FAO.org

Accueil > Le Programme de développement pour l'après-2015 et les OMD > Contexte
Le Programme de développement pour l'après-2015 et les OMD

Contexte

Les objectifs actuels pour le développement ont pour origine la Déclaration du Millénaire, une vision partagée entre les dirigeants mondiaux qui fut adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) en 2000. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui l'ont suivie servent de jalons pour le développement mondial et national jusqu'à la fin de l'année 2015.

Alors que les OMD arrivent à leur terme, l’attention se tourne vers le cadre censé leur succéder. Le Programme de développement pour l’après-2015 est mené par les États membres de l’ONU avec l’appui du système des Nations Unies et les contributions de multiples parties intéressées. Alors que les OMD étaient centrés sur les pays en développement, les Objectifs de développement durable (ODD) seront « appliqués dans tous les pays compte tenu des réalités, des ressources et du niveau de développement respectifs de ceux-ci ainsi que des politiques et des priorités nationales ». Les nouveaux objectifs devront également être concrets, concis, faciles à comprendre, en nombre limité, ambitieux et d’envergure mondiale. Les États membres devraient se mettre d'accord, fin juillet 2015, sur un document final qui sera adopté à l’occasion d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement, les 25 et 27 septembre 2015.

FAO et l’après 2015

La FAO a soutenu activement les États membres dans le processus du Programme de développement pour l’après-2015. Elle a codirigé l’une des 11 Consultations Thématiques Mondiales (Faim, Sécurité Alimentaire et Nutrition) et a soutenu les sessions du Groupe de travail ouvert en apportant ses connaissances et son expertise aux thèmes liés à la durabilité environnementale, sociale et économique. L’Organisation a identifié 14 domaines thématiques pour mettre à contribution ses connaissances techniques en vue d'appuyer le GTO, et a continué à apporter son soutien technique, notamment en identifiant des indicateurs viables et des moyens d’action appropriés pour influencer les négociations intergouvernementales de l’AGNU. La FAO fournit également des ressources pour parrainer et organiser des manifestations en vue d'informer et d'engager les États membres, les parties intéressées et le grand public dans le processus de l’après-2015.

Les origines

Le processus pour l'après-2015 a initialement comporté deux volets distincts. Dans le premier, le Groupe de travail ouvert (GTO) sur les Objectifs de développement durable (ODD) et le Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable ont été instigués par les États Membres en juin 2012, à l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), à Rio de Janeiro. Appelant à la participation dans son travail des « parties prenantes ainsi qu’à l'expertise de la société civile, de la communauté scientifique et du système des Nations Unies », le GTO a organisé huit sessions d'évaluation sur des thèmes clés liés à la durabilité environnementale, sociale et économique. Ces sessions se sont tenues chaque mois, sur une période de 3 à 5 jours, de mars à juin 2013, puis de novembre 2013 à février 2014. Le GTO est ensuite passé à la phase de délibération entre les mois de mars et juillet 2014, qui a abouti à la rédaction d’un document final, comprenant un chapeau introductif, 17 objectifs et 169 cibles, et qui a été  présenté à l’AGNU en juillet 2014. Le rapport final du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable a été présenté en août 2014, après huit sessions, entre les mois d’août 2013 et août 2014.

Le second volet de l’après-2015 a répondu à la nécessité de s’impliquer davantage dans le processus visant à définir des objectifs mondiaux, qui était par ailleurs l’une des leçons fondamentales tirées du processus des OMD. Mandaté par l’AGNU, le Secrétaire général des Nations Unies (SG) a sollicité la contribution d’un large éventail de parties intéressées, rassemblant l’opinion du grand public, de la société civile, des institutions scientifiques et universitaires, des parlements, des autorités locales et du secteur privé. Formant partie intégrante de ce processus inclusif, les organismes du système des Nations Unies ont été impliqués dans l’organisation de deux séries de consultations/dialogues. La première s’est tenue au niveau mondial, régional et national entre novembre 2012 et avril 2013, autour des priorités pour un nouveau cadre. La deuxième série, qui s’est tenue au niveau national et local, entre avril 2014 et avril 2015, a abordé les « moyens de mise œuvre » (ou moyens d’action). Les résultats ont été présentés aux États membres et ont façonné le rapport du Secrétaire général sur les OMD ainsi que le Programme de développement pour l’après-2015, à l’occasion de la 68ème session de l’AGNU, en septembre 2013. Un groupe consultatif d'experts indépendants sur la révolution des données pour le développement durable (sous les sigles IEAG en anglais), créé par le Secrétaire général en août 2014, a formulé un rapport paru en novembre 2014 faisant des propositions autour des mesures nécessaires pour remédier au manque de données et renforcer les capacités en matière de statistiques à l’échelle nationale.

La phase finale

Faisant fusionner les deux volets initiaux du processus, l’AGNU a adopté une résolution le 10 septembre 2014 faisant de la proposition du GTO « la principale base de l'intégration des ODD dans le Programme de développement pour l’après-2015, tout en reconnaissant que d’autres contributions seront également considérées dans le processus, lors de la 69ème session de l’AGNU ».

Le Secrétaire général de l’ONU a présenté son rapport final sur l’après-2015 en décembre 2014, faisant la synthèse des différentes contributions au processus. Saluant le rapport du GTO, il a proposé un ensemble intégré de six éléments essentiels: dignité; êtres humains; prospérité; planète; justice; et partenariat pour contribuer à communiquer autour des objectifs.

Lors de la phase finale du processus sur le Programme de développement pour l’après-2015, les négociations intergouvernementales de l'AGNU sur l’après-2015 (sous les sigles IGNP en anglais) se dérouleront au siège de l'ONU, à New York, de janvier à juillet 2015. À la suite des huit sessions prévues, les États membres devraient se mettre d'accord sur l’issue qui sera adoptée à l’occasion d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement, les 25 et 27 septembre 2015. Le document final comprendra une déclaration; les Objectifs de développement durable (ODD) et les cibles; les moyens d’action et le partenariat mondial pour le développement durable; le suivi et l’examen de mise en œuvre.

Dans la conclusion du document final, les négociations intergouvernementales se coordonneront et seront influencées par les résultats des différentes conférences intergouvernementales et axes de travail en la matière. Les États membres recevront des conseils techniques de la part de la Commission de statistique des Nations Unies (CSNU) – un organisme intergouvernemental – sur un cadre d’indicateurs en amont de la 3ème session sur les ODD et les cibles, qui se tiendra du 23 au 27 mars.

Jouant un rôle majeur en contribuant à mettre en œuvre  un cadre de développement global transformateur, le rapport de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement (sous les sigles FfD3 en anglais), qui se tiendra du 13 au 16 juillet à Addis Abeba, devrait conduire à un accord négocié au niveau intergouvernemental sur l’utilisation effective du financement et de la mobilisation des ressources pour le développement. L’on comptera également sur une importante coordination entre les facilitateurs des processus sur les négociations intergouvernementales et la Conférence sur le financement du développement pour déterminer la portée exacte de la Conférence au delà du financement, en vue d’inclure potentiellement les moyens d’action, un partenariat mondial renouvelé pour le développement et d'autres éléments.

Enfin, bien qu’il intervienne postérieurement à l’adoption des objectifs pour l’après-2015, le résultat de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015 et où les gouvernements auront pour mission de convenir d’un accord légalement contraignant sur le climat, aura également un impact sur l’effectivité du Programme pour l’après-2015. 

Au-delà 2015

L’une des questions fondamentales relative au processus concerne le rôle et la capacité à réagir efficacement du système des Nations Unies pour soutenir les États dans la mise en œuvre du Programme de développement pour l’après-2015. Dans le cadre des débats successifs,  le Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CCS) a identifié cinq éléments clés caractéristiques du « fit for purpose »:  universalité, intégration, droits de l’Homme, égalité et données pour le développement.

Le Forum politique de haut niveau pour le développement durable (sous les sigles HLPF en anglais), créé à Rio+20, a été fréquemment cité pour servir de potentielle plateforme pour le suivi et l’examen du Programme de développement pour l’après-2015. Le Forum se réunit tous les quatre ans au niveau des chefs d’État et de gouvernement sous les auspices de l’AGNU, et tous les ans sous les auspices de l’ECOSOC.