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Décontamination de l’arsenic pour la durabilité de l’agriculture, la sécurité alimentaire et la santé au Bangladesh
Document de travail
La teneur en arsenic des nappes phréatiques constitue un danger sanitaire important en Asie et les risques liés à l’utilisation des puits de surface pour l’eau de boisson sont bien connus. Aujourd’hui, douze pays d’Asie font état de niveaux élevés d’arsenic dans certaines parties de leurs nappes phréatiques. Le Bangladesh compte le pourcentage le plus élevé de puits de surface contaminés (~20 %) et on estime que 30 millions de personnes dépendent de ces puits pour leur approvisionnement domestique. Le problème provient de la forte teneur en arsenic de la souche rocheuse du bassin du fleuve Brahmapoutre, qui filtre l’eau de boisson pompée à travers des millions de puits de surface. Depuis l’enquête initiale sur l’accumulation d’arsenic dans le riz, organisée par la FAO, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en 2001, des études scientifiques supplémentaires ont fait état, au cours des deux dernières années de risques alimentaires potentiels, s’agissant notamment de l’arsenic entrant dans la chaîne alimentaire et affectant la sûreté des aliments. Cette situation ajoute un nouveau risque alimentaire potentiel pour la santé humaine, au-delà du risque lié à la consommation d’eau souterraine contaminée. Les risques de contamination des productions agricoles par l’arsenic sont moins connus mais ils présentent un danger potentiel encore plus important. L’accumulation continue d’arsenic provenant de l’eau d’irrigation contaminée dans le sol affecte le rendement des cultures à long terme. Des millions de puits de surface ont été installés à travers l’Asie au cours des trois dernières décennies , dans le cadre de la révolution verte et cela a débouché sur une forte augmentation de l’extraction des eaux des nappes phréatiques à des fins d’irrigation.
Au Bangladesh, sur les quatre millions d’ha sous irrigation, 2,4 millions sont irrigués par près de 900 000 puits de surface. On estime que l’extraction d’eau à partir de la nappe aquifère ajoute 1millions de kg d’arsenic par an au sol arable du Bangladesh, principalement dans les rizières.
Les options de gestion de la prévention des risques sanitaires et de la durabilité agricole devraient, en conséquence, se centrer sur la prévention, la minimisation de l’apport d’arsenic aux sols et la minimisation de l’exposition humaine à ce risque. Cette étude FAO-Cornell sur la décontamination de l’arsenic explore diverses options de gestion. L’optimisation de l’efficacité de l’eau s’est avérée comme la meilleure option pour réduire l’apport d’arsenic tout en économisant l’eau; de plus, les conditions de croissance aérobie dans les champs de riz réduisent la biodisponibilité et la consommation de l’arsenic dans le riz.
Enfin, ce document de travail rend compte de la première étude pilote mise en œuvre sur la stratégie en matière de gestion de l’arsenic dans la production agricole et pour la durabilité de l’environnement. Un rapport final, portant sur l’ensemble de la question de l’arsenic dans l’agriculture, sera prochainement publié. Les mesures de décontamination mentionnées dans ce rapport sont également applicables et utiles à titre de mesures adaptatives aux changements des pratiques agricoles et au changement climatique.
(disponible en anglais)
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