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Plateforme des Connaissances Pastorales

L’autonomisation des femmes comme facteur central de résilience pour les pasteurs

Points saillants de la table ronde entièrement féminine en marge du CSA44


16/10/2017 -

Afin d’autonomiser les femmes des sociétés pastorales, il est important de leur garantir l’accès aux ressources naturelles et aux opportunités économiques. C’était cela le message clé du panel au féminin qui est intervenu lors de l’évènement sur le thème « L’autonomisation des femmes comme facteur central de résilience pour les pasteurs ». Organisé par la Plateforme des Connaissances Pastorales (PKH) de la FAO, cet évènement a eu lieu le 12 octobre 2017, en marge de la 44e rencontre du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale (CSA44).

Marite Alvarez, femme des communautés pastorales en Argentine et membre du réseau régional Pastoramericas, a attiré l’attention sur la marginalisation des femmes à cause de la perte de ressources et des acquisitions de terres à grande échelle. Puisque les hommes s’orientent de plus en plus vers les centres urbains à la recherche d’opportunités de travail, les responsabilités liées à la production de nourriture par l’agriculture et l’élevage pèsent sur les épaules des femmes. Toutefois, leurs droits sur les ressources naturelles ne sont pas sécurisés. 

Alors que la gestion locale et coutumière des ressources garantissait des formes de protection aux femmes, les systèmes fonciers légaux modernes mettent en danger le contrôle des femmes sur les ressources, comme l’a souligné Ann Waters-Bayer de l’équipe de la Coalition des Lobbies Européennes pour le Pastoralisme en Afrique de l’Est (CELEP). Elle a illustré des actions que les organisations de la société civile peuvent entreprendre pour aider les femmes des communautés pastorales à améliorer leur accès aux ressources, par exemple en supportant les groupes de femmes dans l’affirmation de leurs droits, en déterminant si les lois et les politiques ciblent les besoins effectifs des hommes et des femmes et en encourageant une éducation appropriée pour les filles et les femmes des communautés pastorales.

Les gouvernements nationaux peuvent jouer un rôle important dans la sécurisation des femmes des communautés pastorales. Ana-Regina Segura de l’Agence Espagnole pour la Coopération Internationale au Développement (AECID) a parlé de la manière dont les pays peuvent supporter le pastoralisme. Elle a fourni l’exemple des vias pecuarias espagnoles et des couloirs de passage du bétail qui permettent la mobilité saisonnière des troupeaux pastoraux. En intégrant le facteur genre au sein de toutes ses politiques, AECID fait que les femmes bénéficient d’un traitement égal pour ce qui concerne les droits liés aux moyens de subsistance et aux ressources.

En plus de l’accès aux ressources naturelles, les femmes des communautés pastorales doivent également avoir accès au crédit pour mener les activités pastorales. « Ce n’est que lorsque les femmes détiennent le contrôle sur les ressources financières qu’elles sont en mesure d’influencer la prise de décisions », a dit Sadia Ahmed, la représentante pays de la Somalie pour le Réseau Pastoral et Environnemental de la Corne d’Afrique (PENHA).

Susan Kaaria de la Division des Politiques Sociales et des Institutions Rurales de la FAO a présenté le cas du programme « Accélérer le progrès vers l’autonomisation économique des femmes rurales » qui est mis en œuvre dans la région éthiopienne de l’Afar en collaboration avec 500 femmes des communautés rurales, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA) and UN Femmes. Ce programme est basé sur une approche holistique comprenant la formation pour le développement de compétences financières et entrepreneuriales, l’alphabétisation des adultes et la gestion du crédit.

Développer les chaînes de valeur liées au pastoralisme représente une opportunité pour valoriser de telles formations, comme l’a suggéré Maty Ba Diao, la coordinatrice régionale du Projet Régional d’Appui au Pastoralism au Sahel (PRAPS). Par exemple, elles peuvent être exploitées pour le développement de la chaîne de valeur du lait à laquelle les femmes ont traditionnellement contribué en large mesure.

Perte de ressources, chocs climatiques, confits et politiques défavorables nuisent aux pasteurs, mais leur impact est de loin plus sévère pour les femmes, qui ont été historiquement marginalisées. Les femmes des communautés pastorales font fonction de gardiennes de la culture, la communauté et les activités de subsistance pastorales, et jouent un rôle crucial dans l’adaptation à des conditions changeantes. Par conséquent, il est essentiel, pour accroître la résilience des pasteurs, d’autonomiser les femmes en garantissant leur accès aux ressources naturelles et aux opportunités économiques.

 

Side Event - 25 - Women's empowerment for better resilience in pastoral communities

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