La résilience
Mali | Tous unis contre la rage

Mali | Tous unis contre la rage

03/11/2020

Le secteur de l’élevage représente 12 pour cent du PIB du Mali est un élément clé de l’économie malienne, mais son développement est entravé par des maladies transfrontières zoonotiques telles que la péripneumonie bovine contagieuse (PPCB ), la peste des petits ruminants (PPR), les pasteurelloses, la maladie de Newcastle, la fièvre aphteuse  et la dermatose nodulaire contagieuse. Le pays est situé dans une zone à haut risque de transmission des différentes maladies infectieuses, qui émergent et réémergent, à cause des échanges transfrontaliers liés au commerce et aux mouvements des populations. Aussi, du fait de sa vocation agricole et l’utilisation des animaux de trait, la possession d’animaux de compagnie, les humains sont exposés à plusieurs zoonoses.

Lors de l’Evaluation externe conjointe (EEC) du Règlement sanitaire international au Mali en 2017, la nécessité pour le pays de disposer d’un mécanisme de coordination multisectorielle fonctionnel et pérenne qui implique tous les acteurs des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale dans la lutte contre les menaces sanitaires a été fortement recommandée. Comme résultat, le décret portant création, attributions et fonctionnement de la plateforme nationale « Une Seule Santé » au Mali a été signé en avril 2018 par le Premier Ministre.

Suivant cette ligne de collaboration multisectorielle dans la lutte contre les zoonoses, le Centre d'urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières (ECTAD) de la FAO Mali a soutenu en septembre 2018 l’adoption du Programme national de lutte contre la rage au Mali (2019-2023) selon l’approche Une Seule Santé. Avec l’engagement des partenaires clés des ministères de l’élevage, de la santé, de l’environnement, de l’agriculture, de la société civile, des partenaires techniques et financiers de la tripartite Une Seule Santé, ce programme fixe une échéance quinquennale des actions à mener pour contrôler la rage en vue de l’éradiquer d’ici 2030.

Avec le but de renforcer et faire avancer cette stratégie, l’ECTAD a proposé aux Services vétérinaires du Mali des modèles de vaccination de masse ciblée des chiens contre la rage en 2020. Cette proposition entre dans le cadre de la réduction de la transmission animale/homme et propose l’élaboration d’une stratégie cohérente, efficiente et durable pour combattre la maladie à sa source animale. 

Dr Lassina Ouattara, chef du bureau FAO ECTAD au Mali souligne à propos de cette initiative que « La proposition de modèles de vaccination de masse ciblée des chiens contre la rage est donc une étape et une contribution importantes de l’opérationnalisation du Programme national de lutte contre la rage au Mali (2019-2023) car elle permettra à la Direction Nationale des Services Vétérinaires (DNSV) de mettre en œuvre la stratégie de lutte contre la rage au Mali tout en assurant la gouvernance, le suivi-évaluation et la mobilisation des ressources ».

Le Mali est engagé dans le programme mondial d’éradication de la rage transmise par le chien d’ici l’année 2030. Cette proposition vient donc à point nommé pour contribuer à l’atteinte des objectifs fixés dans le programme quinquennal 2019-2023. Elle est donc en droite ligne de l’engagement mondial d’éradication de la rage, notamment, atteindre un taux de couverture vaccinale de 70 pourcent des chiens et assurer la coordination multisectorielle Une Seule Santé dans la lutte contre la rage. «L’éradication de la rage est réalisable. Les modèles de vaccination de masse ciblée des chiens contre la rage y contribuent avec des outils techniques efficaces » a affirmé Dr Ouattara.

Pour accroitre l’approche Une Seule Santé, des données de terrain sont également collectées à travers des interviews des principaux acteurs de la lutte contre la rage au Mali, notamment la DNSV, le Laboratoire central vétérinaire, le Centre National d’Appui à la Santé Animale, les vétérinaires privés, les partenaires techniques et financiers (OIE, OMS) et d’autres acteurs de la société civile. 

L’approche Une Seule Santé au Mali

En 2008 trois organisations, à savoir l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) ont adopté la stratégie Une Seule Santé pour la surveillance et la réponse efficiente aux zoonoses.

L’approche Une Seule Santé appuyée par la FAO offre un réel avantage socioéconomique en ce qu’elle contribue à la réduction des coûts des interventions par la mise en commun des ressources humaines, matérielles, financières et par le renforcement des mécanismes de coordination de la surveillance des zoonoses. Sur le plan national, les experts de la santé humaine/publique, animale, environnementale et de l’agriculture, avec l’appui de l'agence américaine pour le développement international (USAID) à travers le Programme mondial de sécurité sanitaire (GHSA) et le Programme Menaces de pandémies émergentes (EPT) et sous les auspices de leurs ministères respectifs ont travaillé depuis la signature de l’accord tripartite en 2010 pour la mise en œuvre de cette stratégie en République du Mali. 

 

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