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©FAO/Pakistan

Réduction des risques de catastrophe dans l’agriculture

Entre 1998 et 2017 les catastrophes climatiques et géophysiques ont fait 1,3 million de morts ainsi que 4,4 milliards de blessés, de sans-abri et de personnes déplacées ou nécessitant une aide d'urgence. Les pertes économiques directes, dont 77 % imputables à des catastrophes climatiques, ont totalisé près de 3 trillions de dollars US.

L’agriculture, qui constitue le moyen d’existence de plus de 2,5 milliards de personnes, est particulièrement vulnérable. Entre 2006 et 2016, le secteur agricole des pays en développement a subi 23 % du total des dommages et des pertes liés aux risques naturels.

Réduire les risques, renforcer la resilience.

La FAO soutient la mise en œuvre cohérente du Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe de 2015 (CASRRC), de l’Accord de Paris et du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Ses efforts en matière de gouvernance et de réduction des risques de catastrophe couvrent les domaines suivants : (i) intégration de la réduction des risques de catastrophe dans la planification du développement agricole, (ii) renforcement des capacités en matière de suivi de l’impact des catastrophes sur l’agriculture, (iii) promotion de la cohérence entre la réduction des risques de catastrophe et les processus d’adaptation au changement climatique.

Messages clés

  • Le nombre et l’impact des catastrophes, notamment climatiques, enregistrent une augmentation significative. Il est crucial que tous les pays substituent aux approches de réponse réactives héritées du passé des actions et des investissements préventifs proactifs, comme convenu dans le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe. La mise en place de mesures efficaces de réduction des risques pourrait éviter de nombreuses catastrophes d’ampleur faible ou moyenne ou en limiter l’impact.
  • Il est indispensable d’intégrer la réduction des risques de catastrophe autant dans les plans sectoriels de développement agricole que dans les stratégies de développement socioéconomique. Pour ce faire, il convient d’agir aux échelons local, régional et national et de mettre en place une coopération intersectorielle.
  • L’agriculture n’est pas uniquement victime des catastrophes : lorsqu’elle tient compte des risques, elle participe à l’amélioration de la résilience. Les agriculteurs, les pasteurs, les pêcheurs et les communautés tributaires de la forêt sont les gardiens directs de l’environnement. Leurs choix de gestion des ressources naturelles peuvent éviter de transformer les risques naturels en situations de crise. Les services écosystémiques dispensés par les agriculteurs doivent être reconnus, chiffrés et transposés en retours tangibles pour eux.
  • Les politiques doivent prendre en considération le rôle de « tampon » joué par l’agriculture en périodes de crise car celle-ci possède la capacité d’absorber les chocs macro ou micro économiques et environnementaux. Le maintien de l’accès à la nourriture et aux moyens d’existence pendant et après les catastrophes et le renforcement progressif de la résilience des populations touchées dépendent de façon cruciale de l’agriculture. Les responsabilités sectorielles et les dotations budgétaires doivent tenir compte de ces fonctions du secteur agricole.
  • Au cours des dix dernières années, la part de l’aide publique au développement (APD) consacrée à la prévention et à la préparation aux catastrophes dans le secteur agricole n’a que peu augmenté et n’a représenté que 3 % du montant total de l’APD consentie à l'agriculture au titre de la réduction et de la gestion des risques de catastrophes. Pourtant, les investissements dans la prévention et la préparation axés sur l’agriculture présentent un intérêt incontestable. Les bonnes pratiques de réduction des risques de catastrophe au niveau des exploitations génèrent des avantages en moyenne 2,2 fois plus élevés que les pratiques agricoles antérieures. Il faut recourir à des politiques et des mesures incitatives proactives pour accroître l’investissement dans la prévention des catastrophes et généraliser les bonnes pratiques de réduction des risques de catastrophe fondées sur des données factuelles.

Ressources mises en avant

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