La résilience
Place à la récolte du miel: Des Syriens de retour au pays se tournent vers l’apiculture pour subvenir à leurs besoins

Place à la récolte du miel: Des Syriens de retour au pays se tournent vers l’apiculture pour subvenir à leurs besoins

20/05/2020

L’amélioration des conditions de sécurité dans la province de Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie, a permis à des milliers de familles déplacées de rentrer chez elles. Le retour n’a cependant pas été facile pour celles qui ont perdu leurs sources de revenus, leurs biens ou leur soutien de famille. Parmi les personnes de retour, beaucoup sont des femmes et des personnes handicapées, deux groupes vulnérables face à la pauvreté ou à l’insécurité alimentaire. Il y a cinq ans, plus de 25 000 personnes ont quitté le village tranquille de Khirbet Ghazaleh, à quelque 30 km de la ville de Deraa, pour échapper au conflit qui s’intensifiait. Fatima Abdul Raheem et ses trois jeunes enfants sont maintenant de retour dans leur village et n’ont pour maison qu’une simple pièce tout en béton. Le mari de Fatima, qui assurait la subsistance de la famille, a été tué pendant le conflit. «Nous avons vécu des moments difficiles pendant la crise. J’ai perdu mon mari dans une explosion. Je me suis retrouvée seule à devoir faire vivre mes trois enfants: le plus âgé a neuf ans et le plus jeune n’en a que cinq. Ils ne sont pas en mesure de m’aider à subvenir à nos besoins», explique Fatima. Avant la crise, les familles de cette ville syrienne travaillaient dans la production de légumes, l’élevage de petit bétail (moutons et chèvres) ainsi que l’apiculture

Bien que limitée, l’expérience de Fatima dans le domaine de l’apiculture l’a encouragée, avec le soutien de certains apiculteurs expérimentés du village, à reprendre cette activité. Elle a reçu un kit d’apiculture de la FAO qui contenait tout ce dont elle avait besoin pour produire du miel et commencer à tirer des revenus de la vente de ses produits. Elle s’est associée à d’autres apiculteurs débutants et confirmés pour assurer une production de miel efficace, tant au niveau des coûts qu’au niveau des quantités.

Sous la supervision de l’Union des apiculteurs arabes, partenaire d’exécution de la FAO, la communauté a créé le Comité des producteurs de miel, qui garantit la qualité du miel en analysant des échantillons dans ses laboratoires et favorise l’établissement de liens avec les marchés voisins. «Recevoir mes trois ruches de la FAO m’a remplie de joie et d’optimisme», affirme Fatima. «Je vais pouvoir reconstruire ma vie grâce aux conseils techniques du Comité des producteurs», poursuit-elle, reconnaissante de cet encouragement à se remettre en selle. «L’apiculture donne de bons résultats: je devrais récolter au moins 10 kg de miel dans chaque ruche cette saison. Même s’il me faudra encore de l’aide pour pouvoir devenir indépendante financièrement, je me suis juré de travailler dur pour développer mon activité et tenter d’accroître mes revenus», ajoute-t-elle.

La FAO vient en aide à 500 apiculteurs dans les provinces de Hama, Homs, Sweida, Quneitra et Deraa en leur distribuant des ruches, des reines, des tenues de protection, du matériel d’apiculture et des extracteurs de miel pour faciliter la récolte du miel. «Nous travaillons avec nos partenaires pour aider les habitants à reprendre le cours de leur vie après la crise», explique Mike Robson, Représentant de la FAO en République arabe syrienne. Et d’ajouter: «Nous nous efforçons de rassembler les gens pour qu’ils échangent leurs techniques et leurs connaissances en matière de production, ce qui présente l’avantage supplémentaire de renforcer la confiance et la cohésion sociale au niveau de la communauté».

En plus de créer des possibilités d’emploi pour les agriculteurs, les femmes, les jeunes et les personnes handicapées en milieu rural, la FAO et le Ministère britannique du développement international cherchent à améliorer les capacités de production des familles rurales en leur assurant un accès durable aux moyens de production. Il est indispensable de veiller à ce que les familles retrouvent leurs moyens d’existence malgré les conflits pour garantir leur sécurité alimentaire et leur autonomie.

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