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Aperçu regional sur l'insecurité alimentaire - au Proche-Orient et l'Afrique du nord

NENA SOFI 2016

La gestion durable de l’eau en agriculture est essentielle pour mettre fin à la faim et pour l’adaptation au changement climatique

Cette deuxième édition de l’aperçu régional coïncide avec l’adoption de l’agenda sur le développement durable, des dix-sept objectifs de développement durable (ODDs) et l’accord sur le changement climatique conclu à la 21ème session de la Conférence des Parties (COP21) à Paris. Donc le rapport prend ce contexte en compte et accorde une attention particulière à l’état de l’insécurité alimentaire du point de vue de la durabilité, notamment l’objectif de développement durable (ODD2) qui vise à lutter contre la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable. Pour l’analyse de l’état de l’insécurité alimentaire dans la région du Proche-Orient et l’Afrique du Nord (NENA), le rapport utilise à la fois, la prévalence de la sous-alimentation et l’échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (FIES) qui est un indicateur convenu pour le suivi de la cible 2.1 de l’ODD2.

Messages clés

  • Dans la NENA, les niveaux et tendances de la sous-alimentation varient considérablement d’un pays à l’autre depuis les années 90. La sous-région des pays du CCG et du Yémen indique une légère diminution de la prévalence de la sous-alimentation. Le Mashreq a connu une augmentation tragique de la prévalence de la sous-alimentation. Tandis que le Maghreb Arabe est la seule sous-région qui a atteint l’objectif des OMD liés à la faim.
  • Selon l’indicateur de la FIES, la prévalence de l’insécurité alimentaire sévère parmi la population adulte de la NENA, était aux alentours de 9,5% en 2014-2015, soit environ 30,1 millions de personnes.
  • L’insécurité alimentaire aux niveaux modérés ou sévères dans la NENA, mesurée à l’aide de la FIES, est légèrement supérieure à celle de l’ensemble des régions en développement. En général, la sous-région du Maghreb Arabe est mieux classée que les régions en développement. La sous-région du Mashreq a le taux d’insécurité alimentaire le plus élevé dans la région.
  • La valeur de la production alimentaire dans la NENA a augmenté; Néanmoins, la croissance de la production alimentaire nationale a toujours été inférieure à la croissance de la demande alimentaire, amplifiant l’écart entre la production nationale et la demande qui est normalement comblée par les importations.
  • La région a réalisé d’importants progrès en termes d’accès à l’eau et aux installations d’assainissement, qui furent essentiels pour garantir des conditions propices à l’utilisation des aliments. En général, la NENA a atteint les cibles des OMD pour l’utilisation de sources d’eau améliorées et des installations d’assainissement.
  • Les conflits et l’instabilité politique dans plusieurs parties de la région sont les causes majeures de la turbulence en termes de la disponibilité et de l’accessibilité alimentaires ; ils sont à l’origine de l’accroissement de la sous-alimentation chez les enfants.
  • Dans la NENA, la sécurité alimentaire est étroitement liée à la capacité fiscale pour se payer les importations alimentaires et les filets de sécurité. Afin d’assurer l’accès des pauvres et les vulnérables à la nourriture, les pays devront faire des compromis difficiles pour promouvoir les ODD 2 qui sont susceptibles de tester la forte volonté politique pour améliorer la sécurité alimentaire et lutter contre la faim.
  • La NENA est la région la plus aride du monde et la disponibilité d’eau douce renouvelable par habitant est inférieure à 10% de la moyenne mondiale. La rareté des ressources en eau devrait empirer en raison de la croissance de la population et de l’impact du changement climatique.
  • Affronter les impacts du changement climatique dans le secteur de l’eau et de l’agriculture dans la NENA, nécessitera la mise en oeuvre d’un ensemble d’interventions intégrées sur l’offre et la demande, ainsi que sur le cadre incitatif régissant la gestion de l’eau dans l’agriculture.
  • Les pays de la région doivent mettre en oeuvre un plan pour la gestion de l’eau durable pour soutenir la production agricole et s’adapter au changement climatique.
  • Une gestion durable de l’eau dans l’agriculture devrait inclure des stratégies et des politiques visant à améliorer l’efficacité de l’irrigation, mettre en place une gestion durable des eaux souterraines, encourager les agriculteurs à adopter des cultures ayant des rendements économiques plus élevés mesurés par goutte, réduire les pertes alimentaires et le gaspillage, promouvoir une consommation durable de céréales et renforcer la résilience des populations vulnérables et agriculteurs faisant face aux chocs alimentaires et climatiques.