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La résilience
L’emploi des jeunes comme solution pour améliorer les habitudes alimentaires en Républic Démocratic du Congo

L’emploi des jeunes comme solution pour améliorer les habitudes alimentaires en Républic Démocratic du Congo

09/11/2018

Comme beaucoup de jeunes de la province du Sankuru, en Républic Démocratic du Congo, Paul Tshisapa avait beaucoup de mal à trouver un emploi décent. L’accès difficile aux marchés, le mauvais état des routes de desserte agricole et l’accès limité aux ressources (notamment à la terre) décourageaient les jeunes à se lancer dans la production agricole.

«Après mes études à l’Institut supérieur d’études agronomiques de Mukumari, je n’arrivais pas à trouver un travail dans le domaine agricole» raconte Paul, qui est un jeune diplômé du village de Tshula Otenga, dans le territoire de Lomela.

La majorité des jeunes du village travaille dans le circuit informel en tant que travailleurs familiaux non rémunérés. D’une manière générale, ils sont peu payés, employés à titre occasionnel ou saisonnier. Cette situation précaire pousse un bon nombre d’entre eux à émigrer vers les villes. «Afin de pouvoir nourrir ma famille, j’ouvrais des étangs piscicoles et des champs de manioc. J’envisageais même d’aller à Mbuji-Mayi pour travailler en tant que creuseur dans les mines de diamants».

Augmenter la production à travers l’approche champs école paysan (CEP)

Aujourd’hui, Paul est ravi car sa vie a changé. Il travaille en tant que facilitateur de l’approche CEP dans le cadre du projet «Actions de sécurité alimentaire, information, nutrition et environnement au Sankuru (Actions SAINES)». Financé par l’Union européenne, ce projet cible 6 000 ménages, soit 36 000 personnes. L’objectif est de réduire durablement et structurellement l’insécurité alimentaire et la nutrition des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et allaitantes du territoire de Lomela.

Visite du CEP

Pour favoriser le suivi des activités mises en œuvre sur le terrain, la FAO travaille en partenariat avec l’Institut supérieur d'études agronomiques de Mukumari. Cette collaboration a permis de recruter 50 jeunes diplômés qui encadrent les petits producteurs, sous la supervision des agents de l’Inspection territorial de l’agriculture, pêche et élevage et des experts de la FAO, dans le cadre du projet Actions SAINES.

«J’ai été sélectionné en tant que formateur de CEP. Nous apprenons aux petits producteurs comment identifier les bonnes cultures. Les agriculteurs de la région utilisaient uniquement des variétés locales. Cela baissait considérablement le rendement de la production agricole» explique Paul. «Maintenant que nous avons introduit des variétés améliorées, grâce à la FAO, les cultures sont plus résistantes aux maladies des plantes» a-t-il ajouté.

Le CEP est constitué d’un groupe d’agriculteurs et se déroule dans un champ, tout au long d’une saison de culture. Il est mis en œuvre sous forme de rencontres, d’échanges et de formations. En effet, le CEP est un lieu d’échange d’expériences et de connaissances, où des petits producteurs recherchent, discutent et prennent des décisions sur la gestion d’un champ, en partant de sa situation réelle.

Paul explique que lui et les agriculteurs ont appris beaucoup de nouvelles choses de la FAO et de ses partenaires, comme par exemple, travailler ensemble et respecter pendant le semis un écartement pour augmenter la production. «Avant, les gens semaient en vrac. Maintenant, ils ont appris à respecter les bonnes pratiques agricoles».

Une alimentation variée et équilibrée

Paul et d’autres membres de la communauté ont également suivi une formation, assurée par la FAO, en matière de bonnes pratiques nutritionnelles. À travers des démonstrations culinaires, les ménages sont encouragés à utiliser une grande variété d’aliments afin de préparer des repas riches en micronutriments. «En plus du riz, accompagné des feuilles de manioc qui représente le plat de base de la région, les repas principaux doivent inclure des légumineuses et beaucoup de fruits et légumes» explique Paul.

Paul dispose maintenant d’un revenu pour aider sa famille. Il peut payer les soins de base de ses enfants et commencer les travaux de construction de sa maison. Aujourd’hui, Paul s’enorgueillit de pouvoir offrir à sa famille une alimentation équilibrée, à base de riz, de farines, de niébé et de légumes.

Investir dans la jeunesse

Selon la FAO, l’emploi des jeunes dans l’agriculture est une solution tangible pour contribuer à mettre un terme à la faim et à la pauvreté en Afrique. La mobilisation de la jeunesse africaine est essentielle afin de parvenir au développement durable du continent, qui est possible à travers la création d’emplois dans le secteur agricole pour exploiter ce potentiel.

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