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Programme PAA Afrique

02/09/2013 - 

La FAO et le PAM agissent depuis longtemps en partenariat pour promouvoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés vulnérables. Le Programme Acheter aux Africains pour l’Afrique est un exemple récent de la façon dont les organisations peuvent définir et mettre en œuvre des activités conjointes pour mener des opérations efficaces sur le terrain.

Le Programme PAA est en cours d’exécution en Ethiopie, au Malawi, au Mozambique, au Niger et au Sénégal depuis février 2012. Financé à hauteur de 4,5 millions d’USD par le Brésil et le Ministère du développement international du Royaume-Uni (DFID), le Programme est une initiative conjointe visant à promouvoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la création de revenus pour les petits exploitants agricoles d’Afrique. En s’appuyant sur l’Initiative du PAM Achats au service du progrès (P4P) et sur l’expertise de la FAO en matière de production, les activités pilotes soutiennent des groupes d’agriculteurs pour les associer davantage à la production et à la commercialisation des aliments, en contribuant à compléter et à diversifier les régimes alimentaires par le biais de programmes d’alimentation scolaire, tout en renforçant le dialogue avec les pouvoirs publics.

En travaillant ensemble dans les domaines complémentaires de leurs mandats, la FAO et le PAM permettent aux pays bénéficiaires du Programme PAA Afrique de tirer parti de leurs atouts conjugués. Pour Israel Klug, coordinateur de la FAO pour le PAA, il s’agit là d’une des principales valeurs ajoutées du Programme: «… Il permet au projet de bénéficier des avantages comparatifs de chaque organisation». Il ajoute que «dans le cadre du PAA Afrique, la complémentarité des mandats des organisations est bénéfique non seulement pour améliorer les opérations, mais aussi pour faire progresser le dialogue public sur la question des achats locaux». Les activités de la FAO ont porté sur l’aspect production: forte de son expertise technique, elle a apporté un soutien direct aux petits exploitants agricoles sous forme de distribution de semences et d’intrants agricoles, de formation sur les techniques de récolte et de post-récolte, la protection intégrée contre les ravageurs et la création de jardins scolaires pour améliorer la nutrition. Pour garantir une demande stable aux agriculteurs, le PAM  met à profit l’expérience acquise dans le cadre de l’initiative P4P et s’appuie sur son expertise du côté de la demande pour offrir des débouchés garantis aux produits des agriculteurs par le biais de programmes d’alimentation scolaire dans les 5 pays soutenus par le PAA. Dans tous les pays, les organisations agissent en étroite collaboration durant chaque phase de la mise en œuvre, depuis la production jusqu’à la distribution des denrées. Des experts internationaux ont apporté leur concours aux deux organisations pour la collecte des données, la diffusion des informations et le dialogue avec les partenaires locaux, en vue d’améliorer et de renforcer les programmes institutionnels d’achats locaux de produits alimentaires.

Durant la conception du programme, le Gouvernement brésilien, qui est un des principaux financeurs du PPA avec le DFID, avait estimé que le partenariat entre les deux organisations était non seulement essentiel, mais naturel. «Ce sont des partenaires historiques; il existait déjà une relation de confiance, et nous (le Brésil), nous avions déjà eu une expérience de travail en commun positive à Haïti. Par conséquent, pour nous, il était presque évident qu’elles devaient être partenaires», rapporte Milton Rondó Filho, coordinateur général des actions internationales contre la faim au Ministère des affaires étrangères. La complémentarité des mandats des organisations est une valeur ajoutée majeure pour la mise en œuvre des opérations sur le terrain et grâce au dialogue, les deux organisations sont parvenues en maintes occasions à concilier leurs cultures institutionnelles et organisationnelles différentes. La sélection conjointe des sites du projet et l’organisation conjointe d’événements internationaux liés au PAA sont autant d’exemples qui illustrent ce dialogue.

 

Du siège au terrain: que font la FAO et le PAM?

La vision stratégique du PAA Afrique pour promouvoir des partenariats est fondée sur la conviction que des instruments communs peuvent aider à consolider des réseaux opérationnels entre pays et à mettre au premier plan l’engagement et l’expérience des deux organisations en Afrique.

Pour Catherine Feeney, conseillère principale du P4P du PAM, le PAA Afrique offre avant tout l’occasion au PAM de renforcer ses relations avec la FAO. Comme elle l’a souligné, même si la FAO était déjà un partenaire d’exécution clé du P4P, le partenariat défini dans le cadre du PAA Afrique «nous a donné une opportunité très concrète de travailler ensemble sur le terrain, tout en ouvrant une autre porte de dialogue au siège, à un moment où les deux organisations font l’objet d’importantes réformes stratégiques». 

 

Les différents modèles établis par chaque pays pilote reflètent les dynamiques précédentes de partenariat entre les deux organisations dans les pays, et le programme contribue à identifier de nouveaux domaines de collaboration mutuelle. Au Malawi, par exemple, le PAA Afrique est venu renforcer le partenariat entre la FAO et le PAM, déjà créé dans le cadre du P4P. Les deux organisations mettent conjointement en œuvre, dans deux districts, un projet pilote d’alimentation scolaire issue de la production locale qui fusionne deux programmes de développement: les écoles pratiques d’agriculture et d’apprentissage pour les jeunes (FAO) et le programme d’alimentation scolaire (PAM). Le projet pilote d'alimentation scolaire issue de la production locale a deux composantes: la première, dite des ‘achats locaux‘, consiste à transférer des fonds aux écoles afin qu’elles achètent sur le marché  local la nourriture dont elles ont besoin pour les repas scolaires, tout en fournissant un appui aux agriculteurs pour leur permettre de diversifier leur production alimentaire et de vendre leurs produits aux écoles; la seconde concerne l’environnement productif, constitué de jardins potagers scolaires utilisés comme parcelles de démonstration pour la communauté et les élèves, et pour fournir des produits alimentaires aux écoles. Le PAA a favorisé les synergies entre les différentes composantes du projet pilote, tout en offrant la possibilité de générer des impacts à long terme dans les communautés où le programme d'alimentation scolaire issue de la production locale est mis en œuvre.

Le projet pilote requiert un suivi attentif et un ajustement continu de sa mise en œuvre. Dès le début, la FAO et le PAM ont réfléchi longuement, ensemble, à  la conception, à  la stratégie de renforcement des capacités et à la mise en œuvre des activités; les visites de suivi à Mangochi et Phalombe sont devenues régulières, le personnel des deux organisations effectuant fréquemment des allées venues dans les mêmes voitures. «Je ne compte plus les visites conjointes à Mangochi, a déclaré Irene del Río, coordinatrice du P4P du PAM; et après un certain nombre de visites, je peux dire que nous nous sentons tous également impliqués et responsables du succès global du projet, et que toutes ses composantes s’assemblent parfaitement». Le travail dans les écoles profite à l’ensemble de la communauté. Les élèves ont des repas scolaires diversifiés, avec fruits, légumes variés, viande et poisson. Personnel scolaire et parents d’élèves ont reçu une formation pour gérer les fonds, entretenir les jardins potagers scolaires, appliquer de nouvelles techniques agricoles; ils ont aussi appris à planter de nouvelles cultures. Les agriculteurs qui vendent aux écoles ont désormais un débouché stable et peuvent programmer leur production à l’avance. De plus, ils reçoivent une formation en production et en commercialisation qui renforce l’efficacité de leur travail.

 

Perspectives: Phase 2 du PAA Afrique

Construire des partenariats permet d’atteindre les objectifs du projet de façon plus efficace et avec un impact accru. L’échange constant d’expériences et de conclusions  est au cœur de la stratégie du  PAA Afrique, et cela se traduit concrètement par une conception, une organisation et une mise en œuvre conjointes des activités. En raison de sa nature multisectorielle, le  Programme doit faire intervenir toute la gamme d’acteurs concernés; promouvoir leur pleine participation et leur engagement de façon coordonnée est l’un de ses principaux enjeux. Comme le reconnaissent les équipes du PAA Afrique, il y a encore beaucoup de progrès à faire vers une approche plus intégrée. La possibilité d’améliorer la communication inter-organisations est vue comme essentielle pour renforcer les capacités des gouvernements nationaux, ainsi que les mécanismes multisectoriels.

Des organes consultatifs pour faciliter les décisions techniques, ainsi que des mécanismes participatifs de suivi et d’évaluation devront être mis en place durant la seconde phase du programme, de façon à améliorer la communication entre les parties prenantes et la coordination des actions sur le terrain. Mais avant tout, une forte volonté politique commune est indispensable pour renforcer encore ce partenariat dans la phase 2, ainsi que l’a souligné Catherine Feeney du PAM: «Au niveau du siège, une fois que l’engagement a été à son apogée, et il l’était très certainement dans les deux organisations, la volonté de faire ce travail était là. C’était un engagement important pour nous, il l’est toujours et je pense qu’il sera toujours présent… et peut-être même encore plus fort».


Lorena Braz, avec la collaboration de Rosana Miranda (PAM), Samson Kankhande (FAO) et Irene del Río (PAM)