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Cours: La Formulation Participative des Projets
 

 

Contenu

Concepts clé

Définition

Historique

Degré

Niveaux

Cycle de projet

Méthodes

Méthode Accélérée de
Recherche Rurale

Méthode Accélérée
de Recherche
Participative

Développement
Participatif de
Technologie

Recherche Action
Participative

Principes, facilitation des
méthodes participatives

Gestion participative
du cycle de projet

Application des outils
participatifs

Liste des Documents

Exercices

Etapes de
l’apprentissage
et action participatifs

Forte ou faible
participation

Parties Prenantes

 

 

 

 

La Recherche Action Participative (RAP).

Historique


La Recherche d’action prend sa source dans le travail de Kurt Lewin avec des groupes défavorisés aux USA dans les années quarante. Dans le Tiers Monde, elle s’est transformée en Recherche d'action participative (RAP). Certaines méthodologies d'études appliquées de recherche action et de recherche participative, ont été formulées à partir des années '50-'60, (...) alors que d'autres, comme la recherche action participative, ont eu origine en Asie et Amérique Latine, sous l'influence des théories de Paulo Freire. Elle se focalise sur les idées développées dans les années soixante-dix en Amérique latine par Paolo Freire qui met l’éducation (adulte) au centre du développement.Ces dernières sont basées sur le concept de conscientisation, réalisée par des chercheurs et des activistes engagés dans les mouvements de base (...) et construit sur un lien très fort entre participation, connaissance et pouvoir. (...)''

Objectifs

La recherche-action participative (RAP) déclare expressément que les participants doivent être non seulement des partenaires dans les recherches, mais qu’ils doivent aussi sentir qu’elles leur appartiennent. Les participants contrôlent les travaux de recherche comme la base de leur propre programme d’action. On considère que les participants considèrent les recherches comme un processus à incorporer dans leur résolution quotidienne de problèmes plutôt que comme quelque chose qui requiert une initiation externe. Bien qu’il y ait encore souvent un rôle pour un chercheur venu de l’extérieur, il est plus clairement périphérique. Bien que les partisans de la MARP puissent affirmer avoir un rôle similaire, la RAP est munie d’un mandat explicite lié à l’acquisition de pouvoirs par la communauté du fait qu’elle se concentre
spécifiquement sur l’action.

La RAP est explicitement politique car elle il vise à briser les relations de pouvoir existantes. Elle veut rendre aux gens l'estime de soi. Elle aide le pauvre à retrouver son histoire et ses capacités de développement autonome. Le synonyme « participation populaire » est défini comme étant « les efforts organisés pour augmenter le contrôle des ressources et des institutions de contrôle dans des situations sociales données, de la part des groupes et mouvements de ceux-là mêmes qui jusqu'ici étaient exclus d’un tel contrôle » (Barraclough in Huizer, 1989). Dans la littérature de courant dominant, la définition de la participation est généralement beaucoup moins politique. Dans le présent document, le terme « renforcement de l’autonomie des personnes défavorisées » (empowerment) est employé pour indiquer les formes de participation à orientation politique.

En somme, les objectifs d'une recherche action participative sont :

  1. ''Générer une connaissance socialisée'' des problématiques territoriales, en respectant et revalorisant les multiples savoirs et les traditions locales, en intégrant à ces derniers les connaissances techniques et scientifiques lorsqu'elles sont utiles à l'analyse et aux diagnostics ;
  2. Faciliter l'introduction de ces connaissances socialisées dans le processus de changement social et politique, commencé par ces populations sur la base de la perception qu'elles ont de leur propre réalité (évidemment pas toujours uniforme entre les différents acteurs)

La recherche - action participative se présente principalement sous la forme d'activité sociale. La communication est la condition nécessaire pour activer et accéder au processus.

Description de la méthodologie

Les pauvres et les opprimés sont généralement analphabètes et leur voix n’est pas entendue. Ils sont exclus de l'histoire, ainsi que leurs vues. Le développement ne peut commencer que quand les pauvres seront capables d'exprimer leurs propres vues et à cet effet, ils ont besoin d’être instruits – mais pas selon le mode traditionnel de « déposer » les idées de l'élite dans la tête du pauvre mais par une « éducation qui pose le problème », ce qui implique un dialogue d’égal à égal. Pour devenir leurs égaux, il faut vivre avec les pauvres et « apprendre » leur langue. A partir de là, des mots clés (« codes ») sont identifiés qui sont alors employés comme principes clés pour commencer une discussion (critique et politique) sur leur situation et leur apprendre à lire et à écrire.

Certaines recommandations méthodologiques se rendent indispensables :

  1. Le savoir doit s'unir à la pratique (“learning by doing”) ;
  2. La reconnaissance mutuelle des connaissances peut déboucher sur un savoir collectif ;
  3. La connaissance du chercheur est différente de celle des intéressés, mais il n'est pas le seul savoir possible

Cela devrait être un processus organique, un processus où les gens eux-mêmes donnent le ton. La procédure ne peut pas être stricte, mais plusieurs outils peuvent y être utilisés :
            - recherche participative ;
            - recherche collective ;
            - redécouverte critique de l’histoire ;
            - évaluation et application de la culture folklorique ;
            - production et diffusion des nouvelles connaissances.

Ces outils sont utilisés par un facilitateur (appelé aussi modérateur, promoteur ou agent de changement) travaillant au niveau du village. Les outils permettent au facilitateur et aux gens eux-mêmes d’analyser leur situation ; un accent particulier est mis sur la stratification de la communauté (relations internes) et les relations externes de la communauté. Bien que la procédure et l’analyse puissent différer d'un endroit à l’autre, dans la pratique, une activité clé d'une approche RAP est la formation de groupes dont les membres ont un intérêt commun et qui sont prêts à entreprendre une action commune qui améliorera leur situation économique. Ces groupes s’appellent en général « organisations d’entraide ». La fomation de groupes est un approche bien elaboré de la FAO.

Relation au cycle de projet et niveau stratégique

La RAP n'est pas confinée à certaines parties du cycle de projet. Comme telle, on l’aperçoit à peine dans le contexte d'un projet. Elle requiert le contrôle total de la population locale sur l'organisation impliquée. Un projet ne peut apporter son soutien à une organisation qu’en appliquant une RAP, non en mettant en œuvre ses résultats.

Ressources requises

Tout d'abord, cela prend beaucoup de temps ; deuxièmement, il faut que le personnel soit très dévoué, qu’il soit prêt et capable de passer la main aux gens et qu’il ait de la persévérance et de la patience pour surmonter les nombreux problèmes et crises qui jalonnent le chemin vers le pouvoir plus politique qui s’ouvre aux gens opprimés. C’est pourquoi l'approche est très coûteuse.

Points forts

La RAP collabore avec les gens et poursuit son objectif dès le tout début en renforçant l’autonomie des gens dans le contexte quotidien du travail. Elle identifie les causes sous-jacentes de la pauvreté que les gens trouvent eux-mêmes et cherche des solutions fondamentales à celles-ci.

La RAP place les pauvres au centre de tout ; si on leur donne le contrôle du processus, les résultats seront durables dès le début.

Risques

Le rôle du facilitateur (ou modérateur, promoteur ou agent de changement) est aussi difficile que crucial. On a besoin de personnes qui savent écouter, qui sont patientes, qui sont de bons organisateurs, et enfin qui sont capables de concentrer tous leurs efforts sur la recherche de solutions concrètes aux problèmes concrets. Malheureusement, ce rôle doit souvent être joué par les cadres sur le terrain mal formés, ayant un bas salaire et peu de moyens pour travailler. En conséquence, de grands projets ou organisations s’efforcent de standardiser les procédures, mais cela frappe la méthodologie dans son essence : l’approche orientée vers les gens, propre à une situation.

Peu d'organisations ou de gens sont capables de mener à bonne fin tout le processus, long et ardu. Il n'est pas facile pour les pauvres non plus de faire valoir leurs droits, dont ils ne bénéficieront qu’à long terme, tandis qu'ils ne peuvent pas satisfaire leurs besoins à court terme. Un problème particulier est que dans la communauté des opprimés, des fractions se développent qui sont source de problèmes mutuels mais épargnent l'élite.

Le progrès est très difficile à contrôler et même si on était capable de développer des indicateurs fiables de progrès, ils peuvent aisément tourner au pire avec le temps. C’est comme à la guerre, on avance puis on recule. 

Source:

CRIN newsletter 16/2002

Développement Territorial Participatif et Négocié (DTPN)

Les méthodologies d’analyse et de planification du développement régional.




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