Bertrand Delannoy

«Des connaissances et des compétences à partager»

McCain Foods Ltd est le plus gros producteur mondial de produits surgelés dérivés de pommes de terre, notamment de frites. Bertrand Delannoy est Responsable des Relations Publiques et de la Durabilité de McCain Continental Europe.

McCain est la société du secteur privé qui a le plus contribué à l'Année internationale. Pourquoi a-t-elle décidé de soutenir l'IYP?

«Cela fait maintenant plus d'un demi-siècle que McCain se consacre au négoce de la pomme de terre; nous avons d’abord créé une petite usine à Florenceville, dans le Nouveau-Brunswick, puis avons essaimé en Amérique du Nord, en Europe, en Australasie et, depuis le milieu des années 1990, en Amérique latine, en Afrique du Sud et en Asie. Aujourd’hui nous opérons dans 130 pays et possédons 57 sites de production sur cinq continents. Mais pour nous la pomme de terre est plus qu’un simple commerce. Nous partageons, avec les Nations Unies, leurs Objectifs du Millénaire pour le développement et nous avons vu en l’IYP l’occasion de contribuer à sensibiliser le monde entier à la valeur nutritive de la pomme de terre et aux problèmes majeurs dans la lutte contre la faim et la pauvreté – durabilité, fourniture de denrées alimentaires nutritives à des prix accessibles, consolidation des capacités agricoles dans les pays en développement et participation à la mise au point de nouvelles variétés. McCain est implanté dans le monde entier et, en partageant ses connaissances et ses compétences, la société peut aider ceux qui ont faim.»

McCain a financé des activités des comités nationaux de l'IYP dans 14 pays en développement. Quels objectifs devraient être atteints grâce à son aide?

«Les comités visent à faire participer toutes les parties prenantes – agriculteurs, secteur public et secteur privé, ONG, société civile et institutions scientifiques – à la promotion de la pomme de terre, à l'augmentation de la production et de sa valeur. Ce seront à l'avenir les catalyseurs des programmes nationaux de développement. Nous sommes fiers que le soutien de McCain ait permis de financer des campagnes d'information en Turquie, en Afrique du Sud et au Rwanda, la préparation d'une stratégie de développement de la pomme de terre en Côte d'Ivoire, une étude sur les tendances de la pomme de terre en Chine et le premier congrès national sur la pomme de terre au Pérou. Dans la République démocratique du Congo, le comité national travaille à un partenariat que McCain a établi avec les institutions locales à Kinshasa afin de promouvoir de bonnes pratiques de la culture de la pomme de terre en périphérie des villes. Nous espérons voir les fruits de cette collaboration dans les années à venir.»

La production et la consommation de pommes de terre augmentent considérablement dans ls pays en développement. Quelle est la stratégie de McCain pour pénétrer ces marchés émergents?

«McCain étend ses activités dans les pays en développement. Notre stratégie consiste dans un premier temps à évaluer la plate-forme locale de la pomme de terre, par exemple des facteurs comme les pratiques agricoles et la logistique en amont, y compris le stockage. Il est aussi important pour nous d'établir une relation directe à long terme gagnant-gagnant avec nos producteurs. Parfois nous achetons des usines de transformation, comme en Afrique du Sud, ou bien nous construisons des installations écologiques, comme en Argentine. Quand nous avons débuté en Argentine, les agriculteurs récoltaient encore manuellement. Nous avons introduit des techniques modernes qui ont permis d'accroître considérablement la production, en grande partie grâce aux exportations vers le marché brésilien, qui est un marché de taille. En Inde, nous venons de créer une nouvelle usine de transformation dans l'État du Gujarat, qui bénéficie d'un réseau d'agriculteurs sous contrat que nous formons aux pratiques agricoles améliorées, par exemple l'irrigation au goutte-à-goutte, afin de réduire les coûts de production, et le stockage des pommes de terre à haute température, qui permet de faire des économies importantes d'électricité. En Chine, nous en sommes à la phase d'étude, et nous avons la chance de cultiver, transformer et commercialiser nos produits dans ce qui promet d'être le plus gros marché du monde.»

Votre cœur de métier est la pomme de terre. Que répondez-vous quand on accuse la pomme de terre, en particulier les frites, d'être responsable du surpoids et de mauvaises habitudes alimentaires?

«La pomme de terre est un des aliments les plus énergétiques et les plus riches en éléments nutritifs, elle est contient plus de vitamines A et C et en micronutriments que le maïs et les tortillas de maïs. Sa teneur en potassium est très élevée, ce qui protège des maladies cardio-vasculaires. C'est pourquoi elle est indispensable dans une alimentation saine. Chez McCain, nous nous efforçons d'améliorer sans cesse les qualités nutritionnelles de nos produits afin de répondre à la demande et aux inquiétudes des consommateurs. Nous avons par exemple modifié toutes nos huiles de friture partout dans le monde pour éliminer pratiquement les graisses insaturées et ramené les taux des graisses saturées bien en dessous de ceux qui sont recommandés par l'OMC. Dans les marchés mûrs, comme les pays européens, nous avons remplacé la friture par la cuisson au four et à la casserole. En Afrique du Sud, où se posent parfois des problèmes de logistique, nous envisageons de produire et de commercialiser des pommes de terre déshydratées, enrichies en macro et micronutriments, elles sont moins chères à commercialiser et pourraient entrer dans la composition d'un repas nutritif à un prix accessible pour les consommateurs à faibles revenus.»