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Le Programme de développement pour l'après-2015 et les OMD

Écosystèmes, biodiversité et génétique

  • Le rôle essentiel de la biodiversité dans le développement durable a été reconnu dans le document final Rio+20, L’avenir que nous voulons.
  • La biodiversité procure des biens et des services de base dont dépendent la sécurité alimentaire et la nutrition: elle doit donc être préservée et utilisée de manière durable.
  • La diversité et la richesse des écosystèmes, notamment en ce qui concerne les espèces et les ressources génétiques, sont fondamentales pour assurer la production durable, l’éradication de la pauvreté, le développement économique durable, la santé et d’autres objectifs à l’échelle mondiale.
  • La préservation de la biodiversité et des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, ainsi que le maintien et la restauration des fonctions et des services écosystémiques doivent constituer des objectifs communs de tous les secteurs qui contribuent au développement durable, à la sécurité alimentaire et à une meilleure nutrition.
  • Les instruments relatifs à la biodiversité développés au sein des secteurs alimentaires et agricoles (incluant les cultures, l’élevage, la foresterie, la pêche et l’aquaculture) pourraient jouer un rôle clé pour atteindre les objectifs de biodiversité.

Aperçu

La biodiversité* est un élément fondamental pour garantir la sécurité alimentaire et la nutrition. Sa composante génétique fournit la variation nécessaire pour augmenter la production alimentaire, améliorer sa qualité et l’adapter aux conditions environnementale et socio-économique en constante évolution. La biodiversité fournit également des services écosystémiques essentiels aux systèmes de production. Des écosystèmes en bonne santé sont résilients face au stress et constituent un élément fondamental pour affronter les effets du changement climatique.

La biodiversité présente une importance particulière pour des questions critiques de la vie  telles que l’éradication de la faim, la réduction de la pauvreté, la santé et le développement économique durable. Beaucoup de secteurs économiques dépendent des services de la biodiversité et des écosystèmes, dont l’agriculture, la pêche, la foresterie, la santé, la nutrition, l’énergie et le tourisme. Les pêcheries du monde emploient quelque 200 millions de personnes et leur valeur est estimée à 80 milliards de dollars EU. Les insectes et d’autres animaux qui véhiculent le pollen, en particulier pour les fruits et les légumes, représentent, selon les estimations, plus de 200 milliards de dollars EU par an pour l’économie alimentaire mondiale.

Principaux enjeux

L’accroissement prévu de la population humaine et la nécessité d'une plus grande quantité de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et de fibres vont exercer une pression accrue sur l'environnement. Plusieurs facteurs importants (par exemple, les changements d'affectation et la dégradation des terres, l’utilisation non durable des ressources, la pollution, les espèces exotiques envahissantes, les changements climatiques et l'acidification des océans) ont des effets négatifs sur la biodiversité, réduisent le nombre d'espèces, appauvrissent leur diversité génétique et exercent une pression sur les écosystèmes qui va souvent au-delà de leurs capacités.

Actuellement,  les êtres humains utilisent seulement une infime partie de la biodiversité existante pour assurer la sécurité alimentaire et la nutrition. Par exemple, des 30 000 plantes terrestres reconnues comme comestibles, seules quatre d’entre elles – le blé, le riz, le maïs et la pomme de terre – fournissent 60 pour cent de la ration énergétique de la population mondiale. Les espèces aquatiques fournissent environ 20 pour cent des apports en protéines animales pour quelque 3 milliards de personnes dans le monde entier. En aquaculture, on estime que 10 espèces de poissons  et d’algues d’élevage sur 600 représentent environ 50 pour cent de la production. Utiliser un nombre restreint d’espèces, souvent avec une base génétique restreinte, augmente la vulnérabilité des systèmes agricoles et met la sécurité alimentaire et la nutrition en situation de risque accru.

Les ressources génétiques des cultures et des races sont en train de disparaitre, en raison de plusieurs causes, notamment la surexploitation ou la négligence. Des 8 300 races connues de bétail, 8 pour cent environ ont complètement disparu et 22 pour cent sont en voie d'extinction. Dans les océans, près de 30 pour cent des stocks font l’objet d’une surpêche.

En outre, il reste encore beaucoup d’informations non complètes. Le processus actuel de dégradation des forêts a de graves répercussions sur les ressources génétiques des forêts, avant même que leur utilisation potentielle ait été étudiée de façon adéquate. Actuellement, moins de 1 pour cent des quelque 80 000 espèces d’arbres dans le monde a été étudié en profondeur pour évaluer leur utilisation. De plus, les contributions majeures des micro-organismes et des invertébrés à la sécurité alimentaire et à la nutrition sont encore trop peu connues pour pouvoir les gérer de manière adéquate.

Une partie importante des populations du monde dépend directement de la biodiversité et des services écosystémiques; ce sont, par conséquent, leurs moyens d'existence qui seront les plus directement et les plus fortement touchés par la perte de biodiversité. Les effets seraient particulièrement graves pour les personnes pauvres et vulnérables, les femmes, les enfants et les personnes indigènes.

Que faut-il faire?

Le maintien de la biodiversité est une responsabilité mondiale. La conservation, la restauration, et l’utilisation durable de la biodiversité peut fournir des solutions viables à une série de défis relatifs à la société.

Plusieurs initiatives mondiales ont été lancées et assurent la préservation et l’utilisation durable de la biodiversité, y compris les ressources génétiques destinées à l’alimentation et à l’agriculture, ainsi que les services éco-systémiques. La Décennie des Nations Unies pour la biodiversité dynamise le Plan stratégique pour la biodiversité pour la période 2011–2020 et les Objectifs de biodiversité d’Aichi qui sont reconnus comme cadre du système des Nations Unies pour résoudre les problèmes liés à la biodiversité aux niveaux génétique, des écosystèmes et des espèces.

De plus, un nombre d’instruments relatifs à la biodiversité ont été développés dans les différents secteurs de l'agriculture, y compris les cultures, le bétail, les forêts, les pêches, l'aquaculture. Leur mise en œuvre doit être renforcée, notamment via leur intégration aux Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité.

Afin de faciliter la mise en œuvre de ces instruments au niveau national, davantage d’investissements à différents niveaux sont nécessaires. La préservation de la biodiversité et des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, ainsi que le maintien et la restauration des fonctions et des services écosystémiques doivent constituer des objectifs communs de tous les secteurs qui contribuent au développement durable, à la sécurité alimentaire et à la nutrition.

 

* La diversité biologique est définie comme la « variabilité des organismes vivants [...]; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes ». (Convention sur la diversité biologique (CDB), Article 2. Emploi des termes.