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Rwanda

Source: FAO Déni di responsabilité

Cliquez ici pour une carte plus détaillée.


Version 2005


Géographie, climat et population

La République du Rwanda se situe dans la région des grands lacs d’Afrique centrale. Son territoire enclavé s’étend sur une superficie de 26 340 km2. Le pays partage ses frontières avec l’Ouganda au nord, la Tanzanie à l’est, le Burundi au sud et la République démocratique du Congo (RDC) à l’ouest. D’une altitude moyenne de 1 250 m, et avec une inclinaison générale orientée d’ouest en est, le relief s’élève progressivement des plateaux du sud-est vers le nord et l’ouest où il culmine en une chaîne de montagnes appelée «Crête Congo-Nil», variant de 2 200 m à 3 000 m, et en une chaîne de volcans (4 507 m). Ce relief est fait d’une multitude de collines et de hautes montagnes abruptes sujettes à une forte érosion. Tandis que la superficie cultivable est estimée à environ 1.5 million d’hectares, en 2002 les terres cultivées couvraient déjà 1 385 000 ha, ce qui représente plus de la moitié de la superficie totale du pays et 92 pour cent de la superficie cultivable. La couverture forestière nationale était estimée à 527 653 ha en 2004, soit 20 pour cent de la superficie totale. Selon des estimations récentes, la moitié du pays souffre d’érosion modérée à sévère. De plus, deux tiers des terres cultivées se caractérisent par leur acidité et leur épuisement, tout en étant exploitées car le manque de terres ne permet pas la jachère.

En dépit de la proximité de l’équateur, grâce à l’altitude, le climat est tropical tempéré. Le Rwanda a un rythme thermique pratiquement constant au cours de l’année et une pluviométrie moyenne annuelle de 1 200 mm, variant de 800 à 2 000 mm selon les régions. Le pays peut se diviser en trois zones agroclimatiques: i) région de haute altitude, ii) plateau central, et iii) plateau de l’est et basses terres de l’ouest (tableau 1).

Le pays connaît quatre saisons:

  • Petite saison des pluies: mi-septembre - fin décembre (avec 30 pour cent de la pluie annuelle);
  • Petite saison sèche: janvier - février (avec 22 pour cent de la pluie annuelle);
  • Grande saison des pluies: mars - mai (avec 48 pour cent de la pluie annuelle);
  • Grande saison sèche: juin - mi-septembre.

La population était estimée en 2004 à presque 8.5 millions d’habitants dont 80 pour cent de ruraux (tableau 2). Sa croissance annuelle était de 2.5 pour cent sur la période 1997-2003. La densité, 322 habitants/km2, est l’une des plus importantes d’Afrique et plus de 60 pour cent de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2002. L’eau potable était accessible pour 73 pour cent de la population en 2002 (92 pour cent en milieu urbain et 69 pour cent en milieu rural). La prévalence du VIH/SIDA parmi la population âgée de 15 à 49 ans était de 5.1 pour cent à la fin de 2003.

Économie, agriculture et sécurité alimentaire

Le secteur agricole occupe une place prépondérante dans l’économie rwandaise, qui a bien récupéré depuis les évènements de 1994 (assassinat du Président de la République et massacres interethniques qui s’ensuivirent). Il est la principale source de devises du pays et des moyens de subsistance de la population et emploie 90 pour cent de la population active totale. Il contribuait en 2004 pour 44 pour cent au PIB et apporte plus de 80 pour cent des recettes totales d’exploitation. Les exportations sont constituées surtout par le thé et le café, respectivement 38 pour cent et 26 pour cent en 2002. Les évènements de 1994 ont gravement accentué le déficit alimentaire déjà observé depuis le milieu des années 1980, rendant obligatoire le recours aux importations commerciales et à une aide alimentaire directe importante. La production agricole vivrière est principalement destinée à l’autoconsommation et, malgré son accroissement, elle ne couvre pas les besoins alimentaires et nutritionnels. Alors que la production alimentaire est revenue à la normale dans la majeure partie des provinces, la production des cultures d’exportation est encore faible, particulièrement celle du café (la moitié de celle du début des années 1980).

Les systèmes de production sont centrés sur les cultures vivrières d’autoconsommation. Ce sont de petites exploitations familiales d’une superficie moyenne cultivée de l’ordre de 0.9 ha avec cinq ou six membres. L’agriculture est presque exclusivement pluviale et se pratique surtout sur colline. Les cultures principales sont: i) en basse et moyenne altitude, la banane, le haricot, le sorgho, le manioc et la patate douce et ii) en haute altitude, le haricot, le maïs, la patate douce et la pomme de terre. Les systèmes de culture sont complexes avec des plantes cultivées en association et réparties en deux cycles par année (septembre - janvier et janvier - juin). L’élevage fait partie de tous les systèmes où il joue un rôle économique et dans la gestion de la fertilité des sols. L’emploi des engrais minéraux, de la chaux et des autres ingrédients fertilisants est très limité. En revanche, l’utilisation du fumier est désormais une pratique courante, contrairement à la jachère rendue impossible par la faible disponibilité des terres.

Les principales contraintes au développement de l’agriculture sont la forte pression humaine conjuguée au manque de terre, d’où un déboisement marqué et une augmentation des terres marginales en culture très susceptibles à l’érosion, ainsi qu’une dégradation des ressources hydriques.

Ressources en eau et utilisation de l’eau

Ressources en eau

Le réseau hydrographique est abondant et dense. On distingue deux grands bassins hydrographiques, la ligne de partage des eaux étant la «Crête Congo-Nil»:

  • le bassin du haut Nil qui occupe 76 pour cent du pays, draine 90 pour cent des eaux nationales à travers la Nyabarongo et l’Akagera, principal affluent du lac Victoria, qui est la source du Nil Blanc. Le bassin d’Akagera contribue pour 10 pour cent aux eaux du Nil;
  • le bassin du Congo-Nil qui occupe 24 pour cent du pays et draine 10 pour cent des eaux du pays depuis le bassin du lac Kivu jusqu’au lac Tanganyika.

Les eaux occupent environ 8 pour cent du territoire, soit 211 000 ha. Les lacs couvrent 128 190 ha, dont plus de 80 pour cent pour la partie rwandaise du lac Kivu, alors que les rivières intéressent 7 260 ha et les marais et les bas-fonds inondés 77 000 ha. La plupart des lacs et des rivières sont alimentés par les marais. Il faut noter que les eaux superficielles des lacs et des cours d’eau du Rwanda sont en général chargées d’alluvions et de sédiments suite à l’érosion.

La superficie totale des marais dans le pays est estimée à environ 165 000 ha, dont 53 000 ha pour le réseau primaire, constitué par les grands marais qui longent les principaux cours d’eau (Mwogo, Nyabarongo, Akanyaru, Akagera) et 112 000 ha pour les réseaux hydrographiques inférieurs, constitués par les petits et moyens marais et bas-fonds. Mis à part le Parc de l’Akagera, aucun des marais n’est protégé, néanmoins cinq marais ont été décrits comme étant d’une importance cruciale pour la protection de la biodiversité dans le cadre de la Convention de Ramsar visant la protection des zones humides.

Les eaux souterraines restent, quant à elles, un domaine encore inexploré, hormis quelques forages réalisés par certains projets et un nombre limité d’environ 22 000 sources inventoriées dans le pays jusqu’à présent. Mais l’érosion très importante des bassins versants ne favorise pas une recharge normale de la nappe phréatique.

Utilisation de l’eau

En 2000, les prélèvements en eau étaient estimés à 150 millions m3/an. L’agriculture, principal secteur consommateur, en utilise 68 pour cent, le secteur domestique 24 pour cent et l’industrie 8 pour cent seulement (tableau 3 et figure 1).

Eaux internationales: enjeux

Le Rwanda participe aux initiatives visant le développement régional des cours d’eaux internationaux qui le traversent:

  • l’Initiative du bassin du Nil (Nile Basin Initiative, NBI), avec les autres pays arrosés par le Nil;
  • l’Organisation pour l’aménagement et le développement du fleuve Kagera (OBK) depuis les années 1970. Elle a pour objectif d’assurer un meilleur usage des ressources communes au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda. Le fleuve Kagera forme la frontière entre le Rwanda et la Tanzanie, puis poursuit son chemin jusqu’au lac Victoria;
  • sur la rivière Ruzizi, deux barrages ont déjà été aménagés pour fournir de l’énergie au Rwanda, au Burundi et à la République démocratique du Congo sous forme de réseau interconnecté. L’aménagement d’un troisième barrage Ruzizi III, qui intéresse les pays de la Communauté économique des pays des grands lacs (CEPGL), est à l’étude.

Le pays est aussi inclus dans le bassin du fleuve Congo (Zaïre) pour lequel il n’existe pas d’organisme de bassin.

Développement de l’irrigation et du drainage

Évolution du développement de l’irrigation

Le Rwanda possède 165 000 ha de marais: 94 000 ha sont exploités par des méthodes traditionnelles alors que 5 000 ha sont aménagés moyennant des infrastructures de maîtrise de l’eau. Le chiffre de 94 000 ha paraît inférieur au chiffre réel étant donné que la plupart des marais ne sont pas gérés officiellement et n’apparaissent donc pas dans les statistiques officielles; en outre, le retour des anciens réfugiés, notamment dans la région de l’Akagera à l’est du pays, a probablement augmenté de façon considérable les superficies cultivées. De fait, l’existence de marais encore à l’état naturel (ou presque) indique la difficulté des paysans à les aménager ou à maîtriser l’eau, d’une part, parce qu’ils sont totalement inondés et, de l’autre, parce que le coût d’installation des systèmes de drainage (motopompes, etc.) serait excessif. Le drainage est l’opération clé qui permet de cultiver le marais en saison des pluies, alors que l’irrigation n’est qu’un supplément qui n’est nécessaire que durant les trois mois de la saison sèche, sauf en cas de déficit pluviométrique. Parmi ces 94 000 ha, 15 000 ha appartiennent au réseau primaire et 79 000 ha aux réseaux secondaires. Sur les 5 000 ha aménagés, 4 000 ha devraient être réhabilités. La superficie aménagée en maîtrise totale pour la riziculture s’élève à 3 500 ha (tableau 4).

Rôle de l’irrigation dans la production agricole, l’économie et la société

Les coûts d’aménagement concernent:

  • la maîtrise totale de l’eau pour de petits marais et bas-fonds: 3 500 dollars EU/ha;
  • la maîtrise totale de l’eau pour de grands marais: 8 000 dollars EU/ ha.

L’irrigation par gravité sans retenue d’eau permet une récolte de riz par an en alternance avec des cultures vivrières et maraîchères. Dans ces conditions, l’intensité culturale, très élevée, est proche de trois. La quantité d’eau disponible est en général insuffisante pour entreprendre une deuxième culture de riz entre-temps. Grâce à l’irrigation par gravité avec retenue d’eau, on peut faire deux récoltes de riz par an, séparées par une saison sèche durant laquelle polyculture et maraîchage peuvent être pratiqués avec des plantes à cycle court. Ce modèle à haute intensité culturale exige que les agriculteurs soient mieux organisés afin d’éviter les retards dans le semis ou le repiquage du riz. L’investissement est plus coûteux puisqu’il prévoit la construction d’une digue et les manœuvres d’irrigation sont aussi plus délicates.

Gestion de l’eau, politique et dispositions législatives régissant l’utilisation d’eau en agriculture

Institutions

Les institutions actives en matière de gestion des ressources en eau et en terres sont:

  • le Ministère de l’agriculture et des ressources animales (MINAGRI), par le biais de l’Unité du génie rural et de la conservation des sols, qui s’occupe de l’aménagement et de la conservation des sols moyennant le terrassement, le drainage et l’irrigation. Le MINAGRI est responsable de l’utilisation rationnelle des potentialités hydriques à des fins agricoles;
  • le Ministère des terres, de l’environnement, des forêts, de l’eau et des ressources naturelles (MINITERE), par l’entremise de sa Direction de l’eau et de l’assainissement chargée de l’hydraulique rurale, de la gestion des ressources en eau et de l’assainissement. Elle a pour attributions principales: i) la définition, l’actualisation permanente et la mise en application de la politique nationale en matière d’eau et d’assainissement; ii) l’élaboration des stratégies d’approvisionnement en eau potable; iii) le contrôle de la qualité de l’eau; iv) la sensibilisation de la population aux problèmes de transport, de traitement et de conservation de l’eau à domicile;
  • l’Electrogaz, entreprise auparavant publique, créée en 1976 (Décret-loi nº 118/76), est responsable de la production et distribution d’électricité et d’eau en milieu urbain, mais elle fonctionne à perte et n’arrive pas à satisfaire les besoins de la population, notamment du fait de déficits techniques élevés (40 pour cent sur le réseau de distribution de Kigali). Le monopole de cet établissement a été levé par la loi Nº 18 / 99 du 30/ août / 1999;
  • les districts, qui sont propriétaires des adductions rurales sur le plan juridique et institutionnel (Arrêté Présidentiel n°291/11 du 15 mai 1987). Cette responsabilité est renforcée par la nouvelle politique de décentralisation qui donne aux communautés locales le droit d’en déléguer la gestion aux régies associatives ou aux opérateurs privés.

Gestion de l’eau

Dans les projets d’aménagement de marais, la redistribution des parcelles se fait de façon égalitaire, sans tenir compte de la situation antérieure. Avant l’aménagement, les parcelles individuelles étaient planifiées en fonction de la nature du terrain ou de la qualité du sol et de l’accès à l’eau. Ce partage complexe, décidé en accord avec les différents membres de l’association, était fait dans un souci d’équité et reposait sur la bonne connaissance du terrain. Avec l’aménagement, les exploitants redoutent les nouvelles assignations de parcelles décidées à leur insu et sans connaissance des réalités locales. L’aménagement et l’attribution des terres des marais relèvent normalement des districts, alors que l’entretien des marais aménagés comportant des travaux collectifs, tels que la réhabilitation des réseaux d’irrigation et de drainage, est sous la responsabilité des associations. Un entretien individuel (curage des irrigateurs, réfection des diguettes, nivellement) devrait être effectué après chaque campagne agricole. Cependant, cet entretien est très insuffisant en raison de l’absence d’encadrement technique adéquat et de l’insuffisance de motivation des agriculteurs. Du côté des techniciens, le manque de spécialistes d’irrigation rend le problème encore plus aigu, faute de personnel pouvant expliquer aux usagers le fonctionnement de l’irrigation.

À la différence du marais traditionnel où l’exploitation est individuelle et où chaque exploitant pratique les cultures de son choix, dans les marais aménagés les associations prédominent et deux modes de mise en valeur sont pratiqués dans les lots attribués à chaque groupe: individuelle et collective. La mise en valeur individuelle est la plus répandue tandis que, dans la mise en valeur collective, les membres du groupe partagent les dépenses et les bénéfices. Les marais aménagés par les services de l’État et par les projets sont généralement plus importants. Ils peuvent être exploités en monoculture (riz) pendant une campagne et partiellement pendant la seconde ou en polyculture. Dans un marais où se pratiquent plusieurs cultures, c’est l’agronome qui, au moment de chaque campagne, choisit le type de spéculation.

Politique et dispositions législatives

La présence de deux droits caractérise le régime foncier: le droit écrit et le droit coutumier. Le premier reconnaît les terres faisant l’objet d’une procédure d’appropriation privative (immatriculation, cadastrage, titre de propriété). Il permet à une très faible minorité de la population qui en a les moyens d’acquérir la propriété et de disposer de droits absolus sur la terre. Le droit coutumier est appliqué sur d’importantes superficies sur lesquelles les paysans ont le droit d’usus mais le véritable propriétaire des terres reste l’État.

L’accès aux terres de collines est garanti par l’héritage, tant par la coutume que par la loi (les femmes peuvent aussi en bénéficier depuis 1999). Elles peuvent être données aussi en location, en exploitation temporaire ou vendues par les propriétaires. En ce qui concerne les marais, le décret du 11 juillet 1960 sur le régime foncier stipule que toutes les terres de marais sont la propriété exclusive de l’État et peuvent être mises à la disposition de la population pour leur utilisation et profit. Cependant le gouvernement a le droit inconditionnel de reprendre ces terres pour les redistribuer ou pour d’autres utilisations publiques. Dans ce cas, l’occupant de la terre est indemnisé. La sécurité foncière n’est donc pas garantie, ce qui ne stimule pas l’investissement dans l’agriculture des marais et la gestion durable.

En 2004, une nouvelle loi foncière a été préparée par le MINITERE et votée par le Parlement (avant-projet de loi portant régime foncier du Rwanda), qui définit la propriété de la terre, les droits et les obligations des propriétaires de la terre et les transactions de terre. La loi reconnaît le domaine privé des particuliers, le domaine foncier de l’État et le domaine foncier des communes.

L’eau est considérée comme un bien commun: elle appartient à tous mais n’est propriété de personne, même pas de l’État. La gestion de l’eau est placée sous la tutelle du gouvernement, dans l’intérêt public. Bien que personne ne puisse posséder l’eau, les gens peuvent avoir le droit de l’utiliser. La politique du secteur de l’eau visant à satisfaire les besoins hydriques dans le pays, en préparation par le MINITERE, contient les points suivants: i) gestion de la ressource en eau; ii) augmentation de l’accès à l’eau potable; iii) accroissement de l’accès à l’eau à usage agricole; iv) développement de l’assainissement et de l’hygiène; v) utilisation de l’eau comme source d’énergie; vi) maîtrise de l’eau pour protéger l’environnement. La politique vise à garantir l’accès à l’eau à tout le monde de façon équitable et d’une manière durable. Elle insiste sur l’importance de protéger les principales sources d’eau: lacs, rivières, eau souterraines et marais notamment. Elle reconnaît le rôle à la fois économique et social de l’eau, et l’importance d’une coopération pour la gestion de bassins versants internationaux. Une ébauche de loi sur l’eau est en préparation. Elle sera adoptée et promulguée en 2005 et aidera à renforcer le cadre réglementaire pour la gestion intégrée durable des ressources en eau.

Le document de politique nationale de conservation des eaux et des sols propose de garantir la conservation des ressources en sols associée à une intensification de la production agricole dans un environnement de production durable.

Environnement et santé

La pollution physico-chimique des eaux n’est pas fréquente en raison du faible niveau d’activités industrielles et d’emploi des intrants agricoles. En revanche, la pollution microbiologique due aux grandes concentrations humaines est souvent observée. Les jacinthes d’eau étouffent certains lacs et cours d’eau, dont les lacs Victoria, Cyohoha et Rwero, et les rivières Nyabarongo et Akagera.

La déforestation, en particulier dans les bassins versants en amont, et l’occupation non planifiée des terres ont pour résultat de sérieux problèmes d’érosion entraînant la dégradation de millions d’hectares. Cette dernière a un impact significatif sur les débits d’eau en aval et la détérioration de la qualité de l’eau des rivières, lacs et marais, due à la sédimentation et la pollution ponctuelle ou diffuse.

Principal risque environnemental est le drainage qui, s’il est trop profond, tend à provoquer un assèchement durable, voire irréversible, du marais.

Perspectives pour la gestion de l’eau en agriculture

Beaucoup d’infrastructures hydrauliques en milieu rural ont été endommagées lors des événements de 1994. Pour sa réhabilitation et son développement, le secteur de l’eau prévoit un certain nombre d’actions telles que:

  • l’inventaire des dégâts afin de relancer les investissements de remise en état;
  • la sensibilisation de la population rurale pour obtenir sa participation active à la gestion des infrastructures hydrauliques mises à sa disposition;
  • l’aménagement et l’irrigation de 2 000 ha dans la région naturelle du Mutara, au nord-est du pays, pour la production de riz et de soja;
  • la préparation et la mise en oeuvre du plan directeur d’irrigation concernant 1 000 ha dans la région naturelle du Bugesera au sud-est du pays;
  • l’achèvement des études de drainage et d’aménagement des marais des rivières Nyabarongo et Akanyaru;
  • le drainage et l’irrigation de tous les petits marais du pays;
  • la formation des cadres en techniques de planification et de gestion des activités du secteur de l’eau;
  • l’actualisation de l’inventaire des ressources en eau;
  • l’achèvement du plan directeur de gestion des ressources en eau;
  • la mise en place d’instruments juridiques pour une meilleure gestion des ressources en eau.

En particulier, à l’horizon 2010, les objectifs suivants ont été définis à la suite du Sommet mondial de l’alimentation de 1996:

  • aménagement de 12 000 ha de petits marais, bas-fonds et de 60 000 ha sur les collines des bassins versants attenants pour une maîtrise totale de l’eau et la conservation des sols;
  • aménagement de 5 000 ha de grands marais pour une maîtrise totale de l’eau.

Principales sources d’information

Anonymous. 2003. Proceedings of the water utilities partnership workshop, Nairobi. Présentation du secteur de l’eau au Rwanda.

Banque mondiale. 1996. Proceedings of the World Bank sub-saharan Africa water resources technical workshop. Nairobi, Kenya, 12-15/02/1996.

Banque mondiale. 2000. Rwanda - Rural sector support project. Environmental assessment.

Banque mondiale. 2004. Republic of Rwanda - Integrated management of critical ecosystems.

Equipe interdisciplinaire intégrée de terrain/AID-WMSII. 1987. Rapport sur la stratégie nationale pour le développement et la gestion des petits marais.

FAO. 1993. Appui au projet Inventaire des marais du Rwanda: Compte rendu final du projet TCP/RWA/2254.

FAO. 1993. Inventaire des marais du Rwanda: Conclusions et recommandations. Compte rendu final du projet PNUD/FAO/RWA/89/006.

FAO. 1996. Rwanda - Suivi du Sommet mondial de l’alimentation. Projet de stratégie pour le développement agricole national. Horizon 2010.

FAO. 2000. Rwanda - Stratégie actualisée de développement du secteur agricole: horizon 2010.

FAO. 2001. Rwanda - Document FOSA: Étude prospective du secteur forestier en Afrique.

FAO. 2002. Rwanda - Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA). Document de programme national.

FAO. 2003. Éléments de stratégie pour la sécurité alimentaire et le développement agricole horizon 2015: Rwanda.

FIDA. 2002. Rwandese Republic - Country strategic opportunities paper.

Ministère des finances et de la planification économique. 2003. Rwanda - Indicateurs de développement du Rwanda.

Ministère des finances et de la planification économique. 2004. Rwanda - Poverty Reduction Strategy. Annual Progress Report.

Ministère des terres, de l’environnement, des forêts, de l’eau et des mines. 2003. Rwanda - Politique nationale de l’environnement du Rwanda.

PNUD. 1999. Common country assessment 1999/2000 - Rwanda. Paper 5 - Environment.

OMS. 2000. Water supply & sanitation sector assessment 2000 - Rwanda.

(Monographie telle que publiée dans le Rapport sur l'eau 29, 2005)

     
   
   
       
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