Base de données sur les enveloppes d’investissements et les portefeuilles de projets relatifs à l'eau en Afrique


La FAO, organisation présidant le mécanisme inter-institutions de l'Organisation des Nations Unies ONU-Eau pour la période 2006-2009, a organisé une « Conférence ministérielle sur l'eau pour l'agriculture et l'énergie en Afrique : les défis du changement climatique » en étroite collaboration avec la Jamahiriya arabe libyenne, l'Union africaine (UA), le Conseil des ministres africains de l'eau (AMCOW), la Banque africaine de développement (BAD), et la Commission économique pour l'Afrique (CEA) Cette conférence s'est tenue à Syrte, en Jamahiriya arabe libyenne, du 15 au 17 Décembre 2008.

L'objectif principal de la conférence était d'examiner la question des ressources en eau en Afrique dans un contexte marqué par la hausse de la demande des secteurs de l'agriculture et de l'énergie et par le changement climatique. L'augmentation des coûts de l'énergie est une raison supplémentaire pour un développement de sources d'énergie de substitution, notamment l'hydroélectricité. Le développement de l'agriculture africaine, qui est essentiellement pluviale, dépendra aussi de l'expansion et de l'amélioration de l'irrigation face à la croissance démographique.

La conférence a également examiné les besoins d'investissement et les problèmes de gestion dans l’exploitation des ressources hydriques en vue d’assurer l'irrigation au niveau des villages, la requalification des grands ouvrages hydro-agricoles et l’aménagement des grands bassins fluviaux. L'accent a porté sur des programmes concrets et l'évaluation de leurs coûts de financement, s’agissant des études de faisabilité comme de la réalisation des travaux.

La conférence a adopté un cadre visionnaire dynamique dans lequel ont été principalement examinés comme point d'entrée les actions et résultats figurant dans la Déclaration de la Conférence de Syrte de 2004. Sachant que sont apparus de nouveaux défis pressants, qui doivent être résolument traités, les engagements convenus en 2004 se sont vus renforcés. En particulier, il est devenu nécessaire de traiter à un rythme accéléré les liens entre l'eau et l'énergie en s’attachant aux effets du changement climatique sur l’exploitation de ces ressources.

L’un des principaux résultats de la conférence a été la production de fiches nationales d’investissement pour tous les pays africains dont on a estimé les besoins d'investissement dans l'eau pour l'agriculture et l'énergie en fonction d’un examen et d’une mise à jour du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), conçu dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et au regard d’autres projections d'investissement, tant au niveau des pays que des bassins hydrographiques.

Enveloppes d’investissements nationales et régionales

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Portefeuilles de projets nationaux

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Préparation des fiches nationales d’investissement (FNI)

Les fiches nationales d’investissement contiennent des informations sur les besoins d'investissement, le commerce, le changement climatique et les politiques de l'eau ainsi que les politiques agricoles et énergétiques dans chacun des 53 pays africains.

Les besoins d'investissement ont été évalués en fonction du NEPAD-PDDAA et d’autres projections d'investissement, les Programmes nationaux d'investissement à moyen terme (PNIMT) du NEPAD et des programmes nationaux pour la sécurité alimentaire (PNSA). Sont présentés dans les Fiches nationales d’investissement les projets exécutés récemment, les projets en cours et ceux qui sont en préparation, ainsi que les profils de projets d’investissement bancables.

La démarche à caractère participatif très marqué qui a permis l’élaboration de ces fiches synthétiques a consisté en un cycle de consultations ayant débouché sur une mise à jour fiable de l’état des ressources en eau et de leur exploitation par les secteurs de l’agriculture et de l’énergie dans chacun des pays africains.

Un avant-projet de FNI a été préparé par chaque pays du Secrétariat de la Conférence qui, par souci de cohérence dans les données et d’uniformité de leurs sources, a inclus un tableau présentant la balance commerciale du pays, une cartographie de la maîtrise des eaux et une annexe où sont communiquées les principales données nationales relatives à l'irrigation et aux ressources énergétiques. Ces avant-projets, ainsi que des lignes directrices poussés sur la synthèse des FNI, ont été utilisés par des consultants nationaux qui avaient été recrutés pour produire les versions finales des FNI en étroite collaboration avec les autorités nationales.

Le travail des consultants nationaux, révisé par le Secrétariat de la Conférence et une équipe élargie comprenant des responsables régionaux et sous-régionaux de la FAO, a abouti au projet 1 de FNI, qui a été soumis aux ministères concernés (agriculture, énergie et ressources en eau) préalablement à la tenue d’une concertation destinée à valider les informations et à parachever les contenus dans chacune des cinq régions :

  • Afrique centrale (8) : Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon, Sao Tomé et Principe
  • Afrique de l'Est (10) : Burundi, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Somalie, Soudan, Ouganda
  • Afrique du Nord (4) : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie
  • Afrique australe (15) : Angola, Botswana, Comores, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Afrique du Sud, Swaziland, République-Unie de Tanzanie, Zambie, Zimbabwe
  • Afrique de l'Ouest (16) : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Côte d'Ivoire, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo.

Les cinq ateliers régionaux, qui ont eu lieu entre octobre et décembre 2008, ont vu la participation de représentants des ministères concernés de chaque pays africain. Un des principaux objectifs de ces ateliers a été la révision des FNI, qui a porté plus particulièrement sur l'enveloppe des investissements et le portefeuille des projets. Ces consultations ont produit d’une part des résultats immédiats, lorsque les représentants des différents ministères ont modifié et mis à jour le contenu des FNI dans le cours de l’atelier, et d’autre part certains résultats différés, lorsque différentes révisions ont été reçues après la tenue des ateliers – ce qui dans les deux cas a produit une liste de projets actualisée ou des informations plus précises sur les pays.

Les modifications et amendements ont été intégrés et un projet 2 de FNI a vu le jour avant d’être adressé aux gouvernements nationaux pour révision finale et approbation avant la Conférence de Syrte.

Toutes les FNI ont ensuite été modifiées et complétées selon les instructions reçues lors de la conférence avant d’être publiées sur le site de la Conférence de Syrte.

Structure du rapport FNI

Les FNI ont été préparées suivant une formule normalisée qui permet leur regroupement et leur analyse au niveau régional.

Chaque FNI commence par un résumé analytique découpé en paragraphes traitant de : i) la pauvreté et la sécurité alimentaire; ii) l'agriculture, l'irrigation et le changement climatique; iii) les ressources en eau et l'hydroélectricité; iv) le programme national de développement; v) l'enveloppe financière des programmes d'investissement et des projets à court, à moyen et à long termes.

Le chapitre 1 dresse un état de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, des ressources en eau et de l'hydroélectricité, et rend compte des changements climatiques dans le pays. La section 1.1, qui décrit l’état de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, comporte des éléments sur les aspects suivants : i) produit intérieur brut (PIB), rôle de l'agriculture dans l'économie, état de l’emploi dans le monde rural; ii) typologie des exploitations agricoles (petites exploitations, nouvelles exploitations, exploitations commerciales, etc.); iii) potentiel d'irrigation, étendue des zones irriguées, typologie des exploitations d'irrigation et de régulation des eaux, éléments statistiques, principales cultures, état des infrastructures; iv) sous-alimentation, tendances, délai de réalisation de l'Objectif 1 du Millénaire (OMD) et des objectifs du Sommet mondial de l'alimentation (SMA); v) balance du commerce et des importations des produits alimentaires et agricoles, qui exprime les tendances des importations et exportations de produits agricoles, donne le coût des importations des produits alimentaires et indique les principaux produits alimentaires importés. Le commerce des produits agricoles du pays au cours des 35 dernières années est présenté et expliqué en chiffres, assortis d’une analyse succincte des raisons qui sous-tendent les tendances et les modifications brusques des valeurs intervenues au cours des ans. La section 1.2, qui porte sur les ressources en eau et l'hydroélectricité, contient des informations sur le réseau fluvial, les ressources en eau, les barrages et leur capacité, les eaux souterraines, l'intensité d'utilisation des ressources en eau et le pourcentage de celles provenant de l'extérieur du pays, et l'hydroélectricité (capacité installée, potentiel). La section 1.3, relative au changement climatique, traitent de questions connexes à ce phénomène dans les différents pays, à savoir : i) les différentes manifestations du changement climatique, leurs différents impacts et leur importance; ii) les scénarios projetés, les défis et les impacts attendus du changement climatique sur les ressources naturelles de l’agriculture; iii ) l'adaptation aux changements climatiques et les grandes réorientations politiques et modifications de pratiques destinées à préserver les ressources naturelles d’une plus ample dégradation; iv) les politiques et le cadre dans lesquels s’inscrivent les mesures prises par le pays en vue d’atténuer les effets du changement climatique.

Le chapitre 2 contient des informations sur les stratégies nationales concernant l'eau, l'agriculture et l'énergie ainsi qu’une estimation de l'enveloppe des investissements nationaux et présente le portefeuille des projets. La section 2.1, qui traite du contexte politique, expose les différentes stratégies, programmes et politiques du pays et ses plans d'action : i) le programme national de développement, le document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), le programme national de sécurité alimentaire; ii) la politique, la stratégie et les programmes agricoles; iii) la politique, la stratégie et les programmes d'irrigation ; iv) la politique, la stratégie et les programmes de développement du secteur de l’eau; v) la politique, la stratégie et les programmes du secteur de l’énergie. L'enveloppe des investissements dans le chapitre 2.2 représente une estimation des besoins du pays en investissements dans l'eau pour l'agriculture et l'énergie à court terme (années 1-4), à moyen terme (années 5-8) et à long terme (au-delà de l’année 8). Les investissements ont été regroupés en ouvrages de maîtrise de l'eau de petite échelle (petite hydraulique), travaux de requalification des dispositifs d'irrigation, et grands projets hydrauliques, parmi lesquels les nouveaux grands projets d'irrigation, les barrages et les ouvrages de transfert entre bassins fluviaux. La grille a été pré-remplie avec les estimations NEPAD-PDDAA sur la gestion de l'eau et l'amélioration foncière. Dans le portefeuille de projets figurant au chapitre 2.3, sont signalés les projets de plus de 1 million de dollars. Ils sont organisés en trois catégories : projets de réalisation récente (moins de 5 ans); projets en cours ; projets en préparation. Chaque projet est présenté dans un descriptif succinct où sont indiqués les résultats escomptés. Les principales sources de cette grille sont les profils de projets nationaux NEPAD de moyen terme; les profils de projets nationaux NEPAD d'investissement bancables ; la Banque mondiale ; le FIDA ; la BAfD et les gouvernements nationaux.

Le cadre des investissements

À la suite de la démarche entreprise, le programme-cadre pour l'investissement peut être synthétiquement présentés comme suit:

  • Les mesures engagées se fondent sur les FNI particulières mais s'inscrivent dans le cadre d'une perspective régionale commune, et en dernière instance dans une vision africaine d’ensemble.
  • Les objectifs du plan d’investissement sont ceux d’une lutte contre la pauvreté par la sécurité alimentaire et l'amélioration de la santé, un développement agricole doté d’un socle d’infrastructures hydrauliques et énergiques, la promotion et le renforcement des énergies renouvelables et de remplacement, et la protection des écosystèmes et de l'environnement.
  • Bien que les priorités varient nécessairement d'un pays à l’autre, l'utilisation conjointe des ressources en eau est un élément clé de tous les efforts. De même, tous les projets hydrauliques signalés portent sur la viabilité des éléments de production d'électricité et s’inscrivent dans la dimension hydrographique des bassins fluviaux. C’est ainsi que tout plan d'investissement comporte une démarche de gestion intégrée des ressources hydriques.
  • Une composante de développement des capacités est inhérente à tout élément du plan d'investissement. En effet, il existe un large éventail de besoins : i) le renforcement des capacités institutionnelles et de gestion nécessaire à l'absorption des fonds d'investissement, tant au niveau national que régional; ii) l'amélioration des capacités à faire face aux problèmes climatiques, tels que la variabilité et l'impact du changement, l'atténuation et l'adaptation, tant pour l’agriculture pluviale que l’agriculture d’irrigation, les prévisions et les systèmes d'alerte rapide; iii) l’appui à l'adoption et à la mise en œuvre de plans d'action visant l’adaptation au changement climatique, tant au plan national que régional, et qui en sont à des stades divers de préparation.
  • La somme estimée des investissements que représentent les projets en cours et en préparation dans le secteur de l'eau pour l'agriculture et l'énergie sur le continent atteint environ 64 600 millions de dollars E.-U.

Le cadre des investissements précise et distingue : a) la taille du projet d'infrastructure : l'irrigation à petite échelle (petite hydraulique), la requalification de dispositifs d'irrigation, les grands projets hydrauliques; b) le calendrier : à court terme (<4 ans), moyen terme (4-8 ans) et à long terme (> 8 ans).

La plus forte proportion de ce coût est notablement affectée à des projets de grande envergure dont des aménagements de systèmes d'irrigation et de grands projets hydroélectriques. De même, 56 pour cent de l'enveloppe totale des investissements devraient être épuisés à moyen terme, d’où il ressort un besoin évident d'améliorer la planification des investissements à long terme en vue d’assurer une croissance soutenue et stable dans le secteur agricole et de l'énergie, capable de répondre aux objectifs de sécurité alimentaire et énergétique (tableau 1).

Comme le démontrent les résultats des travaux préparatoires à la Conférence de Syrte, l’Afrique de l'Ouest, avec son grand potentiel hydroélectrique à exploiter, représente 32 pour cent de l'enveloppe continentale des investissements. Les parts respectives qu’occupent l’Afrique australe, l’Afrique de l'Est et l’Afrique du Nord sont de 26, 24 et 15 pour cent, tandis que les 3 pour cent restant sont affectés à l'Afrique centrale, ce qui indique que cette région devrait faire l’objet d’un plus grand effort en matière de formulation des projets et d’études de faisabilité dans le secteur de l'eau, au vu notamment de son énorme potentiel hydroélectrique non encore exploité (tableau 2).

À la fin de la conférence la Déclaration de la Conférence de Syrte 2008 a été présentée et adoptée.

Principales sources de données

On trouvera ci-dessous une liste de corrélats renvoyant à des sites où a été puisée la plupart des éléments utilisés dans la préparation des fiches nationales d’investissement, auxquels se sont ajoutées des informations spécifiques mis à disposition par les pays.

Profils de pays de la Banque africaine de développement

Banque africaine de développement : portefeuille de projets

AQUASTAT, système mondial d'information de la FAO sur l'eau et l'agriculture

Profils de pays AQUASTAT

Statistiques de la FAO. Tendances en matière de réduction de la faim pour le suivi des objectifs du SMA et des OMD

FAO, 2003. Département de la coopération technique. Activités du Programme de terrain. Base de données des projets par pays

Opérations du FIDA par pays

Programme détaillé du NEPAD pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA)

Programmes nationaux d'investissement à moyen terme du NEPAD (PNIMT et PPIB)

Communications nationales à la CCNUCC

Rapport 2006 du PNUD sur le développement humain - Documents de référence

Banque mondiale: profils de pays

Stratégie d’assistance de la Banque Mondiale au secteur des ressources en eau par pays

Base de données des projets de la Banque mondiale

Consultations de la Banque mondiale et de la BAfD sur le changement climatique



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