve, ont favorisé l’expansion de ce type d’aménagement sur les grandes plaines inondables, lacs et mares de la vallée du fleuve Niger. La submersion contrôlée et les cultures de décrue, bien que considérées comme une amélioration substantielle par rapport à la submersion naturelle, et souvent la meilleure solution technique pour le développement de certaines zones (zones lacustres), apparaissent peu performantes du fait des faibles rendements, moins de 1 tonne/ha pour le riz, à cause, entre autres, de l’appauvrissement rapide des sols, de l’envahissement des casiers par les adventices et de l’irrégularité des crues et des pluies. De même, dans les bas-fonds, les rendements du riz sont limités à quelque 2.5 tonne/ha, à cause notamment de problèmes d’accès aux facteurs de production.

Les superficies exploitées ont enregistré une baisse notable pour les raisons suivantes:

  • abandon de certains casiers de submersion contrôlée et de cultures de décrue, imputable aux aléas climatiques (faiblesse des crues), à la baisse de fertilité des sols et à l’envahissement des casiers par les herbes sauvages notamment dans la zone de l’Office Riz Mopti (ORM): sur les 38 000 ha existants à l’ORM, 15 000 ha en moyenne ont été exploités chaque année;
  • dégradation progressive des réseaux d’irrigation sur les aménagements à maîtrise totale, notamment sur les PIV en l’absence d’entretien courant;
  • difficultés d’accès aux crédits agricoles pour assurer une mise en valeur continue des périmètres;
  • insécurité foncière;
  • incertitude du marché pour les produits agricoles, notamment les cultures maraîchères.

Gestion de l’eau, politiques et dispositions législatives régissant l’utilisation d’eau en agriculture

Institutions

Les institutions publiques intervenant dans le développement de l’irrigation sont:

  • Les ministères chargés de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche avec:
    • la Direction nationale de l’aménagement et de l’équipement rural (DNAER), chargée notamment de l’élaboration des politiques et stratégies, et de la conception et de la supervision des études et travaux des grands projets et programmes d’équipement rural et d’aménagements hydro-agricoles, pastoraux et halieutiques sur l’ensemble du territoire;
    • la Direction nationale de l’appui au monde rural (DNAMR) chargée de l’appui-conseil dans les domaines de la vulgarisation, de la protection des végétaux, etc.
    • l’Institut d’économie rurale (IER), chargé des études économiques et de la recherche agronomique;
    • les Offices de développement rural, chargés du développement de l’irrigation dans les différentes zones du pays.
  • le Ministère des mines, de l’énergie et de l’hydraulique, assurant la tutelle de la Direction nationale de l’hydraulique et de l’énergie (DNHE), qui intervient dans l’inventaire et la gestion des ressources en eau, et de sa Division hydrologie et aménagement des bassins fluviaux.
  • Le Ministère de l’environnement, assurant la tutelle de la Direction nationale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN) et de la Direction nationale de la conservation de la nature (DNCN), qui interviennent dans le domaine de l’environnement.

En 2002 a été créée l’Agence du bassin du fleuve Niger au Mali; elle a pour mission la sauvegarde du fleuve Niger, de ses affluents et de ses bassins versants au sein du Mali, ainsi que la gestion intégrée de ses ressources. De plus a été créé le Comité du bassin du Niger, organe consultatif et de coordination.

L’ON est l’un des plus grands aménagements de la sous-région et gère l’irrigation sur les casiers irrigués grâce à l’eau du Niger. Des organisations non gouvernementales (ONG) interviennent directement sur le terrain et généralement dans le cadre de la petite irrigation et de l’aménagement du territoire villageois.

Politique et dispositions législatives

Le code domanial et foncier englobe les eaux souterraines et les eaux de surface dans le domaine public de l’État. Il reconnaît, par ailleurs, les droits d’utilisation traditionnelle et les droits d’usage sur les domaines fonciers publics ou privés de l’Etat, et il est estimé, par extension, que cette reconnaissance concerne aussi l’usage de l'eau.

Le Code de l’eau, élaboré en 1986 et remanié en 1989 par les administrations concernées, a été adopté et constitue la loi Nº 90-17-AN-RM du 27-01-1990 fixant le régime des eaux du Mali. Le 5 décembre 2001, une loi portant amendement de ce code a été voté. Enfin la loi Nº 02-006 du 31-01-2002 jette les bases d’une novelle réglementation du secteur de l’eau et légitime les structures chargées de la gestion des ressources en eau. Il consacre le principe de la domanialité publique de l’eau, et précise les modalités de gestion et de protection des ressources en eau en déterminant les droits et les obligations de l’État, des collectivités territoriales et des usagers. En outre, il préconise la mise en place d’un fonds de développement du service public de l’eau et crée un Conseil national des conseils régionaux et locaux et des comités de bassin chargés d’émettre des avis et de faire des propositions concernant la gestion des ressources en eau et les projets d’aménagement.

De plus, pour marquer sa volonté de donner une impulsion vigoureuse au secteur de l’irrigation, le gouvernement a adopté en 1999 une Stratégie nationale de développement de l’irrigation (SNDI) qui se fixe comme objectif final un rythme d’aménagement des superficies irriguées de 9 000 ha/an. Cette stratégie est basée fondamentalement sur le principe d’une participation plus responsable des bénéficiaires à la définition, la réalisation et la gestion des projets d’irrigation.

Environnement et santé

Les pollutions dues aux engrais et pesticides pourront, à l’avenir, acquérir une ampleur importante surtout dans la zone de l’ON. Des problèmes d’infestation par les végétaux aquatiques se posent dans la haute vallée du fleuve Niger. L’état de dégradation des zones humides s’explique par l’absence d’un plan de gestion et de mesures adéquates de conservation. Enfin, l’apparition de la bilharziose autour des réservoirs des barrages constitue le principal problème sanitaire.

Perspectives pour la gestion de l’eau en agriculture

Le schéma directeur de l’ON, à l’étude, définira le potentiel irrigable de ce géant agro-industriel, compte tenu de l’évolution enregistrée depuis 1950 (changement de régime du fleuve, abandon de la pluviométrie, etc.). L’ON, avec ses 61 000 ha de terre irriguées, est pourtant jugé modeste, vu les immenses étendues de terres irrigables estimées à 900 000 ha en 1932, 450 000 ha en 1945 et ramenées à 300 000 ha en 1950. Sur les 2.2 millions d’ha de terres aptes à la culture irriguée identifiés en 1982, les options et politiques d’irrigation actuelles prévoient de n’aménager que 566 500 ha, ce qui correspond à un potentiel facilement et économiquement réalisable (tableau 5). C’est sur cette base que la « Vision nationale de l’eau à l’horizon 2025 » du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) pour une agriculture durable a prévu la mise en valeur de la totalité de cette surface de 560 000 ha d’ici à l’an 2025.

Dans le cadre du plan d’action sous-régional de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), le gouvernement malien a mis en place au niveau national un mécanisme institutionnel de définition et de mise en œuvre de la GIRE. Elle se fera par le biais des comités locaux et des agences de gestion des bassins et biefs fluviaux, avec une forte participation des populations. Une fois ce mécanisme opérationnel, tous les projets d’utilisation de l’eau seront soumis aux règles de la GIRE. La disponibilité d’eau pour l’irrigation malienne dépendra, dans une large mesure, des barrages envisagés à l’avenir sur le Niger (Mali et Guinée).

Principales sources d'information

Cheick Bougadary Bathily. 1991. Schéma directeur de la mise en valeur des ressources en eau au Mali - Volets hydraulique agricole et cultures irriguées. Rapport préparé pour le projet MLI/89/003. Décembre 1991.

CILSS. 2000. Vision nationale de l’eau à l’horizon 2025 pour une agriculture durable.

DNHE. 2002. Étude diagnostique du secteur de l’eau au Mali.

DNHE. 2002. Résumé relatif au progrès réalisé au Mali suite à la conférence ministérielle du second Forum mondial de l’eau (La Haye, 2002).

Mission de décentralisation - Primature. Esquisse du schéma national et de schémas régionaux d’aménagement et de développement, Vol. 2.

FAO. 1990. Le sous-secteur des cultures irriguées - stratégies possibles d’intervention. Centre d’investissement. Rapport N° 143190 CP-MLI 30 WP.

FAO. 1992. Mali: Aperçu sur le sous-secteur irrigué. Centre d’investissement. Rapport N° 84192 CP-MLI 36 SR.

FAO, IPTRID. 2002. Impact de la modernisation des systèmes irrigués - Étude de cas du retail à l’Office du Niger, Mali.

FMI. 2003. Mali - Poverty reduction strategy paper.

GERSAR, PNUD. 1982. Options et investissements prioritaires dans le domaine de l’irrigation au Mali.

CPS. 2001. Recueil des statistiques du secteur rural.

MDR. 2000. Stratégie nationale de développement de l’irrigation.

Ministère de l’agriculture. 2004. Stratégies d’investissement, de planification et de mise en œuvre de projets d’aménagement dans le sous-secteur de l’irrigation au Mali. Préparé par Manda Sadio Keita.

Office du Niger, SOGREAH, BCEOM, BETICO. 2000. Étude du schéma directeur de l’Office du Niger - Rapport pédologie, rapport institutionnel, rapport hydraulique.

PNUD, UNDTCD. 1990. Schéma directeur de la mise en valeur des ressources en eau du Mali. Projet MLI/84/005.

UNDAF. 1998. Mali- Plan- cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement 1998-2002.

(Monographie telle que publiée dans le Rapport sur l'eau 29, 2005)

     
   
   
       
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