Le Programme a été conçu à partir des acquis des projets et programmes qui génèrent des bonnes pratiques. Ces acquis ont été regroupés en trois grands thèmes :
• La gestion des intrants agricoles : Boutiques d’intrants, Commandes groupées, Promotion de la micro-dose, Gouvernance des organisations paysannes, Warrantage (accès au crédit, gestion des stocks) ;
• Les innovations agricoles : Micro-jardins, Champs écoles paysans ;
• L’information et la communication en milieu rural : Clubs d’écoute communautaires et radios, Flotte de téléphones portables, Alphabétisation des femmes et des hommes, Aide à la structuration et participation à la prise de décision.
Tous ces thèmes qui débouchent sur des bonnes pratiques sont revus dans une perspective de parité hommes-femmes :
- Est-ce que dans la mise en oeuvre de la pratique les aspects liés au genre ont été pris en compte ?
- Si ce n’est pas le cas, que faut-il faire pour intégrer la dimension genre dans cette pratique et la rendre plus équitable ?
1. Gestion des intrants agricoles
L’apprentissage des techniques de commandes groupée des semences de pommes de terre
Au Niger, les semences de pommes de terre doivent être importées d’Europe chaque année. Avec le soutien du projet « Capitalisation », la Fédération des coopératives maraîchères du Niger (FCMC-Niya) a fait sa première expérience de commande groupée de semences de pommes de terre destinée à l’ensemble de ces coopératives et unions. Cette opération a été effectuée avec un crédit documentaire (Crédoc), garantie de paiement à la livraison fournie par la banque de l’acheteur à la banque du fournisseur. L’appropriation de ces techniques commerciales par les fédérations d’organisations paysannes démontre qu’elles sont capables de commander directement sur le marché international.
Le site web de Capitalisation propose des fiches d'expérience dans sa rubrique "Commandes groupées d'intrants : expériences d'organisations professionnelles agricoles" http://www.capitalisation-bp.net/spip.php?article62. L'une de ces fiches raconte l'histoire de cette commande groupée de semences de pommes de terres, telle que vécue par Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger (FCMN-Niya).
L'équipe Capitalisation a participé à la deuxième Foire aux savoirs mondiale sur les connaissances en matière agricole « Agri-savoirs » du 26 au 29 septembre 2011 au siège du FIDA à Rome en Italie. Ses membres y ont présenté une pièce de théâtre sur le thème du warrantage équitable. Voir la vidéo sur "Le warrantage équitable». Cette pièce a souligné les bonnes pratiques qui contribuent à rendre le warrantage (crédit sur inventaire) accessible aux femmes et aux hommes, surtout les plus vulnérables. Vour aussi la video avec Daniel Marchal: Qu'est ce le warrantage equitable?
La promotion de pratiques du warrantage équitable
Le projet Capitalisation valorise les bonnes pratiques qui contribuent à rendre le warrantage accessible de façon égale à toutes et à tous, notamment aux plus démuni-e-s. Des fiches d’expériences sont produites de manière participative avec les organisations impliquées (organisations paysannes, systèmes financiers décentralisés, structure d’appui). Dans deux situations où se pratique le warrantage au Burkina Faso et au Niger, le Projet procède à des analyses fines des facteurs pouvant entraver l’accès, ou le maintien, des plus démunis, des femmes et des hommes, au warrantage. Les solutions les plus adaptées pour éviter ces inégalités seront promues et intégrées dans les manuels de formation.
La rubrique "Genre et Warrantage" du site web Capitalisation propose : i) un modèle de fiche pour présenter une expérience warrantage en prenant en compte systématiquement les hommes et les femmes, ii) une fiche outil pour questionner les hommes et les femmes aux différents stades d’une campagne de warrantage http://www.capitalisation-bp.net/spip.php?article36.
2. Innovations agricoles
Les micro-jardins
Des démonstrations de micro-jardins sont organisées dans le cadre du projet « Hortivar ». Un micro-jardin est un jardin de petite dimension permettant de cultiver une vaste gamme de plantes alimentaires dans un espace réduit et avec peu d'eau. Grâce à cela, une famille dispose chaque jour, et pour chaque repas, de légumes frais avec une haute valeur nutritionnelle pour satisfaire les besoins en vitamines, éléments minéraux essentiels et protéines végétales. Ainsi, les femmes et les hommes peuvent diversifier l’alimentation de toute la famille et générer des revenus par la vente du surplus. L’investissement nécessaire est très modeste et les micro-jardins peuvent être construits avec du matériel local. Le travail requis est minimal et ne surcharge pas les femmes. Les enfants des écoles, notamment ceux des « écoles passerelles » du Niger jouent en construisant leurs micro-jardins et en profitent pour apporter à la maison leur production (menthe, tomates, oignons, etc.).
A l’occasion de la Foire aux savoirs, quatre séances de formation et de travaux pratiques ur les micro-jardins ont été réalisées pour quelques 25 bénéficiaires par séance, en majorité des femmes. Ces formations interactives ont permis aux participants de découvrir par eux-mêmes les avantages des micro-jardins. Pour plus d'informations, vous pouvez vous référer à ces publications :
"Les micros jardins à la foire de Niamey" (Bulletin Dimitra 19, page 6).
"Des micros jardins pour une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle".
Manuel - "Les micro-jardins du Sénégal" (FAO 2010).
3. Information et communication en milieu rural
Les clubs d'écoute communautaires et leadership féminin
Le projet « Dimitra » accompagne plusieurs organisations partenaires qui ont mis sur pied des clubs d’écoute communautaires sensibles au genre (en République Démocratique du Congo et au Niger). Initiative novatrice, ces clubs sont des espaces d’expression et d’action pour les femmes et les hommes qui, en collaboration avec les radios communautaires et les autres acteurs locaux, désenclavent les populations rurales et les mettent en réseau. En partageant leurs connaissances, en sollicitant des informations et menant des actions citoyennes, les clubs contribuent au développement local et à la sécurité alimentaire. Ces clubs contribuent à renforcer la confiance des femmes en elles-mêmes, à améliorer leur statut au sein de la communauté et sont des outils de partage en matière de connaissances agricoles. L’utilisation des radios solaires à manivelle couplée aux téléphones portables dont les batteries peuvent être rechargées grâce à l’énergie solaire, favorise le maillage entre le réseau des clubs d’écoute communautaires et celui des centres d’alphabétisation.
Pour plus d'informations :
"Des nouvelles des clubs d’écoute du Niger" (Bulletin Dimitra 19).
"Les clubs d’écoute communautaires. Un tremplin pour l’action en milieu rural" (FAO-Dimitra 2011).