![]() |
à propos de @ |
participation | |||||
Cours: La Formulation Participative des Projets |
|||||||||
|
Méthode Accélérée de Méthode Accélérée Développement Recherche Action Principes, facilitation des Gestion participative Application des outils Etapes de
|
|
La Méthode Accélérée de Recherche Rurale (MARR) HistoriqueEn réaction aux défauts des enquêtes structurées, une série de méthodologies ont été développées, fin des années soixante-dix et début des années quatre-vingt, pour aider les personnes extérieures à mieux comprendre la vie rurale en peu de temps. Enfin, la méthode accélérée de recherche rurale est apparue et son usage s’est fortement répandu parmi les personnes extérieures pour apprendre à connaître la vie rurale. La MARR a été initialement mis au point par les spécialistes des sciences humaines pour permettre aux planificateurs de réunir sans délai des renseignements sur les dimensions sociales et culturelles des problèmes de gestion des ressources naturelles, mais elle s'est muée depuis en une démarche multidisciplinaire se prêtant à la collecte et à l'analyse d'informations dans une grande variété de domaines techniques. ObjectifsLes démarches de la MARR sont à michemin entre l'enquête classique et les entretiens non structurés (observation approfondie participante). A la différence d'autres méthodes d'enquête, la MARR s'efforce de faire naître un dialogue avec les clients ou bénéficiaires du projet, permettant à la personne interrogée aussi bien qu'à l'enquêteur de prendre l'initiative de l'interrogation. Cet aspect de la méthode est important pour l'analyse des conditions locales dans lesquelles se réaliseront les interventions envisagées car il conduit à recueillir, outre les données biophysiques et économiques, des renseignements sur les valeurs, les opinions, les objectifs et les connaissances techniques locales. L'objectif d'une MARR exploratoire est de procurer aux personnes extérieures une idée qualitative de la vie quotidienne des différents groupes dans les régions rurales. La compréhension n’est pas le but premier de la collecte de données bien que celle-ci fasse partie du processus. Les MARR d’actualité sont employées pour répondre à une question spécifique de recherche ; par exemple, quelle est la place des femmes dans la communauté ? ou comment les gens coopèrent-ils dans leur communauté ? Description de la méthodologie La méthode accélérée de recherche rurale (MARR) est basée sur les principes suivants : 1. rapidité et rentabilité ; 2. équipes multidisciplinaires (au moins les sciences sociales et techniques y sont présentes) ; 3. ignorance optimale : ne pas recueillir plus d'informations que le strict nécessaire ; les informations doivent dans la mesure du possible venir des gens eux-mêmes ; 4. triangulation : afin d’assurer la validité des informations cruciales, les informations données par une personne sont vérifiées auprès d'une autre personne ; 5. les observations faites dans le village, les maisons et les champs sont considérées comme des sources valables d'information.
L'idée centrale est qu'un groupe de personnes extérieures passe un certain temps dans un village et mène des dialogues ouverts et informels avec les gens sur (tous) les aspects de leur vie quotidienne. Le groupe travaille avec des équipes (interdisciplinaires) de 2-3 personnes qui échangent leurs expériences chaque soir et identifient les lacunes dans leur compréhension. On dresse le profil des personnes interrogées (par exemple vieux/ jeune/ homme/ femme /riche /pauvre /etc.) afin de mieux comprendre leurs idées. Le lendemain, la composition des équipes est changée et le dialogue avec les groupes cibles se poursuit. La figure ci dessous montre les trois phases de la MARR. La première phase est la phase de préparation, au cours de laquelle sont définis les objectifs de l'étude. On procède au choix du site et de l'équipe; les informations de base sont recueillies, et on règle les questions logistiques pour le travail de terrain. La deuxième phase couvre l'étude sur le terrain, pendant laquelle l'équipe, logée dans le village où se déroule le travail, se consacre à la collecte d'informations et prend les premiers contacts pour l'analyse préliminaire. C'est au cours de la troisième phase que toute l'équipe réfléchira et analysera soigneusement ces informations pour savoir comment les utiliser au mieux. Dans le cas d'un diagnostic rural participatif, surtout si l'on envisage un plan d'action communautaire, l'analyse complète se déroule dans le village, et la communauté locale y participe de façon active. Pour un diagnostic rural rapide, l'analyse initiale se fera au sein de la communauté locale, qui vérifie et étudie les informations recueillies, mais, en général, une partie de l'analyse finale se fera après que l'équipe a quitté le village, quand il sera possible de comparer et d'analyser des données provenant de sites différents.
La MARR regroupe une série de méthodes conçues pour obtenir rapidement des informations pratiques sur des problèmes de développment au sein de communautés locales. Une série d'outils ont été mis au point pour faciliter l'interaction entre l'équipe et les gens. Les outils les plus employés sont :
Un outil standard complémentaire est l'analyse des données secondaires.
Relation au cycle de projet et niveau stratégiqueLa MARR exploratoire sert surtout pendant la phase d'identification d'un projet quand les grandes lignes d'un projet doivent être définies. La MARR d’actualité peut être employée pendant les phases initiales de la mise en œuvre d'un projet. Il est possible d’employer la MARR à des fins de suivi ou dans la phase d'évaluation d'un projet, mais ce n'est pas courant.
Ressources requisesQuand des personnes extérieures sont impliquées, une période de deux semaines est le minimum requis ; trois semaines, c’est mieux, surtout si la région est hétérogène et d’accès difficile. Comme les techniques de communication sont souvent nouvelles pour la plupart des membres de l'équipe, il est important de consacrer au moins deux jours pour les former avant d’aller sur le terrain. Quand il y a des experts externes, ils doivent venir au moins une semaine avant le début de la MARR, afin d’avoir une impression de la situation. Quand une MARR est effectuée par du personnel régulier, expérimenté, il est possible de la faire en une semaine, surtout quand le sujet de recherche est bien précis et que la région n'est pas trop hétérogène. Points fortsLa MARR livre ce pourquoi elle est faite : elle aide des personnes extérieures à se faire une idée de la vie quotidienne des membres du groupe cible et de leurs problèmes et opportunités. A l’aide d’une série d'outils, elle est capable de fournir des informations assez fiables de manière rentable. Dans la MARR, le groupe cible a voix au chapitre : ils deviennent les experts qui expliquent leurs idées et leurs connaissances aux personnes extérieures. Les informations inertes et impersonnelles des enquêtes sont remplacées par les histoires personnelles des personnes concernées. RisquesLes outils employés pendant la MARR supposent que la population locale soit disposée à fournir les informations demandées, mais dans la pratique, il y a des gens qui peuvent avoir plusieurs raisons de ne pas agir ainsi : - ils peuvent craindre toutes sortes de complications politiques ; - ils peuvent ne pas avoir assez de temps de tout expliquer ; - ils peuvent craindre de devoir payer des impôts ; - ils peuvent donner les réponses qui plaisent aux enquêteurs (il ne faut pas donner de réponses trop compliquées à ces pauvres types qui semblent ne rien savoir de la situation) ; - ils peuvent donner de ces réponses dont ils pensent qu’elles les aideront à figurer parmi les bénéficiaires des projets prévus (et non seulement du projet de faire une MARR !) ; - ils peuvent craindre de montrer qu’ils ne comprennent pas une question ou ne connaissent pas la réponse, et de sorte qu’ils inventent une réponse tout simplement. C’est sans doute la même liste que pour les enquêtes. Il n’y a aucune raison de penser qu'avec la MARR, ces problèmes sont moins graves qu'avec des enquêtes. Comparativement aux enquêtes, les équipes MARR ont plus de chance de surmonter ces problèmes. Elles ont plus de temps et de possibilités pour : (a) mettre l'agriculteur à l’aise (grâce à la communication non verbale surtout) ; (b) montrer de l’intérêt dans ce qu’il ou elle fait, par exemple en prenant une terre ou autre chose qui a une basse valeur sociale et en l'examinant ensemble ; (c) discuter les choses qu'ils observent ; (d) adapter le dialogue en fonction de l'intérêt spécifique de l'agriculteur ; (e) faire des recoupements pour vérifier les réponses cruciales d'une personne interrogée auprès d’une autre. Bien que l’entretien semi-structuré, très employé, offre beaucoup plus de possibilités d’entrer dans un dialogue normal que des questionnaires précodés, l'initiative en revient encore au visiteur. Beaucoup d’entretiens semi-structurés commencent par des questions telles que « Combien d'enfants avez-vous et combien de terres ? » A ces questions, la personne interrogée commencera par se demander ce que l'expert va faire de cette information. L'information comme telle n’a pas de sens. S'il y a 8 enfants et 3 hectares de terre, est-ce que cela veut dire que cette famille manque de terres ? Dans certaines situations, oui, dans d'autres, pas du tout. De sorte qu’il faut permettre à l'agriculteur de parler librement et de développer lui-même cet aspect s’il le juge utile. Souvent, il n’y a qu’un faible lien ou pas de lien du tout entre les résultats d'une MARR et les activités des projets qui suivront. Les experts peuvent toujours trouver des raisons de faire comme ils ont toujours fait. Comme les personnes qui ont été interrogées pendant l'exercice ne reçoivent pas de feed-back, personne ne le remarquera. Le simple fait qu'une MARR ait lieu suscite des espoirs dans la communauté qui bénéficiera des activités futures du projet, ce qui pourrait ne pas être le cas. Les résultats d’une MARR peuvent être trompeurs quand les gens que les équipes ont rencontrés ne sont pas représentatifs de la population cible totale. Voici les attitudes discriminatoires qu’on rencontre souvent : - interroger plus d'hommes que femmes ; - sélectionner les villages proches de villes centrales ou de bonnes routes ; - visiter plus souvent les agriculteurs fortunés (ils ont le temps, ils n’émigrent pas, ils habitent près de la route, etc.) ; - visiter plus souvent les agriculteurs impliqués dans des projets ou appliquant de nouvelles technologies. Tout ensemble, les points faibles que présentent les MARR pendant leur exécution font dire aux critiques que les MARR sont certes beaucoup plus rapides et moins coûteuses que les enquêtes interminables qu’elles ont remplacées, mais que la qualité des résultats n’est pas toujours beaucoup meilleure. Dans la pratique, beaucoup de MARR sont encore « extractives » ; les informations sont rassemblées dans les villages et l'analyse en est faite ailleurs, par des experts. Les critiques concluent que la qualité d'un MARR dépend fortement de la compétence des individus qui l’exécutent. Sources: Foresterie communautaire. Le diagnostic rapide. Droits fonciers et propriété de l'arbre et de la terre outils de diagnostic rapide. Les méthodologies d’analyse et de planification du développement régional
|
||||||
| Groupe de
travail informel sur les approches et méthodes participatives |
... pour assurer des moyens d'existence durables et la sécurité alimentaire | ||