Conférence sur la pomme de terre à Cuzco

Pérou
25-28 mars

La ville historique de Cuzco, dans les Andes péruviennes, au coeur du centre d'origine de la pomme de terre, hébergera en mars l'un des principaux événements de l'Année internationale de la pomme de terre: une conférence mondiale décisive, intitulée «Connaissances scientifiques sur la pomme de terre au service des pauvres», parrainée par le Centre international de la pomme de terre et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.

La conférence vise à exploiter le potentiel de la pomme de terre pour qu'elle joue un rôle plus important encore dans l'agriculture, l'économie et la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays les plus pauvres.

La pomme de terre est promise à un brillant avenir. Au Pérou, l'inflation du prix des denrées alimentaires a incité le gouvernement à réduire les onéreuses importations de blé en encourageant la population à consommer du pain à base de farine de pomme de terre. En Chine, qui est le premier producteur mondial de pommes de terre (72 millions de tonnes en 2007), des spécialistes proposent que la pomme de terre devienne la principale culture vivrière sur la majeure partie de la surface agricole du pays.

Toutefois, pour accroître la rentabilité des cultures de pomme de terre, il faut améliorer la qualité des semences, utiliser des systèmes agricoles qui font un usage plus judicieux des ressources naturelles et des variétés moins exigeantes en eau, plus résistantes aux ravageurs et aux maladies, et mieux adaptées au changement climatique.

Productivité, rentabilité, durabilité. Pendant quatre jours, plus de 90 experts mondiaux de la pomme de terre et de la recherche pour le développement discuteront des stratégies pour accroître la productivité, la rentabillité et la durabilité des systèmes fondés sur la pomme de terre, en particulier dans les pays en développement.

Ils analyseront les défis du développement de la pomme de terre auxquels sont confrontés trois types d'économies, tels que définis dans le Rapport sur le développement dans le monde 2008 de la Banque mondiale, dans les pays en développement. Le premier, ce sont les pays dont l'économie repose sur l'agriculture, notamment l'Afrique, où les pauvres sont concentrés dans les zones rurales et cultivent des pommes de terre pour nourrir leur famille et les vendre sur le marché local. Le CIP et la FAO estiment que dans ces pays, il faut accorder la priorité à la recherche et au partage de technologies pour impulser la «révolution de la productivité durable» et que les produceurs aient accès aux marchés nationaux et régionaux de produits alimentaires.

Il faut mettre au point des stratégies pour les «économies en mutation » de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient, où la pomme de terre fait l'objet d'une culture intensive sur de très petites fermes commerciales. Le défi de ces pays est de pérenniser des systèmes de production intensive et d'accroître la productivité tout en réduisant au minimum les risques sanitaires et environnementaux.

Dans les économies urbanisées de l'Amérique latine, de l'Asie centrale et de l'Europe de l'Est, le défi consiste à garantir la durabilité sociale et environnementale des systèmes agricoles reposant sur la pomme de terre et de permettre aux petits producteurs d'avoir accès à de nouveaux marchés de produits alimentaires.

Agriculteurs-chercheurs. Les participants à la conférence visiteront le «Parc de la pomme de terre» de 12 000 ha près de Cuzco, où des agriculteurs-chercheurs ont remis en production plus de 600 variétés traditionnelles de pommes de terre, qui serviront de base à la mise au point de nouvelles variétés.

La conférence devrait déboucher, entre autres, sur ce qu'on appelle le « Défi de Cuzco »: pendant un an, les spécialistes mondiaux de la pomme de terre discuteront des problèmes et des perspectives de développement de cette culture primordiale.