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8. Coûts de l’information
Un élément important de la conception des interventions est leur financement à long terme. Encore tout récemment, on a estimé que les informations destinées au développement agricole et rural étaient un bien public dont tous les habitants du globe pouvaient disposer gratuitement. Plus récemment, les donateurs et les pouvoirs publics ont adopté une position qui fait la part belle au secteur privé, chargé d’assurer l’information et les services de vulgarisation agricole. Cette orientation pénalise les agriculteurs pauvres.
Les investissements d’infrastructures nécessaires à l’information sont importants mais il est facile de calculer leurs coûts et il est possible de les récupérer par le biais des redevances téléphoniques et de la publicité, comme cela est attesté par de nombreux exemples. Par contre, il est plus difficile de chiffrer les coûts réels et occultes de l’information fournie aux agriculteurs pauvres pour qu’ils puissent renforcer leurs capacités d’intervention, tout comme les répercussions sociales et économiques qui en découlent et sans lesquelles il est difficile de justifier un investissement public.
Par ailleurs, la capacité des fournisseurs à couvrir leurs propres coûts, ou pour les services tributaires du recouvrement des coûts, la capacité des clients à payer et la rentabilité sont des facteurs qui affectent la viabilité économique des services d’information. Il faut de toute urgence approfondir ces questions et parvenir à un nouveau consensus sur la question des coûts de l’information destinée aux agriculteurs pauvres, et sur les services d’information durables. Cependant, il importe de déterminer clairement dès la conception d’une intervention si elle doit être considérée comme un bien public (école, hôpital) dont la viabilité financière n’est pas nécessairement un objectif, ou comme une entreprise commerciale dont la réussite dépend de sa capacité à créer des recettes suffisantes pour couvrir les dépenses et atteindre un équilibre financier.
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