La résilience
Projet Ezingo: Soutenir la participation des jeunes aux efforts de réconciliation et à la promotion de la paix en République centrafricaine

Projet Ezingo: Soutenir la participation des jeunes aux efforts de réconciliation et à la promotion de la paix en République centrafricaine

04/03/2020

Le projet Ezingo, financé par le Fonds fiduciaire multipartenaire du Programme des Nations Unies pour le développement, est issu d’une réponse conjointe de la FAO et d’autres agences des Nations Unies – le Fonds des Nations Unies pour la population et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance – qui vise à soutenir le processus de relèvement et l’autonomisation des jeunes en République centrafricaine. En effet, le nom du projet vient d’un slogan en sango ‘’a messeka e zingo’’, qui signifie à peu de chose près ‘’la jeunesse se réveille’’. Dans un pays où la moitié de la population a entre 10 et 35 ans (2,4 millions en 2017), il est essentiel de répondre aux défis et aux vulnérabilités des jeunes, qui peuvent jouer un rôle fondamental dans la résolution des conflits et pour le renforcement de la cohésion sociale.

Le projet est axé sur (i) l’organisation des jeunes en groupes et le renforcement de leurs capacités pour leur permettre de jouer un rôle plus important dans les efforts de consolidation de la paix et de la réconciliation; et (ii) l’amélioration de leur situation socio-économique par la promotion de microentreprises. Le projet soutient notamment 3 000 jeunes à travers les activités suivantes: la création ou la réhabilitation de centres de jeunesse; la promotion et le renforcement des groupes de jeunes par l’approche des «caisses de résilience»; et, la mise en œuvre d’activités à haute intensité de main d’œuvre, combinées à des systèmes d’épargne et de crédit afin d’initier des activités génératrices de revenus.

Emanuel Y., 29 ans, est l’un des 130 jeunes qui a bénéficié du projet à Bangui. Il a reçu une formation sur la gestion de la production de légumes et sur l’élevage de poulets de chair. ‘’Je suis membre du Réseau national des jeunes entrepreneurs centrafricains, une association composée de jeunes qui s’engagent à responsabiliser la jeunesse par le biais de l’agriculture. Nous avons pu obtenir deux parcelles de terre, l’une à Damara et l’autre à Kassai, mais malgré notre motivation, nous avons rencontré plusieurs difficultés, notamment le manque de compétences techniques et d’intrants de production. Dès que nous avons entendu parler du projet Ezingo de la FAO, nous avons saisi l’occasion, avec cinq autres membres de l’association, et avons été sélectionnés pour bénéficier des activités du projet’’, explique-t-il.

Suite à la dispense de formation, les bénéficiaires ont reçu des animaux (chèvres, porcs et poussins) et différents types de kits, notamment pour la production de légumes et pour le bétail. Ces intrants leur permettent de participer aux clubs Dimitra et de s’engager dans des associations villageoises d’épargne et de crédit, pour ainsi développer des activités génératrices de revenus. ‘’La formation reçue nous a permis d’améliorer nos techniques de production. Grâce aux kits de légumes, nous avons pu récolter en trois mois de l’amarante, du chou, des carottes, de la ciboulette, de la salade et des tomates, que nous avons pu vendre au marché, générant un revenu d’environ 70 000 XAF. Cela m’a permis d’acheter plus de matériel pour développer notre travail et pour assurer un revenu stable et à long terme, notamment puisque d’autres jeunes voulaient rejoindre notre association’’, dit-il.  

Sur les sept associations de jeunes bénéficiaires créées à Bangui, six ont reçu 3 000 poussins pour l’élevage de poulets de chair, ce qui a permis aux associations d’Emanuel de vendre une partie des 428 poulets arrivés à maturité après 45 jours d’élevage, générant un revenu d’environ 1 225 000 XAF. De plus, Emmanuel a reçu une formation sur l’approche des écoles pratiques d’agriculture et d’apprentissage de la vie pour les jeunes et utilisera les compétences acquises pour former une association de femmes de six membres sur les activités de production de légumes, afin de maximiser leurs rendements. ‘’Par ces petites actions, je contribue à mon épanouissement personnel ainsi qu’au développement de ma communauté’’, conclut-il.

Partagez