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Le Programme de Développement pour l'après 2015 et les OMD
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Agriculture durable

  • Les systèmes de production et les politiques et institutions qui appuient la sécurité alimentaire sont de moins en moins suffisants.
  • L’agriculture durable doit favoriser des écosystèmes sains et une gestion durable de la terre, de l’eau et des ressources naturelles, tout en garantissant une sécurité alimentaire mondiale.
  • Pour être durable, l’agriculture doit répondre aux besoins des générations présentes et futures quant aux produits et aux services, tout en garantissant une rentabilité, une santé environnementale, et une équité sociale et économique.
  • La transition globale vers une alimentation et une agriculture durable requiert d’importantes améliorations en ce qui concerne l’efficacité de l’usage des ressources, la protection de l’environnement et la résilience des systèmes.
  • Une agriculture durable requiert un système de gouvernance globale dont les politiques et régimes commerciaux promeuvent la sécurité alimentaire, et dont les politiques agricoles soient revues en vue de renforcer les marchés agricoles locaux et régionaux.

Aperçu

Les niveaux élevés de faim et de malnutrition qui persistent – 842 millions de personnes souffraient de faim chronique dans le monde en 2011-2013 – et la charge insupportable et croissante des activités humaines sur les capacités de la terre mettent à rude épreuve l’agriculture, qui subit en outre la pression d’une croissance démographique mondiale continue. Pour répondre à la demande croissante de la population mondiale à l’horizon 2050, soit 9 milliards de personnes, et aux changements attendus du régime alimentaire, il faudra augmenter la production agricole mondiale de 60 pour cent au cours de la même période. Parallèlement, environ un tiers des aliments produits – soit 1,3 milliard de tonnes chaque année – est perdu ou gaspillé dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, entrainant ainsi des coûts financiers et environnementaux importants.

Il existe un lien frappant entre la croissance agricole et l’éradication de la faim et de la pauvreté. L’agriculture, dans le sens large du terme – c’est-à-dire la production animale et végétale, les pêches et la foresterie – fournit, entre autres biens et services, des revenus, des emplois et des aliments à la plupart des personnes qui vivent actuellement dans la pauvreté. Il en découle qu’en moyenne, à l’échelle mondiale, la part de croissance du PIB imputable à l’agriculture est au moins deux fois plus efficace pour réduire la pauvreté que celle liée aux secteurs non agricoles, et jusqu’à cinq fois plus efficace que d’autres secteurs dans les pays à faible revenu et dont les ressources sont limitées.

Principaux enjeux

La trajectoire actuelle qu’effectue la croissance de la production agricole n’est pas  durable et ce, en raison de ses effets négatifs sur les ressources naturelles et sur l’environnement. Un tiers des terres agricoles se dégrade, on note jusqu’à 75 pour cent de perte en ce qui concerne la diversité génétique des cultures et 22 pour cent des races animales sont en danger. Plus de la moitié des stocks en poissons sont pleinement exploités et, au cours de ces dix dernières années, quelque 13 millions d’hectares de forêts ont été affectés annuellement à d’autres usages.

Les défis globaux auxquels notre époque est confrontée sont la rareté croissante et la dégradation rapide des ressources naturelles. La demande en denrées alimentaires, en aliments pour animaux, en fibres et en produits et services agricoles (notamment la récolte, l’élevage, la foresterie, la pêche et l’aquaculture) augmente rapidement. On prévoit que la croissance démographique sera la plus élevée dans les zones qui dépendent de l’agriculture et qui ont déjà des taux élevés d’insécurité alimentaire. D’autres facteurs – dont beaucoup sont étroitement liés – compliquent la situation :

  • Les rivalités relatives aux ressources naturelles vont continuer à s’intensifier. Ceci peut découler de l’expansion urbaine, de la concurrence entre les nombreux secteurs agricoles, de l’expansion de l’agriculture au détriment des forêts, de l’utilisation industrielle de l’eau, ou encore de l’utilisation des terres à des fins récréatives. Dans de nombreux endroits, ceci a pour effet d’exclure les usagers traditionnels de l’accès aux ressources et aux marchés.
  • Alors que l’agriculture contribue considérablement au changement climatique, elle est également victime de ses effets. Le changement climatique réduit la résilience des systèmes de production et contribue à la dégradation des ressources naturelles. La température augmente ; les régimes climatiques modifiés et les évènements météorologiques extrêmes devraient s’aggraver de manière significative dans le futur.
  • La circulation croissante des personnes et des marchandises, les changements environnementaux, et les modifications de pratiques de production génèrent de nouveaux risques de contagion (tels que les mouches de fruits téphritides), ce qui peut affecter la sécurité alimentaire, la santé humaine et l’efficacité et la durabilité des systèmes de production. Les menaces sont aggravées par des politiques et des capacités techniques inadéquates, ce qui peut mettre l’ensemble de la chaine alimentaire en danger.
  • L’agenda politique et les mécanismes de production et de conservation des ressources sont pour la plupart mal articulés. Il n’existe pas de gestion claire et intégrée des écosystèmes et/ou des paysages.

 

Que faut-il faire?

Cinq principes fondamentaux sont issus des défis exposés ci-dessus, et visent à guider le développement stratégique de nouvelles approches ainsi que la transition vers la durabilité :

  • Principe 1: Améliorer l’efficacité dans l’utilisation des ressources est fondamental pour l’agriculture durable.
  • Principe 2: La durabilité exige des actions directes pour conserver, protéger et mettre en valeur les ressources naturelles.
  • Principe 3: Une agriculture qui ne réussit pas à protéger et améliorer les modes de vie ruraux et le bien-être social n’est pas une agriculture durable.
  • Principe 4: L’agriculture durable doit améliorer la résilience des populations, communautés et écosystèmes, en particulier en matière de changement climatique et de volatilité du marché.
  • Principe 5: Une bonne gouvernance est essentielle pour garantir la durabilité des systèmes tant naturels qu’humains.

En vue de faire face à la rapidité des changements et à l’incertitude croissante, la durabilité doit être perçue comme un processus, et non comme un point final singulièrement défini à atteindre. Ceci exige alors le développement de cadres techniques, politiques, de gouvernance et de financement qui soutiennent les producteurs agricoles et les gestionnaires de ressources engagés dans un processus dynamique d’innovation. En particulier :

  • Il est nécessaire d’avoir recours aux politiques et aux institutions qui fournissent des mesures visant à inciter à l’adoption de pratiques durables, afin d’imposer des règles et des coûts aux actes qui réduisent ou dégradent les ressources naturelles, et pour faciliter l’accès à la connaissance et aux ressources requises.
  • Les pratiques de l’agriculture durable doivent exploiter pleinement les technologies, la recherche et le développement, mais en intégrant davantage les connaissances locales qu’auparavant. Cela exige des partenariats nouveaux et renforcés entre les organisations techniques et les organisations axées sur les investissements.
  • La planification et la gestion des secteurs agricoles, reposant sur des données factuelles, exigent des statistiques appropriées, des informations et cartes géo-spatiales, des informations et des connaissances qualitatives. Les analyses devraient se concentrer tant sur les systèmes de production que sur les ressources naturelles et socio-économiques sous-jacentes.
  • Les défis liés aux stocks et aux taux d’utilisation des ressources naturelles transcendent souvent les frontières nationales. Les mécanismes et les processus de gouvernance internationale doivent soutenir la croissance durable (et le partage équitable des bénéfices) dans tous les secteurs agricoles, en protégeant les ressources naturelles et en décourageant les dommages collatéraux.