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Le Programme de développement pour l'après-2015 et les OMD

Changement climatique

  • Le changement climatique représente un nouveau défi pour les systèmes alimentaire et agricole. Il constitue une menace majeure pour la sécurité alimentaire mondiale, le développement durable et l’éradication de la pauvreté.
  • L’agriculture, y compris la foresterie et les pêches, doivent s’adapter aux effets du changement climatique, et renforcer la résilience des systèmes de production rurale en même temps que de gérer une hausse durable de ses biens et de services.
  • Contribuant aux émissions de gaz à effet de serre, l’agriculture, la foresterie et les pêches offrent également des possibilités d'atténuation des changements climatiques. Lorsqu'elle est appuyée par des mécanismes appropriés d’incitation, l’atténuation peut fonctionner en synergie avec l'adaptation, en contribuant de façon substantielle au développement rural et à la pérennité de l'environnement.
  • Le changement climatique doit faire partie intégrante de l’ensemble du programme de développement  afin de mener à des résultats plus durables.

Aperçu

L’agriculture, la foresterie et les pêches sont aujourd’hui confrontées à de nombreux défis. La production agricole devra augmenter mondialement de 60 pour cent d'ici 2050 pour répondre aux demandes d'aliments et de fourrage d’une population mondiale croissante et en évolution. Toutefois, la plupart des systèmes de production actuels sont déjà sous pression, en raison de la dégradation des terres et des ressources hydriques, ainsi que de la perte de la biodiversité et de services écosystémiques résultant de pratiques non durables. Ces problèmes seront encore exacerbés par les changements climatiques prévus et une augmentation projetée d'événements extrêmes. La production et les moyens d'existence subiront les effets, entre autres, des hautes températures dépassant le seuil de survie des cultures, des arbres et des espèces de poissons, l'augmentation de l'acidité des océans et la sévérité accrue des phénomènes climatiques extrêmes. Faute de s'attaquer dûment à ces problèmes, il sera impossible de garantir la sécurité alimentaire mondiale, le développement durable et équitable, et l'éradication de la pauvreté.

Le changement climatique  devrait avoir différents types d'effets sur l’agriculture, la foresterie et la pêche. S'il est vrai que la hausse des températures et les effets de la fertilisation par CO2 peuvent s'avérer positifs à court terme pour la production dans certaines régions, on estime que les conséquences globales pour les récoltes seront néfastes. Et les groupes qui seront les plus touchés sont les plus vulnérables, dont la capacité d'adaptation est la plus faible et qui sont les plus exposés aux aléas climatiques extrêmes. L’agriculture, la foresterie et l'utilisation des terres associées apportent 20-30 pour cent du total des émissions anthropiques de GES. L’expansion agricole en faveur des productions végétale et animale est une cause majeure de déforestation et de dégradation des tourbières, ce qui entraîne des pertes considérables de stocks de carbone contenus dans ces précieux écosystèmes, de même que leurs ressources génétiques.

Principaux enjeux

Le changement climatique représente une réelle menace pour la sécurité alimentaire mondiale. Il affecte les quatre dimensions de la sécurité alimentaire : disponibilité, accessibilité de l’alimentation, stabilité de l’approvisionnement alimentaire et l’aptitude des consommateurs à utiliser les denrées alimentaires en suffisance, y compris la sécurité alimentaire et la nutrition. L’agriculture et les systèmes alimentaires doivent subir des transformations radicales dans le but de faire face aux défis liés à la sécurité alimentaire et au changement climatique.

L’adaptation des secteurs agricoles, de la foresterie et de la pêche, qui sont centrés sur le renforcement de la résilience des systèmes de production et des communautés locales qui en dépendent, est d'une importance capitale pour affronter les changements projetés des conditions climatiques. Ces actions doivent être menées dans le contexte d’une augmentation durable nécessaire de la production agricole. Des éléments cruciaux de cette stratégie sont l'utilisation plus efficace des ressources et la mobilisation des services écosystémiques. L’agriculture, la foresterie et la pêche peuvent donc contribuer de façon significative aux efforts d'atténuation à l'échelle mondiale, moyennant la réduction de l'empreinte carbonique grâce à l'adoption de stratégies de croissance à faibles émissions et le renforcement du stockage de carbone dans les sols, les forêts et les systèmes aquatiques.

Que faut-il faire?

Relever les défis que pose le changement climatique exige une coordination entre diverses approches, souvent propres à certains secteurs aux pratiques et aux conditions locales. La FAO a élaboré une approche unifiée, connue sous le nom d’agriculture intelligente face au climat pour créer les conditions techniques, politiques et d'investissement requises en vue de soutenir ses pays membres à parvenir à la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique. Cette approche reconnait qu’il est nécessaire de mettre en œuvre une action aux côtés de ces trois piliers interdépendants :

  1. Accroître la productivité agricole et les revenus de façon durable ;
  2. Adapter et renforcer la résilience face aux changements climatiques ; et
  3. Réduire et/ou éliminer les émissions de gaz à effet de serre, chaque fois que possible.

D’après le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat, une augmentation de 2 à 3 degrés Celsius, par rapport aux niveaux de températures préindustrielles, pourrait entrainer un risque de plus en plus élevé d’extinction d’environ 20 à 30 pour cent des espèces évaluées.

L’approche de la CSA permet d’effectuer des évaluations spécifiques localisées des avantages potentiels des technologies et des pratiques agricoles susceptibles de servir d'orientation aux stratégies agricoles en termes de sécurité alimentaire, d’adaptation et d'atténuation. La CSA établit un lien explicite entre le financement de la lutte contre le changement climatique et les sources traditionnelles de financement lié à l'agriculture, en identifiant les avantages de l'adaptation et de l'atténuation et les moyens de mesurer, de communiquer et de vérifier la fourniture de ces services.

La gouvernance internationale est un élément vital pour garantir l'adoption de mesures appropriées dans les secteurs liés à la conception et la mise en œuvre d'interventions pour faire face aux changements climatiques. La Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques est la principale instance politique pour aborder les questions relatives aux changements climatiques. En 2015, un nouveau régime international en matière de climat devra être convenu dans le cadre de la CCNUCC afin d'éviter que le réchauffement mondial n'atteigne des niveaux critiques. Cet accord devra tenir compte des préoccupations des pays en développement, et en particulier des pays les moins avancés, et de leurs besoins de s'adapter à la variabilité croissante et aux effets prévus des changements climatiques sur leur secteur agricole tout en renforçant leur possibilité de contribuer à la réduction globale des émissions de gaz à effet de serre.