Améliorer la nutrition infantile au Malawi et au Cambodge grâce aux légumineuses.

Les enfants âgés de 6 à 23 mois ont des besoins nutritionnels considérables, plus qu'à tout autre moment de leur vie. Une fois que les enfants atteignent 6 mois, le lait maternel ne suffit plus pour répondre à leurs besoins nutritionnels. Durant cette période décisive de la croissance et du développement des enfants, les parents doivent commencer la pratique de l'alimentation complémentaire: introduire des aliments nutritifs dans l'alimentation de l'enfant pour compléter l'allaitement.

Ces dernières années, la FAO a appuyé des projets au Malawi et au Cambodge visant à améliorer la nutrition infantile par le biais de l'agriculture et de l'éducation nutritionnelle pour l'alimentation complémentaire. Nombre de ces interventions incluaient les légumineuses. Les légumineuses, du fait de leur faible coût et de leur teneur élevée en protéines végétales, constituent un choix judicieux pour l'alimentation complémentaire dans le cadre d'une alimentation diversifiée. Ces deux projets de la FAO se sont attachés à donner aux communautés les moyens de cultiver, d’acheter, de transformer et de préparer une grande variété d'aliments riches en nutriments.

La composante axée sur l’éducation nutritionnelle des deux projets s’est efforcée d’examiner les principaux problèmes relatifs aux pratiques d’alimentation des enfants dans ces pays et à identifier des changements simples et efficaces à préconiser au sein des ménages en vue d'améliorer l'alimentation des enfants. Comme dans d’autres pays en développement, l’un des problèmes les plus communs réside dans le fait que les jeunes enfants sont nourris avec de maigres bouillies aqueuses à base de céréales qui ne fournissent pas l'énergie et les nutriments nécessaires pour leur croissance. Les pratiques recommandées, telles que l'ajout de légumineuses dans les bouillies, ont d'abord été testées dans des foyers pour déterminer quelles étaient les pratiques les plus utiles et culturellement acceptables. Grâce à des sessions de formation comprenant des cours de cuisine participatifs et des dégustations de bouillie améliorée, les familles ont appris comment une alimentation diversifiée à base d’aliments disponibles localement, associée à de bonnes pratiques en matière d’hygiène et de santé pouvaient améliorer la nutrition des enfants.

Parmi les réalisations du projet du Cambodge figure un livre de recettes pour les mères et les enfants, qui a été développé et testé sur le terrain sur la base des conseils de fournisseurs de soins dans neuf provinces du pays. Les haricots occupent une place importante dans les recettes d'alimentation complémentaire pour tous les enfants âgés de 6 à 23 mois, souvent préparées avec du riz, des patates douces ou du taro, des légumes et un peu d'huile.

Au Malawi, la FAO a élaboré un Manuel du facilitateur destiné aux éducateurs en nutrition qui peuvent s’en servir pour promouvoir l’amélioration de l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. Ce manuel encourage les parents à nourrir quotidiennement leurs enfants avec des légumineuses et des légumes secs comme les haricots. Pour les enfants en bas âge, les parents peuvent piler les légumineuses afin d’obtenir une pâte à ajouter à la bouillie, ce qui facilite leur ingestion, ou bien utiliser de la farine de légumineuses comme base pour la bouillie elle-même. Un manuel sur la nutrition communautaire a également été développé pour le projet Cambodge. De la même manière, il encourage la consommation de légumineuses, en particulier pour remplacer les aliments d’origine animale qui sont souvent inabordables.

Pour ce qui concerne la composante agricole des projets, la FAO a fourni un appui aux petits agriculteurs sous forme d’intrants agricoles et de formations par le biais des écoles d'agriculture de terrain. En vue de promouvoir l'agriculture sensible aux enjeux nutritionnels au Malawi, la FAO a collaboré avec le gouvernement en vue d’élaborer un manuel sur la nutrition pour les écoles d'agriculture de terrain. Le manuel identifie les variétés communes de légumineuses au Malawi comme les haricots, les pois d’Angole, les pois chiches et les pois mascate. Les agriculteurs sont encouragés à semer des légumineuses avec du manioc, du maïs ou du sorgho pour améliorer la teneur en éléments nutritifs dans le sol et permettre deux récoltes par campagne. Le manuel fournit également des conseils pour cuisiner les légumineuses, comme les faire tremper pendant la nuit avant de les faire cuire le lendemain, ce qui réduit leur temps de cuisson.

Les légumineuses ont joué un rôle de premier plan dans ces deux projets, car l'objectif global était de promouvoir les aliments nutritifs disponibles localement. Au Cambodge et au Malawi, comme dans de nombreux pays d'Asie et d'Afrique, les légumineuses comme les haricots et les pois sont très communes. Ces graines nutritives permettent d’améliorer l'apport alimentaire, la teneur en micronutriments et de favoriser la croissance des enfants.

Les premiers résultats des projets sont prometteurs, et montrent que l’association sécurité alimentaire et éducation nutritionnelle constitue la meilleure manière d’améliorer la nutrition infantile et de favoriser la diversité alimentaire au sein des communautés.

Ce sont les fournisseurs de soins eux-mêmes, pour la plupart des mères et des grands-mères dans les communautés, qui rendent compte du succès des projets. Beaucoup de ces femmes ont déclaré que leurs enfants et petits-enfants étaient en meilleure santé, et que les formations sur la nutrition et les recettes qui leur avaient été proposées, notamment celles à base de légumineuses, contribuaient à améliorer le régime alimentaire de leurs familles. «Nous ne savions pas toutes [ces] choses; nous faisions cuire la bouillie de farine de maïs épluché qui n’était pas [saine] pour nos enfants. Mais grâce à l'école, nous avons appris [sic] à préparer différentes bouillies», a déclaré une mère au Malawi. Une grand-mère du Cambodge a rapporté que, «depuis que je nourris mon petit-fils avec de la [bouillie enrichie], il semblerait qu’il [sic] ne tombe plus malade aussi souvent qu'avant. Auparavant, nous devions normalement nous rendre au centre de santé pour que nos enfants soient soignés. Quoi qu’il en soit, mon petit-fils est en meilleure santé.»

Les projets de la FAO visant à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition au Malawi et au Cambodge ont été soutenus respectivement par des financements du Gouvernement flamand et de l’Union Européenne. En parallèle, un projet étalé sur 5 ans de recherche/promotion a été mis en place, financé par le ministère allemand de l’alimentation et de l’agriculture (BMEL) afin de déterminer l’impact nutritionnel résultant de la combinaison de la sécurité alimentaire avec des interventions d’éducation à la nutrition. 

29/03/2016

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