La résilience
Madagascar – Premiers criquets repérés

Madagascar – Premiers criquets repérés

07/11/2014

L’hélicoptère décolle pour faire une prospection extensive sur l’axe Tananarive – Majunga à Madagascar, avec un arrêt à Maevatanana pour refaire le plein de carburant. L’objectif de cette prospection est de déterminer le niveau d’infestation par les criquets du versant ouest de la plaine de la Betsiboka.

First locusts spotted / premiers criquets repérés

À peine une heure que l’hélicoptère a quitté l’aéroport d’Ivato avec à son bord une équipe que, du coin de l’œil, le prospecteur aperçoit un mouvement, un reflet argenté.

Le doute s’installe… s’agit-il bien de criquets?

L’attention éveillée, le prospecteur scrute la zone pour vérifier ce qu’il a cru voir. À nouveau ce reflet… Il demande alors au pilote de faire demi-tour et de voler à plus basse altitude.

Il s’agit bien de criquets et plus précisément d’un vol clair (de petite taille : 120 ha). Un vol clair est composés de criquets ailés en faible densité (2 500 à 10 000 ailés/ha) et cohésion. L’hélicoptère se pose au milieu de ce vol et la turbine est coupée ; les villageois des environs commencent à affluer.

Les criquets, de couleur orange foncé à lie-de-vin, sont partout : en vol, posés sur les touffes de graminées sèches et sur le sol nu ainsi que dans les rizières, un peu en contrebas.

Le prospecteur leur explique les raisons de sa présence et se renseigne sur la fréquence des passages de criquets, les dégâts causés aux cultures, la date des dernières pluies, etc.

Ensuite, il photographie la végétation environnante et les criquets et en capture quelques-uns. L’état (bien verte, en dessèchement ou sèche), la nature (pâturages, cultures, arbustes, etc.) et l’abondance de la végétation sont des indicateurs essentiels pour bien anticiper le développement des populations acridiennes. La végétation est un abri pour le criquet mais est surtout sa source de nourriture. Quant aux captures, elles vont permettre au prospecteur de déterminer la phase (critères de pigmentation, de comportement et de morphologie) et le stade de développement des criquets (jeunes, prêts à pondre, ayant pondu, vieux). Ces deux informations sont capitales afin d’établir des priorités pour les futures opérations de lutte antiacridienne.

Certains criquets volent, heurtent le prospecteur, se posent ; d’autres s’offrent un festin en mangeant les jeunes pousses de riz bien vertes. D’autres encore poursuivent leur route, en se laissant porter par le vent ; ils seront rejoints par les retardataires un peu plus loin quand ce sera à leur tour de se reposer ou de manger. C’est leur manière habituelle de voler en groupe, ce qu’on appelle un « essaim roulant » puisqu’il y a toujours une partie de la population en vol et une autre au sol, pour manger ou se reposer, qui s’envolera ensuite alors que les premiers criquets passés se poseront.

Enfin, après un peu moins d’une heure d’observation du vol clair et d’échanges avec les villageois, l’équipe repart pour continuer sa prospection après avoir pris note de la localisation exacte de la population acridienne grâce aux GPS (un système de géolocalisation par triangulation de satellites).

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