La résilience
Renforcer la cohésion sociale entre les communautés de la République centrafricaine et du Tchad à travers une gestion durable de la transhumance transfrontalière

Renforcer la cohésion sociale entre les communautés de la République centrafricaine et du Tchad à travers une gestion durable de la transhumance transfrontalière

11/02/2020

Des pratiques ancestrales caractérisent la transhumance de la zone sahélienne, qui est à la base d’une véritable dynamique d’échanges socioculturels et économiques entre les pays frontaliers. Cependant, des chocs récurrents, tels que les effets du changement climatique et une pression démographique accrue sur les écosystèmes naturels impactent la bonne conduite des activités pastorales.

Au Tchad, les pasteurs transhument pendant la saison sèche vers la République centrafricaine. Toutefois, ces mouvements sont perturbés par l’aggravation de l’insécurité et par des épisodes de sécheresse récurrents, qui poussent les populations transhumantes à franchir davantage les frontières, à la recherche de pâturages et d’eau pour leur bétail. La République centrafricaine, quant à elle, demeure impactée par la crise et par la répression des groupes armés. L’ensemble de ces facteurs aggravent les cas de violence entre les agriculteurs et les éleveurs, aux frontières entre les deux pays, et entravent la gestion efficace de la transhumance transfrontalière.

Le projet de la FAO intitulé «Restauration de la paix et du dialogue entre les communautés affectées par la transhumance transfrontalière République centrafricaine/Tchad», financé par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, a débuté en décembre 2018 et se clôturera fin juin 2020. L’objectif du projet est de renforcer le dialogue entre les deux pays pour une meilleure gestion de la transhumance et la régularisation des mouvements.

L’intervention mise en œuvre cherche ainsi à contribuer aux efforts de stabilisation à travers des activités axées, notamment, sur la formation de comités de dialogue, la cartographie des couloirs de transhumance et la réhabilitation d’infrastructures pastorales. Depuis le début du projet, la FAO et l’Organisation internationale pour les migrations ont réalisé une mission de collecte de données dans les préfectures de Nana Gribizi et Bamingui-Bangoran en République centrafricaine; une analyse des facteurs de conflits liés à la transhumance, avec l’identification de mécanismes de prévention et de gestion des risques; des cartographies des sites de transhumance au Tchad; ainsi que des formations et des sessions de sensibilisation au profit des autorités locales et des leaders communautaires.

Faciliter le dialogue interinstitutionnel pour améliorer les moyens d’existence des pasteurs

Dans le cadre du projet, la FAO a organisé avec succès la première rencontre bilatérale TchadRépublique centrafricaine sur les enjeux de la transhumance. Cette rencontre a eu lieu à N’Djaména du 4 au 6 décembre 2019 et représente une étape important vers le renforcement du dialogue interinstitutionnel entre les deux pays. Pendant trois jours, les principaux acteurs de la transhumance se sont réunis afin d’échanger sur les moyens à mettre en place pour une gestion frontalière et effective.

Au terme de cette rencontre, des recommandations ont été clairement définies et les parties prenantes se sont accordées à mettre en œuvre une régulation participative des mouvements transfrontaliers entre la République centrafricaine, le Tchad et le Cameroun, afin de restaurer la paix dans la sous-région. De nouvelles bases ont été posées engageant ainsi, les gouvernements, et les partenaires techniques et financiers. Sur ses bases, le projet continuera d’améliorer et de solidifier les acquis sur le long terme, et de renforcer les moyens d’existence et la résilience des communautés pastorales.

En 2020, des activités essentielles seront mises en œuvre, telles que la réhabilitation d’infrastructures pastorales, la vaccination et le déparasitage de 100 000 têtes de bétail, la formation des bénéficiaires sur les techniques de gestion des conflits ainsi que la réinsertion des jeunes et des femmes à travers les activités génératrices de revenus. Le projet contribuera à la pérennité du dialogue entre les deux pays, pour la mise en place de mécanisme de régulation au profit des communautés et des populations transhumantes.

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