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Quelles sont les conséquences de l’instabilité des cours internationaux pour l’économie et la sécurité alimentaire des pays?

L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde 2011 met en lumière la diversité des répercussions de la crise alimentaire mondiale de 2006-2008 sur les différents pays, les plus pauvres étant les plus durement touchés. Bien que quelques grands pays soient parvenus à éviter les pires effets de la crise, les habitants de nombreux petits pays dépendants des importations ont été confrontés à une véritable flambée des prix qui, même lorsqu'elle n’a été que temporaire, a pu avoir des effets permanents sur leur aptitude à gagner leur vie et à se hisser hors de la pauvreté par la suite.

Le rapport de cette année porte sur les coûts de la volatilité des prix des denrées alimentaires ainsi que sur les dangers et les avantages des hauts niveaux de prix. Le changement climatique et la multiplication des chocs météorologiques, le renforcement des liens entre les marchés de l'énergie et les marchés agricoles lié à la demande croissante en biocarburants, et enfin, la financiarisation progressive des produits alimentaires et agricoles, sont autant de réalités qui laissent penser que la volatilité des prix n’est pas près de disparaître. Le rapport décrit les répercussions de la volatilité des prix sur la sécurité alimentaire et présente les options politiques permettant de la réduire, de façon économique et efficace, et de la gérer quand elle ne peut pas être évitée.

À propos de la collection

L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde sensibilise sur les problèmes liés à la faim dans le monde, analyse les causes profondes de la faim et de la malnutrition et suit les progrès accomplis en direction des objectifs de réduction de la faim fixés lors du Sommet mondial de l’alimentation en 1996 et du Sommet du Millénaire. Il vise un large public, notamment les responsables politiques, les organisations internationales, les institutions scientifiques et universitaires et les citoyens dans leur ensemble, en examinant en particulier les liens entre sécurité alimentaire, développement humain et développement économique.

Pour plus d’informations, contacter: sofi@fao.org

Messages Clés

  • Les petits pays dépendants des importations, notamment en Afrique, ont été frappés de plein fouet par les crises alimentaire et économique. Quel ques grands pays sont parvenus à se mettre à l’abri des crises grâce à des politiques restreignant la liberté du commerce et à des mécanismes de protection sociale performants, mais le protectionnisme commercial a favorisé l’augmentation des prix et de la volatilité sur les marchés internationaux.

  • Les prix des denrées alimentaires vont vraisemblablement rester élevés et volatils. La demande des consommateurs augmentera dans les économies à forte croissance, la croissance démographique se poursuivra, et toute nouvelle expansion du secteur des biocarburants exercera une pression supplémentaire sur le système vivrier. Du côté de l’offre, les principaux enjeux sont l’appauvrissement des ressources naturelles dans certaines régions et la baisse des taux de croissance des rendements pour certaines denrées de base. Quant à la volatilité des prix alimentaires, elle pourrait être amplifiée par le resserrement des liens entre les marchés agricoles et énergétiques et la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes.

  • La volatilité des prix favorise la recrudescence de la pauvreté chez les petits agriculteurs et les consommateurs pauvres. L’alimentation représentant une grande part des revenus des agriculteurs et des budgets des consommateurs pauvres, de fortes variations des prix ont de fortes répercussions sur leurs revenus réels. C’est pourquoi, même de brefs épisodes de hausse des prix pour les consommateurs ou de baisse des prix pour les agriculteurs peuvent entraîner la vente de moyens de production – terre et animaux d’élevage, par exemple – à bas prix et le déclenchement éventuel de pièges de la pauvreté. De plus, les petits exploitants rechignent à investir dans les mesures visant à améliorer la productivité quand les variations des prix sont imprévisibles.
  • De fortes oscillations des prix sur une courte période peuvent avoir des effets durables sur le développement. Et la variation des revenus qui en résulte risque de réduire la consommation d’éléments nutritifs vitaux pour les enfants pendant les 1 000 premiers jours qui suivent leur conception, ce qui entraîne une limitation permanente de leur capacité à gagner leur vie et accroît les probabilités d’être pauvres à l’avenir, ralentissant de ce fait le processus de développement économique.

  • La hausse des prix alimentaires aggrave l’insécurité alimentaire à court terme. Les avantages profitent principalement aux agriculteurs disposant de terres et d’autres ressources en suffisance, tandis que les plus pauvres parmi les pauvres achètent plus de vivres qu’ils n’en produisent. Les hauts niveaux des prix des denrées alimentaires sont désavantageux non seulement pour les pauvres des zones urbaines mais aussi pour de nombreux pauvres des zones rurales, qui sont généralement acheteurs nets de vivres. La diversité des répercussions à l’intérieur des pays fait ressortir la nécessité d’affiner les données et l’analyse des politiques.

  • La hausse des prix ouvre la voie à l’investissement durable dans le secteur agricole, ce qui contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire sur le long terme. Sur les marchés intérieurs, les prix de détail et les prix à la production ont fortement augmenté dans la plupart des pays pendant la crise alimentaire mondiale de 2006-2008, ce qui a entraîné une forte poussée de l’offre dans de nombreux pays, malgré la hausse des prix des engrais. Il est fondamental de prolonger cette réaction instantanée de l’offre, en accroissant l’investissement dans l’agriculture, y compris par le biais d’initiatives qui ciblent les petits exploitants et les aident à accéder aux marchés, par exemple l’initiative Achats au service du progrès (P4P).

  • Les mécanismes de protection sociale jouent un rôle crucial parce qu’ils atténuent l’insécurité alimentaire à court terme, tout en jetant les bases du développement à long terme. Pour parvenir à limiter les conséquences néfastes de la volatilité des prix, les mécanismes de protection sociale doivent être ciblés et conçus à l’avance et en consultation avec les
    populations les plus vulnérables.

  • Pour garantir la sécurité alimentaire, une stratégie misant à la fois sur l’amélioration de la productivité agricole, une plus grande prévisibilité des politiques et l’ouverture généralisée à la concurrence commerciale sera plus efficace que toute autre stratégie. Les politiques qui restreignent la liberté du commerce peuvent protéger les marchés intérieurs de la volatilité des cours mondiaux mais elles peuvent aussi exacerber la volatilité des prix sur les marchés intérieurs en cas de choc du côté de l’offre nationale, en particulier si les politiques publiques sont imprévisibles et erratiques. Des politiques publiques plus prévisibles et propices à la participation du secteur privé au commerce tendront à atténuer la volatilité des prix.

  • L’investissement dans l’agriculture joue un rôle décisif dans l’instauration durable de la sécurité alimentaire à long terme. Par exemple, une irrigation performante et des pratiques et des semences améliorées issues de la recherche agronomique peuvent minimiser les risques liés à la production auxquels les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, sont confrontés, et réduire la volatilité des prix. L’essentiel de l’investissement sera du ressort du secteur privé, mais l’investissement public aura un rôle de catalyseur à jouer en finançant les biens publics que le secteur privé ne prendra pas à sa charge. Ces investissements devront tenir compte des droits des usagers des terres et des ressources naturelles.

Entretien avec Kostas Stamoulis, Directeur, Division de l’économie du développement agricole de la FAO

Entretien avec David Dawe, économiste de la FAO (3'06")


Autres éditions

2013: Les multiples dimensions de la sécurité alimentaire

2012: La croissance économique est nécessaire mais elle n’est pas suffisante pour accélérer la réduction de la faim et de la malnutrition

2011: Quelles sont les conséquences de l’instabilité des cours internationaux pour l’économie et la sécurité alimentaire des pays?

2010: Combattre l’insécurité alimentaire lors des crises prolongées

2009L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde – Crises économiques: répercussions et enseignements

2008: Prix élevés des denrées alimentaires et sécurité alimentaire – Menaces et perspectives

2006: Éradiquer la faim dans le monde – Bilan 10 ans après le Sommet mondial de l’alimentation

2005: Éradiquer la faim dans le monde pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement

2004: Suivi des progrès accomplis en vue de la réalisation des Objectifs du Sommet Mondial de l’Alimentation et de la Déclaration du Millénaire

2003: Suivi des progrès accomplis en vue de la réalisation des Objectifs du Sommet mondial de l’alimentation et de la Déclaration du Millénaire

2002: L'insécurité alimentaire – la faim au quotidien et la crainte permanente de la famine

2001: L'insécurité alimentaire – La faim au quotidien et la crainte permanente de la famine

2000: L'insécurité alimentaire – La faim au quotidien et la crainte permanente de la famine

1999: L'insécurité alimentaire – La faim au quotidien et la crainte permanente de la famine