Introduction
 

Que sont les bonnes pratiques agricoles?

Une multitude de codes, normes, standards et réglementations sur les bonnes pratiques agricoles (BPA) a été développée ces dernières années par l'industrie agro-alimentaire et les organisations de producteurs et d'exportateurs mais aussi par les gouvernements et les ONG, dans le but de contrôler les pratiques de production au niveau des exploitations agricoles pour divers produits. L'objectif de ces codes peut être aussi bien d'appuyer la mise en conformité avec les exigences commerciales ou les régulations étatiques (en particulier sur la sécurité sanitaire et la qualité des aliments), ou de répondre aux besoins spécifiques de certaines niches de marché. Ces codes, normes, standards ou réglementations peuvent avoir pour objectif de:

  • Assurer la sécurité sanitaire et la qualité des aliments produits, stockés et/ou emballés au niveau de l'exploitation ;
  • S'assurer de nouveaux avantages commerciaux en modifiant les rapports de force au sein des filières, par la mise en place de codes ou cahiers des charges ;
  • Améliorer l'utilisation des ressources naturelles et la santé des travailleurs et les conditions de travail ; et/ou,
  • Créer de nouvelles possibilités commerciales pour les agriculteurs et les exportateurs dans les pays en développement.

Les bonnes pratiques agricoles sont des « pratiques qui permettent d'assurer que l'exploitation agricole soit durable au niveau environnemental, économique et social, et produise des produits alimentaires et non alimentaires sains et de bonne qualité » (document BPA, COAG FAO 2003) (html).

Le concept de bonnes pratiques agricoles peut servir d'outil de référence pour choisir, à chaque étape du processus productif, quelle pratique et/ou quel processus choisir pour que la production soit à la fois profitable pour l'agriculteur, durable au niveau environnemental, socialement acceptable, et que les produits qui en résultent soient conformes aux réglementations en vigueur et satisfassent le consommateur. La mise en œuvre de BPA doit donc contribuer à une agriculture et un développement rural durables (ADRD) dans tous ses aspects (html).

Ces quatre « piliers » (profit économique, durabilité environnementale, acceptabilité sociale et sécurité sanitaire et qualité des aliments) sont présents dans la majorité des normes, standards ou codes de BPA des acteurs privés et publics, mais leur contenu et leur application varient largement.


Bénéfices potentiels et défis que posent les bonnes pratiques agricoles

Les bénéfices potentiels des BPA

  • L'adoption et le suivi des BPA peuvent contribuer à améliorer la sécurité sanitaire et la qualité des aliments et des autres produits agricoles, contribuant ainsi au bien être des populations.
  • Les BPA peuvent contribuer à réduire le risque de violation des réglementations, standards et directives nationales et internationales (en particulier de la Commission du Codex Alimentarius (html), de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) (html) et de la Convention internationale sur la protection des plantes CIPV (html) relatives aux pesticides tolérés par la loi, aux niveaux maximum de contaminants autorisés (pesticides, traitements vétérinaires, radionucléides, mycotoxines) dans les produits alimentaires et non alimentaires ainsi que les autres risques de contamination chimique, microbiologique et physique.
  • L'adoption de BPA peut contribuer à promouvoir l'agriculture durable et à atteindre des objectifs de développement de type environnemental et social, à la fois au niveau national et international.

Les défis

  • Dans certains cas, la mise en œuvre des BPA, et en particulier la compilation des données et la certification, peuvent accroître les coûts de production. A cet égard, le manque d'harmonisation entre les différents codes de BPA existants et l'absence de systèmes de certification abordables accroissent souvent la confusion et les coûts de certification pour les agriculteurs et les exportateurs des pays en développement.
  • Les standards peuvent être utilisés pour répondre aux intérêts concurrents de certains acteurs des filières agro-alimentaires en modifiant les relations entre fournisseurs et acheteurs, au profit de l'acheteur qui établit ces codes (par exemple, les chaînes de supermarchés).
  • Il y a de grands risques que les petits exploitants ne soient pas capables de saisir de nouvelles opportunités d'exportation pour leurs produits s'ils ne sont pas bien informés ni préparés techniquement et organisés pour adopter ces nouveaux codes de conduite ; l'Etat et les organismes publics peuvent jouer dans ce cas un rôle de facilitateur, en pesant cependant avec soin les coûts et les bénéfices qui peuvent en dériver.
  • Le respect des standards de BPA ne génère pas toujours tous les bénéfices attendus au niveau environnemental et social.
  • Des campagnes de sensibilisation sont nécessaires pour divulguer les pratiques qui permettent des améliorations en termes de rendement et d'efficacité de production ainsi que d'environnement, de santé et de sécurité pour les travailleurs, comme par exemple la Gestion intégrée de la production et de la lutte contre les déprédateurs des cultures (GIPD, ou IPPM en anglais).

Services offerts par la FAO

Principaux documents FAO BPA

 
 
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