L’empreinte écologique du gaspillage alimentaire des légumineuses

La Plateforme technique sur l’évaluation et la réduction des pertes et des gaspillages alimentaires du G20 a été officiellement lancée le 4 décembre 2015. Cette plateforme de partage des connaissances — une initiative conjointe de la FAO et de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) – vise à informer et à favoriser l’échange de bonnes pratiques, en vue d’évaluer et de réduire le gaspillage et les pertes alimentaires à l’échelle mondiale.

Les pertes alimentaires font référence à une diminution des denrées destinées à la consommation humaine, à différentes étapes de la chaîne alimentaire (production, post-récolte et transformation), principalement dans les pays en développement. Le gaspillage alimentaire fait référence aux denrées alimentaires propres à la consommation humaine qui sont mises au rebut aux niveaux des détaillants et des consommateurs, principalement dans les pays développés.

Il est essentiel d’éliminer les pertes et les gaspillages alimentaires en vue d’améliorer la sécurité alimentaire. Plus d'un tiers de la nourriture produite aujourd'hui est perdu ou gaspillé, et pourtant près de 800 millions de personnes souffrent de faim chronique. Pour nourrir le monde à l’horizon 2050, la production alimentaire mondiale devra augmenter de 60 pour cent. Réduire les gaspillages et les pertes alimentaires est donc primordial en vue d’atteindre cet objectif.

Le gaspillage alimentaire a également des conséquences négatives sur l'environnement, à cause de l'eau, des sols, de l'énergie et des autres ressources naturelles qui sont utilisées pour produire de la nourriture que personne ne consomme. Cette utilisation abusive des ressources naturelles a également des répercussions sur la lutte contre la faim et la pauvreté, sur la nutrition, la génération de revenus et la croissance économique. Les coûts financiers du gaspillage alimentaire sont considérables et atteignent environ 1 000 milliards de dollars EU chaque année.

L’empreinte écologique du gaspillage alimentaire des légumineuses

Comme le montre le graphique ci-dessous, l’empreinte écologique du gaspillage alimentaire des légumineuses est faible par rapport à d’autres cultures. Le modèle d’empreinte écologique du gaspillage alimentaire de la FAO (FWF –Food Wastage Footprint) indique que la part des légumineuses dans le gaspillage alimentaire total — y compris l'empreinte carbone et l'empreinte eau bleue — est faible dans toutes les régions, ce qui en fait une source de nutriments clés respectueuse de l'environnement. Les légumineuses sont également très économes en eau, surtout si on les compare à d'autres sources de protéines. À titre d’exemple, il faut 10 fois plus d’eau pour cuisiner 1 kilogramme de bœuf qu’1 kilogramme de dal.

Figure 1. Total agricultural production (FBS) vs. food wastage volumes & food wastage volumes for edible part only.

Figure 1. Production agricole totale (FBS) vs. Tonnages de gaspillage alimentaire & tonnages de gaspillage alimentaire pour les parties comestibles uniquement.

Les légumineuses nécessitent une transformation minimale et n’ont pas besoin d’être réfrigérées, ce qui limite la consommation des ressources naturelles dans les étapes ultérieures de la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Les légumineuses sont des produits de longue conservation, elles peuvent ainsi être stockées pendant de nombreux mois et parfois même des années sans s’altérer ni perdre leur valeur nutritionnelle. Cela contribue donc à réduire, pour les consommateurs, les probabilités de gaspillage alimentaire imputable à la détérioration. Les légumineuses constituent par conséquent un choix judicieux pour les ménages souffrant d'insécurité alimentaire.

Cependant, la production globale de légumineuses est actuellement inférieure à celle des autres produits de base tels que les céréales, les féculents et les légumes. L'un des objectifs de l'Année internationale des légumineuses est de sensibiliser l’opinion publique aux avantages des légumineuses et de stimuler la production et la consommation de ces cultures. Mais cet objectif doit s’accompagner d’efforts visant à éliminer les pertes et les gaspillages alimentaires issus de la production des légumineuses. En raison de l'ampleur et de la complexité du problème, la FAO reconnaît la nécessité de mener une action en partenariat avec d'autres organisations régionales et internationales, ainsi qu’avec les acteurs de la chaîne alimentaire – des bergers, des agriculteurs et des pêcheurs jusqu’aux entreprises internationales. La Plateforme technique sur l’évaluation et la réduction des pertes et des gaspillages alimentaires aidera les parties prenantes à faire connaître les meilleures pratiques en vue d’éliminer le gaspillage alimentaire et d’établir un système alimentaire plus durable.

07/12/2015

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